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Le blog UltraDanse.com

 
Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse (du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire sur tel ou tel article.
 

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La danse du Bernie

 
Le 18 décembre 2011

Tout le monde connaît "Thriller", le tube de Michael Jackson dont la chorégraphie du clip a fait le tour du monde et a fait parler d'elle d'une prison des Philippines aux mariages américains en recherche d'originalité. Rappelons que cette chorégraphie met en scène des morts-vivants sortant de leurs tombes qui dansent d'une manière spécifique autour de Michael Jackson en 1982. Je vous propose de découvrir une sorte de danse des morts-vivants qui se diffuse ici et là depuis quelques mois et qu'on appelle le "Bernie". Un petit article qui aurait fait bonne figure pour Halloween, mais il n'est prêt qu'aujourd'hui, alors je vous le livre pour Noël...

Cette petite danse prend ses origines dans le film "Week-end chez Bernie", réalisé par Ted Kotcheff en 1989. L'histoire est celle de deux jeunes employés d'une compagnie d'assurances qui découvrent une tentative de fraude. Pour les remercier, leur patron, Bernie, les invite dans sa luxueuse résidence un week-end. Malheureusement, le séjour ne se révèle pas de tout repos puisque ce dernier meurt et, pour ne pas être accusés du meurtre, les garçons doivent faire croire que l'homme est toujours vivant... On devine l'allure désarticulée des mouvements du dit Bernie (incarné par Terry Kiser) qui, manipulé par les deux héros du film, doit se déplacer et avoir l'air vivant. Ce film connut un succès suffisant pour qu'une suite, "Week-end chez Bernie 2", soit réalisée et qu'il en soit fait référence dans un épisode des Simpsons. D'ailleurs, un remake de ce film serait en projet par Tim Burton depuis 2010.

Jusqu'ici rien qui ne fasse une quelconque relation avec une danse. Mais tout change en 2010 lorsque le chanteur ISA (Infinity SoAwesome/Anthony Lavarry) sort sa chanson "Moving like Berney". Même s'il y a une erreur dans le nom ("Berney" au lieu de "Bernie"), c'est bien une allusion claire au film qui est faite. Environ 3 mois après la sortie du titre, une vidéo est postée sur Youtube. Elle comporte des scènes de personnes bougeant comme Bernie le mort-vivant. Un mois plus tard, le phénomène se répand, à commencer par les enfants, les ados, etc. On danse le Bernie dans toutes les situations : remises de diplômes, soirées déguisées, événements sportifs, etc. Dès que la musique d'ISA est jouée, c'est de venu un réflexe, mais sans la musique c'est devenu un gag entre copains particulièrement aux États-Unis. On n'en a pas encore vu beaucoup en France, mais le pouvoir d'Internet peut produire des effets inattendus et rapides.

J'intègre dans cet article la fameuse vidéo Youtube qui, à l'heure où j'écris, comptabilise plus de 8 000 000 vues alors qu'elle a été mise en ligne depuis le 19 octobre 2010 (soit il y a à peine plus d'un an). Vous trouverez sur Youtube, de nombreuses vidéos de cette danse filmée en toutes sortes d'occasions.

Au niveau des mouvements, rien à voir avec la chorégraphie dynamique et millimétrée des zombies du clip de Michael Jackson, la danse du Bernie est répétitive et plutôt facile à effectuer pour peu que l'on sache se détendre complètement. Le principe est le suivant:

  1. Se pencher en arrière, en faisant pendouiller les bras et la tête sans tonus
  2. Remuer les épaules lentement : les bras et la tête suivent mollement
  3. Avancer, les pieds en premier, en lançant le mouvement par les hanches et osciller des épaules à chaque pas
  4. Il est ensuite possible de se pencher en avant sur le même modèle, puis de se relever pour se pencher en arrière de nouveau
On le voit, il faut imaginer que seules la colonne vertébrale, les épaules et les hanches supportent le reste du corps. En dehors de ces os, tout doit rester mou. C'est le seul secret pour réussir un bon Bernie !

Voilà vous savez tout sur le Bernie. Il existe plusieurs "petites" danses qui, comme le "Bernie", sont pratiquées dans le monde, par exemple le "Dougie", la danse de Bob l'éponge ou encore le "Cat Daddy". Je profite de ce dernier article de l'année pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année. Les amateurs de danse que vous êtes auront sûrement déjà choisi des réveillons dansants ou des spectacles de danse pour passer les fêtes. J'espère que ces instants autour de la danse vous feront terminer l'année avec plaisir. Rendez-vous en janvier 2012 !

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Sexy Dance 1, 2, 3D

 
Le 08 décembre 2011

Comme la période des fêtes de fin d'année approche à grands pas, je continue à parler de produits culturels qui peuvent faire office de cadeau pour vos proches (ou que vous pouvez vous faire offrir). En ce moment et comme chaque année à cette période, je vois dans les rayons des coffrets DVD ou Blu-ray thématiques regroupant plusieurs films en relation avec le thème de la danse. Je vais donc en profiter pour aborder l'un deux regroupant les 3 opus de la série "Sexy Dance"Acheter sur Fnac.com avant de vous lister rapidement d'autres coffrets disponibles actuellement. D'une manière générale, disons que la série des "Sexy Dance" porte sur la danse hip-hop, mais que d'autres danses comme la salsa et la tango y font une courte apparition (et pas toujours dansées comme on pourrait l'espérer). Pour le reste, voici un tour d'horizon de chaque film.

"Sexy Dance 1"Acheter sur Fnac.com (2006, réalisé par Anne Fletcher).
Ce film, comme toute la série, a pour titre original "Step Up" qui a judicieusement été traduit en français par un racoleur "Sexy Dance" pas du tout français... (On se demande combien de temps il a fallu à l'équipe de traduction pour trouver cette traduction d'anglais à anglais. Les mystères du marketing sont parfois impénétrables.) À: noter que nos cousins québécois ont opté pour le titre "Dansez dans les rues". En dehors de ces aspects, les acteurs/danseurs sont (entre autres) Channing Tatum, Jenna Dewan, Damaine Radcliff, de'Shawn Washington et voici l'histoire en résumé (un peu inspiré d'Allociné et remanié par mes soins).
Rebelle dans l'âme, Tyler Gage a passé toute sa jeunesse dans les bas quartiers et les mean streets de Baltimore, et sait aujourd'hui qu'il ne se tirera d'affaire qu'en rompant avec son milieu. Son seul atout, bien mince : un don naturel pour le hip-hop, qu'il pratique d'instinct, pour son seul plaisir. Alors qu'il est condamné à des travaux d'intérêt général à l'école d'art du Maryland, il rencontre la belle Nora qui, ambitieuse et douée, a grandi au sein d'une famille bourgeoise ayant très tôt encouragé sa vocation et financé ses études de danse classique à la prestigieuse Performing Arts High School. Tyler et Nora : deux mondes diamétralement opposés, deux talents, deux passions dont la rencontre explosive sera à l'origine d'un étonnant conte de fées musical...
Il apparaît que le cliché du danseur des rues et de la danseuse académique qui doivent travailler ensemble est ici mis à contribution. La fin donc plutôt prévisible, mais c'est un peu classique dans les films de danse.

"Sexy Dance 2"Acheter sur Fnac.com (2007, réalisé par Jon Chu).
Étonamment, l'épisode 2 n'est pas la suite de l'histoire de l'épisode 1. On aurait pu s'attendre au contraire. Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Robert Hoffman, Briana Evigan et Will Kemp et je reprends ici aussi le résumé du site Allociné.
Andie est une fille d'origine modeste, une rebelle qui s'efforce de trouver sa place au sein de la très respectable Maryland School Of The Arts, sans renier pour autant ses racines et son vieux rêve : intégrer la troupe Underground 410 qui rassemble les meilleurs danseurs de rue de Baltimore. Chase est l'étudiant le plus brillant de la MSA, une star en devenir qui aspire à rompre avec les traditions et contraintes de la danse classique. Son but : monter sa propre équipe pour affronter la 410 dans une grande "bataille" de rue. Irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, Chase et Andie arriveront-ils à concilier leurs ambitions respectives, leurs rêves et leurs désirs ?
Pour ce second volume, on inverse les rôles. Cette fois-ci c'est le garçon qui est académique et la fille qui fréquente les bandes de la rue. L'univers est celui des teams de hip-hop qui s'opposent dans des concours.

"Sexy Dance 3 (3D)"Acheter sur Fnac.com (2010, réalisé par Jon Chu).
Tourné à New York, ce film a particularité d'être projeté en 3D dans les salles (tout comme l'a été avant lui "Street Dancers" dont j'ai déjà fait la critique dans ce blog). Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Adam G Sevani, Sharni Vinson et Alyson Stoner. Voici l'histoire en bref.
Fraîchement diplômé de la prestigieuse Université de New York, Moose (de "Sexy Dance 2") rejoint une bande de loyaux street dancers dirigée par Luke qui embarque bientôt Natalie, une mystérieuse danseuse de hip-hop. Ensemble ils vont se mesurer aux meilleures crews de hip-hop du monde au cours d’un affrontement dont l’issue changera leur destin à tout jamais.
Dans cet épisode, il y a une certaine continuité avec le précédent puisque des personnages font leur réapparition. On voit bien que ce film a été scénarisé pour la 3D et je dois avouer que la 3D/relief m'a fait une bien meilleure impression que celle de "Street Danceers". Même ici, le scénario est un peu plus surprenant et original que dans les autres films du genre (même s'il reste un zeste de prévisibilité...). Au niveau du spectacle, "Sexy Dance 3" est plutôt bon car, en dépit de quelques exagérations cinématographiques, on en prend plein les mirettes. À noter dans ce film, la présence de Twitch de l'édition américaine de "So You think You Can Dance" (avec ses belles lunettes qui ne servent à rien). Petit aparté : "So You think You Can Dance" arrive en France sur NT1 en 2012 et pas en simple traduction. Les danseurs seront Français et vous pouvez vous y présenter. L'émission sera présentée par B. Castaldi et le casting est déjà ouvert. Avis aux danseuses et danseurs, l'annonce est en page "actualités" sur UltraDanse.com depuis peu.

À noter que Sexy Dance 4 est prévu pour 2012 chez les studios Summit Entertainment. Un tournage effectué à Miami et donc un décor de plage en perspective... Il est probable qu'il aura pour titre "Step Up 4 Ever" aux USA et donc "Sexy Dance 4 Ever" en France... Enfin, dernier DVD disponible dans cette thématique de "Sexy Dance" : "Sexy Dance, le studio"Acheter sur Fnac.com. On nous avait déjà fait le coup avec "Dirty Dancing", mais cette fois-ci le contenu du DVD est proche de l'esprit du film. Il s'agit en effet d'un DVD d'apprentissage pour danser le hip-hop sous différents styles (locking, break, etc.). À chaque style proposé sont associés une chorégraphie et un décor différent (la boîte de nuit et ses lumières, le studio de danse à l'américaine, la rue). Ce DVD a été associé à l'opus 3 de la série des "Sexy Dance" et on y retrouve la danse dans une grosse flaque d'eau... Les chorégraphies me semblent plutôt bien expliquées, même si l'on n'est pas obligé d'adhérer à tous les styles présentés.

En passant dans les rayons des magasins, je me suis posé une question assez directe : "Je recherche un film sur la danse, où vais-je chercher ?". En réalité, la réponse est simple dans les magasins français. Il suffit de chercher principalement à la lettre S ("Sexy Dancers", "Street Dance", "Saturday Night Fever", "Shall we Dance?", "Salsa", etc.) ou à la lettre D ("Dirty Dancing", "Disco", "Dance Movie", "Dance with Me", "Danse ta vie", etc.) et c'est un peu pareil au rayon BD & manga. Néanmoins, quelques films font exception : "Honey", "Tango", "Love 'n Dancing", "Flashdance", etc. Et il en existe encore de nombreux autres qui parlent de danse et qui sont parfois méconnus. Comme je crois les avoir tous visionnés (en dehors des innombrables comédies musicales ou des ballets filmés), j'en dresserai un jour une liste complète ici.

Pour ce qui est de la liste des coffrets DVD disponibles cette année, la voici. J'ai créé les liens avec le site de la FNAC de manière que vous puissiez directement les trouver sur le magasin en ligne. Si vous en trouvez d'autres, n'hésitez pas à le signaler à tout le monde en postant un commentaire sur cet article.

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La salsa cubaine et le merengue

 
Le 29 novembre 2011

Cela traînait depuis des mois et j'ai accumulé quelques semaines de retard sur ce projet, mais ce livre sort enfin de chez l'imprimeur ! "La salsa cubaine et le merengue" Acheter sur Fnac.com est le cinquième livre de la collection "Passeport Danse", une collection de livres techniques que j'ai créée dans l'idée de mettre par écrit les bases des danses en couple telles qu'elles sont pratiquées aujourd'hui. À chaque livre, je creuse le sujet avec l'état d'esprit d'un débutant qui ne sait pas danser et qui ne connaît pas les origines culturelles de la danse détaillée. Voici donc quelques informations sur ce nouveau volume.

La salsa cubaine (dite "salsa de casino") est très différente de la salsa portoricaine. La première est bien ancrée dans ses racines afro-caribéennes alors que la seconde a plutôt été développée à New York et est fortement influencée par les danses pratiquées par les blancs. Comme son nom l'indique, la salsa cubaine vient de Cuba, une île à l'histoire assez tumultueuse et où vit une population assez importante de personnes défavorisées. On dit que les Cubains dansent la salsa tous les jours en rentrant du travail et, comme le chômage y est particulièrement présent, c'est dire s'ils peuvent commencer à danser tôt dans la journée... Bref, blague à part, la salsa est ancrée dans la culture cubaine et c'est sur cette manière de danser la salsa que porte le livre.

Il faut préciser que la salsa cubaine s'est développée en Europe (et aux USA) en partie grâce à des enseignants de danse en couple qui maîtrisaient déjà les danses de salon (ou au moins les danses sportives latines) et le mambo. Ma compréhension est qu'en regardant danser des Cubains exilés, ces enseignants ont interprété les mouvements et déplacements qu'ils voyaient à travers les techniques rodées qu'ils connaissaient. Ils ont alors abouti à une salsa cubaine basée sur le "pas de salsa" que tout le monde connaît (arrière-revient-assemble, arrière-revient-assemble). Certains ont même établi que les petits coups de talon ou pointés sur les temps 4 et 8 faisaient partie du pas de base alors que ce n'étaient que des effets de style des danseurs qu'ils avaient vus. C'est sous cette forme que s'est développée chez nous la salsa cubaine dans les années 90. Dans seconde moitié des années 2000, les danseurs non cubains prennent conscience en se rendant à Cuba que la technique qu'ils utilisent ne correspond pas réellement à celle que pratiquent les Cubains sur place. Certains s'attellent donc à décomposer fidèlement les mouvements originels qui avaient été déformés. Les séjours à Cuba se multiplient donc et les Cubains finissent pas s'organiser pour être en mesure de dispenser des cours structurés chez eux alors que, jusque-là, la transmission se faisait à la demande et sans réelle organisation. Depuis, des séjours "salsa à Cuba" sont fréquemment organisés et chacun peut aller s'imprégner de la culture cubaine tout en apprenant la technique de la salsa de casino à la source.

Ayant fait mes premiers pas de salsa dans les années 90, j'ai moi-même du modifier ma manière de danser les figures classiques ces dernières années afin de coller à la technique cubaine "a lo cubano". Je ne dirais pas que la technique "pas de salsa" est fausse pour autant, mais les pas "a lo cubano" (composés de pas de marche et d'un pivot) permettent aux partenaires de danser proche l'un de l'autre. À mes débuts, je m'étais toujours demandé comment faisaient les Cubains pour danser aussi proche de leur partenaire tout en faisant une multitude de pas de salsa. La réponse est qu'ils n'utilisent que très peu le pas de salsa... Bref, dans ce livre, j'ai fait le choix technique de ce qui est aujourd'hui enseigné par les enseignants cubains tout en introduisant les pas de salsa, mambo, rumba, etc. dans la description des pas de base.

Je ne reviendrai pas ici sur la rueda à laquelle j'ai déjà consacré un article ici et à laquelle je consacre un chapitre entier de ce livre. On y trouve les changements de partenaires (tarro, dame, etc.) ainsi que des figures typiques de la rueda. À côté de la salsa, j'ai choisi de décrire le merengue, originaire de la République Dominicaine. Ces danses partagent un certain nombre de points dont le fait que ne pas avoir de ligne de danse fixe dans la salle. Le merengue est facile à apprendre et peut très bien faire une introduction à l'apprentissage de la salsa (voire même des autres danses en couple) puisque son pas de base est un pas marché. Afin d'être complet, j'ai ajouté quelques figures qui permettent de danser le merengue en rueda. C'est une manière de le danser en groupe qui a été calquée sur la salsa et qui fonctionne plutôt bien. Si l'on ajoute les habituels rappels historiques sur l'origine des danses (et de leurs musiques respectives) ainsi que les conseils de musiques pour danser, on complète la vue d'ensemble de ce livre accessible aux débutants. Comme d'habitude dans cette collection, il y a de très nombreux schémas et illustrations (plus de 1000 !) qui ont été faits spécialement pour l'occasion. On comprend dès lors qu'il pouvait y avoir un peu de retard dans la sortie de ce livre enfin disponible dans le commerce. Attention, une petite offre promotionnelle de sortie est encore valable une semaine sur le site "C. Rolland éditions". C'est donc le moment d'en profiter pour vous ou pour faire un cadeau de Noël !

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Les Chaussons rouges

 
Le 21 novembre 2011

Le 9 novembre dernier vient de ressortir le film "Les Chaussons rouges"Acheter sur Fnac.com en DVD et Blu-Ray (et en haute définition sur ce dernier média). Ayant eu la possibilité de visionner ce film dans son édition "Blu-ray collector" (merci à Carlotta Films, l'éditeur de ce film en France), j'ai souhaité partager mes impressions avec vous. Ce film est un monument dans le monde des films dont l'action porte sur la danse (et particulièrement le ballet classique) et ceux qui aiment voir traiter ce sujet sur leur écran (en spectacle ou fiction) auront sûrement plaisir à se le procurer... ou se le faire offrir pour Noël.

"Les Chaussons rouges" est un film de Michael Powell, réalisé en 1948 (mais sorti en France en juin 1949), scénarisé par Emeric Pressburger et tout en couleur. Il est interprété, entre autres, par Moira Shearer, Marius Goring et Anton Walbrook pour les principaux rôles. L'histoire est inspirée du conte d'Andersen "Les chausson rouges" (ou "Les souliers rouges" selon les traductions), écrit en 1845. La particularité est que ce film met aussi en scène le conte dont il est lui-même inspiré sous la forme d'un ballet classique. Ce conte relate l'histoire d'une jeune fille nommée Karen à qui l'on offrit une paire de chaussures rouges. Le premier pas de danse qu'elle fit ainsi chaussée suit suivi d'un second, puis un troisième et elle ne put plus empêcher ses jambes de danser. Il lui fut impossible d'enlever les chaussures de ses pieds qui continuèrent de danser de plus belle durant des jours. Je ne vous cache pas que l'histoire ne finit pas très bien...

L'histoire du film commence comme suit. Après avoir attiré l'attention du producteur Boris Lermontov, Vicky Page est engagée dans la troupe de celui-ci. Parallèlement, Julian Craster, un jeune compositeur est, lui aussi, engagé. Lermontov licencie sa danseuse principale et convoque Vicky pour lui annoncer que c'est elle qui tiendra le premier rôle dans son prochain ballet "Les Chaussons rouges", dont la musique sera composée par Julian. Les répétitions sont dures et l'interaction entre le musicien et la danseuse implique un certain nombre de tensions qui se transformeront en attirance. Le ballet des "Chaussons rouges" fait un tabac à Monte-Carlo (lorsqu'on visionne le film en version originale, on entend d'ailleurs de nombreuses phrases en français) et ce la donne le coup d'envoi à la carrière de Vicky qui enchaîne dès lors les ballets au sein de la compagnie Lermontov. Malgré tout, lors d'une fête, Lermontov découvre l'histoire d'amour qui se déroule entre son compositeur et sa première danseuse. Il ne le supporte pas et impose cruellement à Vicky de choisir entre l'amour et sa carrière de danseuse. Ici, nous en sommes déjà à la moitié du film et j'en ai peut-être trop dévoilé à ceux qui souhaitent découvrir l'histoire... J'arrête donc là.

Je vois trois grandes parties dans ce film qui dure quand même 2h15. Il y a tout d'abord la première heure où l'on voit tout ce qui mène à la préparation du ballet "Les Chaussons rouges" de la compagnie Lermontov. C'est l'ascension. Il y a ensuite un gros quart d'heure où l'on voit le ballet en question, et donc le conte d'Andersen adapté à la scène de jolie manière avec des effets spéciaux (révolutionnaires à l'époque et réalisés sans ordinateur !) et une approche de type comédie musicale hollywoodienne, ce qui donne un ballet cinématographique avec quelques scènes surréalistes et oniriques. Enfin, il y a la troisième partie où l'on voit en quelque sorte la descente aux enfers avec la conclusion.

Si, par rapport aux films que l'on fait de nos jours, l'action est plutôt lente (si l'on n'aime ni le cinéma, ni la danse, on peut même se dire qu'il n'y a pas beaucoup d'action), on ne peut que saluer la place importante accordée aux chorégraphies aériennes de Robert Helpmann durant tout le film et spécialement pendant les 17 minutes du milieu qui, à elles seules ont nécessité six semaines de tournage pour les 53 danseurs. Il faut aussi ajouter que ce sont de vraies danseuses et de vrais danseurs qui sont filmés (y compris l'actrice principale) et qu'il n'y a pas d'artifice pour masquer un manque éventuel de technique (contrairement à "Black Swan"). Il faut parier que les scènes de danse ont dû nécessiter plusieurs prises avant d'obtenir la version finale, mais le spectacle est agréable et la technique cinématographique met en valeur les danseurs dont on saisit bien l'univers. À l'époque du tournage, le film a suscité de vives discussions parmi les puristes du ballet. La discussion tournait autour du fait que le film montrait une danse dopée aux effets spéciaux qui ne pouvait pas être retrouvée sur une scène en direct lors d'un spectacle.

Pour ce qui concerne l'édition DVD et Blu-ray qui vient de sortir, il y a plusieurs compléments intéressants en plus du film. Il y a en particulier, la description par Martin Scorcese de la numérisation du film en HD et de la manière dont on a pu réparer les attaques du temps sur les bobines en couleur, au point d'atteindre une qualité parfois supérieure à l'original. Il y a aussi des reportages sur le tournage du film avec des témoins de l'époque, une interview de la veuve de M. Powell et un reportage sur les coulisses des ballets du film avec Nicolas Le Riche (danseur étoile à l’Opéra national de Paris) et de Mathias Auclair (conservateur en chef à la Bibliothèque-musée de l’Opéra).

Si vous n'avez pas encore le DVD ou le Blu-ray, je vous propose la bande-annonce en VO sous-titrée. Cela vous donnera une petite idée. Vous noterez que la qualité d'image de cette bande-annonce issue de YouTube ne reflète en rien la qualité d'image du DVD et encore moins celle du Blu-ray où les couleurs sont flamboyantes. Je pense, d'ailleurs, que cette bande-annonce est une version non restaurée en HD si j'en crois le léger voile qui couvre les images.

Je n'ai certes pas d'actions dans ce film, mais je ne pouvais pas manquer de présenter ce film précurseur qui a inspiré des nombreux réalisateurs (Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Brian De Palma) ainsi que de nombreux autres travaux, dont le récent film "Black Swan", dont j'ai déjà fait la critique dans ce blog il y a quelques semaines (je vous avais d'ailleurs conseillé "Les Chaussons rouges" à cette occasion). J'ai personnellement apprécié ce film dont je conseille le visionnage en version originale sous-titrée et en HD évidemment afin de pouvoir profiter de tous les détails dont regorgent les scènes de ce film.

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À la Saint-Jean

 
Le 13 novembre 2011

Après un petit break de deux semaines dans l'écriture de ce blog (break qui m'a permis de finaliser mon dernier livre de technique de salsa cubaine et de l'envoyer à l'imprimeur), je vous propose de découvrir l'un de mes écrits. Il y a quelques années, je me suis essayé à divers styles d'écriture et divers exercices autour de la danse que j'ai regroupés dans "Histoires de danseursAcheter sur Fnac.com et "Nouvelles histoires de danseursAcheter sur Fnac.com. J'ai décidé de partager le texte qui suit avec vous. Il s'agit d'un exercice un peu spécial où je me suis essayé à entremêler les textes de trois chansons que j'aime bien pour former une unique histoire courte. Je vous laisse deviner le titre des chansons (que vous pouvez suggérer dans les commentaires) et le nom des auteurs (que je cite en fin d'article). Je vous dirai seulement que l'action se passe lors de la Saint-Jean...

Mes parents m'ont donné pour prénom Lucie. Lucie, c'est moi. Un prénom, c'est d'ailleurs la seule chose à laquelle on peut se raccrocher dans les moments les plus difficiles. Je ne suis plus toute jeune, mais il y a des événements, dans une vie, qu'on n'oublie jamais. Ne pleure pas ma petite fille. Ce qui t'est arrivé aujourd'hui est arrivé à bien d'autres. Même à ta grand-mère. Je sais, il y a des soirs comme ça où tout s'écroule autour de toi.

J'avais à peine dix-huit ans. De mon temps, nous n'avions pas beaucoup de distractions. Surtout dans les villages de campagne. Le vingt-quatre juin était traditionnellement organisée une grande fête ainsi qu'un bal. C'est comme cela qu'on célébrait l'arrivée de l'été chez moi. On réalisait un grand feu de joie qui devait se voir le plus loin possible. Dans mon humble village, en ce soir de la Saint-Jean, tous les gens de la commune apportaient à l'endroit désigné, des fagots de brindilles, des branches mortes et autres combustibles divers qu'on regroupait en tas, dans la gaieté générale. Parfois, on entassait tous ces matériaux autour d'un grand arbre coupé et laissé là depuis quelques semaines en prévision de l'occasion. Le sommet en était alors décoré de fleurs en bouquet, en couronne ou en croix.
 

Je n'ai jamais particulièrement aimé la foule. Chaque année, je ne sais pourquoi j'allais danser, à la Saint-Jean, au bal musette. Tout le monde venait de la campagne environnante et se retrouvait au même endroit. Pour les jeunes gens, c'était aussi l'occasion de se rencontrer et de danser ensemble. Chacun attendait l'événement avec impatience.

Pour ma part, je m'y rendais comme d'habitude avec ma famille. Une fois sur place, chacun pouvait vaquer à ses occupations : discussions animées avec des connaissances ou fréquentation de la buvette. Parfois les deux. Je n'avais à l'époque que très peu d'amies. Ma cousine, Manon, était aussi ma meilleure amie. Cette année-là, elle était la seule amie qui était présente à la fête. Heureusement car, même si mes parents étaient présents, je me serais sentie un peu seule sinon.

Je m'émerveillais devant le flamboiement du grand brasier. Sa lumière changeante et imprévisible donnait des accents de fête aux autres éclairages mis en place autour de l'orchestre. Dans le bruit des rires et la clarté des flammes, il s'est avancé. Jules --- c'était son prénom, je l'appris plus tard --- avait le sourire éclatant d'un prince charmant. Un verre à la main, il m'a frôlé la hanche et s'est penché vers moi en me disant « Tu es bien jolie. » Soudainement fébrile, je sentis ma respiration s'arrêter. Son divin sourire m'hypnotisait. Pourtant, il était déjà passé et avait rejoint ses amis. Sur le coup, je n'ai pas bien compris ce qui se passait.

En ce temps-là, je travaillais dans une ferme dont mes parents connaissaient les propriétaires. Un dur travail où les occasions de se détendre étaient difficiles à trouver. L'ambiance générale et mon jeune âge aidant, mon esprit fût happé par ce gars que je n'avais pourtant jamais rencontré auparavant. Juste quatre mots qui ne cessaient de tourner dans ma tête. Juste quatre mots qu'on ne m'avait encore jamais dits. Juste quatre mots pour lesquels j'étais subitement prête à changer de vie. Étrangement troublée, je ne pouvais m'ôter ce garçon de l'esprit.

Timide, j'avais tendance à rester auprès de ma famille et les amis de la famille. Personne en dehors de mes connaissances proches ne m'invitait à danser. Et encore... Je devinais bien que c'était, parfois, simplement par gentillesse pour qu'une jeune fille ne reste pas là sans danser que mon oncle m'invitait. À un moment donné, Jules s'est dirigé vers moi et m'a prise par la main. Sans un mot. J'étais aux anges lorsque nous avons commencé à danser. Les virevoltes de la valse nous ont petit à petit éloignés de l'endroit où ma famille était regroupée.

Je lui souriais déjà sans retenue, mais quand ce gars m'a pris un baiser, j'ai frissonné. J'étais chipée. Irrémédiablement perdue dans ses magnifiques yeux bleus. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l'on croit toujours aux doux mots d'amour quand ils sont dits avec les yeux. Je me sentais toute chose. Un élan de sentiments était monté en moi. Moi qui l'aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Et je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Il m'a ensuite emmenée un peu à l'écart des danseurs et de la foule. Plein de tendresse, de son sourire charmeur, il me chantait Ramona. Sans plus réfléchir, je lui donnais le meilleur de mon être. Beau parleur, chaque fois qu'il mentait, je le savais. Mais je l'aimais. Je me faisais une raison. Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l'on croit toujours aux doux mots d'amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l'aimais tant, je le trouvais le plus beau de Saint-Jean. Encore et encore, je restais grisée, sans volonté, sous ses baisers.

Il me promit qu'il m'aimait avec force de regards enjôleurs. En réalité, il ne prononça jamais les mots « je t'aime. » Il avait sûrement ses raisons pour ne pas me les dire ; il me semblait pourtant évident, à cet instant, qu'il les pensait. Mais hélas, à la Saint-Jean comme ailleurs, un serment n'est qu'un leurre. Je devais le comprendre bientôt.

Alors que la soirée avançait, ma cousine Manon vint me chercher. Il était temps de rentrer. Il était encore tôt malgré tout. Mais dans une ferme on se lève aux aurores. Le travail n'attend pas à la campagne. Je dus donc, à contrecoeur, me séparer de mon amant et rejoindre ma famille. Je dus attendre quelques instants que mon père eût fini sa conversation avec mon patron qu'il venait de croiser au détour du grand feu central aux ardeurs déclinantes. Puis ce fut le signal du départ. À ce moment, de l'autre côté du grand brasier, je crus distinguer mon Jules. Mon coeur se brisa en mille morceaux quand je compris qu'une autre jeune fille se trouvait dans ses bras, suspendue à ses lèvres.

J'étais folle de croire au bonheur et de vouloir garder son coeur. Je prenais conscience de mon erreur, mais comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ? Car l'on croit toujours aux doux mots d'amour quand ils sont dits avec les yeux. Moi qui l'aimais tant, mon bel amour, mon amant de Saint-Jean. Il ne m'aime plus. C'est du passé. N'en parlons plus.

Mais ce trouble-là brûle en mes souvenirs. Tout avait commencé si doucement. Juste quatre mots, le trouble d'une vie. Juste quatre mots qu'aussitôt il oublia. Mais j'y pense encore, encore et toujours. La musique, le décor et ses mots de velours. Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails sont encore en moi.
 

Ma petite fille... Ne pleure pas. Cette cruelle déception que tu as eue, tu le vois, je l'ai eue moi aussi dans le passé. Mais j'ai survécu. Ce ne fut pas facile, crois-moi. Au début, j'ai essayé, sans trop savoir pourquoi, de toujours regarder devant moi. Sans jamais baisser les bras. Je sais... Ce n'est pas le remède à tout, mais il faut se forcer parfois.

J'ai bien failli ne pas connaître ma grand-mère. Mais un ange en a décidé autrement. Il te faut profiter du temps qui nous est donné de vivre avec les autres tant que possible. Et vivre ses sentiments. Ma grand-mère me disait : « Lucie... Lucie, dépêche-toi. On vit et on ne meurt qu'une fois. Et on n'a le temps de rien, que c'est déjà la fin. Mais ce n'est pas marqué dans les livres que le plus important à vivre est de vivre au jour le jour. Le temps c'est de l'amour. »

Ma petite fille ne t'arrête pas. On ne vit qu'une vie à la fois. À peine le temps de savoir, qu'il est déjà trop tard... J'ai fait le tour de tant d'histoires d'amour et je sais qu'il te faut bien assez de courage pour tourner d'autres pages. Sache que le temps nous est compté. Il ne faut jamais se retourner en se disant que c'est dommage d'avoir passé l'âge.

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Merci principalement à Léon Agel mais aussi à Pascal Obispo et Jean-Jacques Goldman, tous trois auteurs talentueux de chansons à succès, pour leur participation involontaire à l'écriture de ce texte. Je vous suggère de relire leurs textes afin de les apprécier en tant que tels et ensuite de comprendre comment je les ai utilisés.

Les deux recueils que j'ai cités en début d'article contiennent chacun une quinzaine de textes et nouvelles ainsi qu'un dernier chapitre dépeignant des portraits de différents stéréotypes de danseurs et danseuses traités sur le ton de l'humour. Les histoires courtes parlent toutes de danse (essentiellement de danse en couple) et pourront rappeler à certaines et certains des situations connues...

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