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Le blog UltraDanse.com

 
Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse (du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire sur tel ou tel article.
 

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Les talons de la danse (2/3)

 
Le 30 janvier 2012

Dans la première partie de cet article, j'ai présenté le sujet du port des talons dans son ensemble, ainsi que ce que cela change par rapport au fait de ne pas porter de talons. Je continue d'approfondir ce sujet en rapport avec nos pieds tellement sollicités lors de la danse en prenant un point de vue physiologique voire médical. En particulier, je détaille quel impact le port de talons hauts a sur notre corps tout entier (et pas seulement pour nos pieds), illustrations à l'appui.
 
1. Origines historiques et marche sur talons hauts
2. Des contraintes et des maux pour tout le corps (cet article)
3. Danser sur des chaussures à talon

PARTIE 2
Les chaussures à talons : des maux pour le corps

Si l'on essaye d'imaginer l'impact du port de talons sur notre corps, nous vient immédiatement à l'esprit les pauvres top-models qui présentent les nouvelles collections de haute-couture et qui défilent sur les podiums sur des talons hauts de telle manière que bon nombre d'entre elles ont connu des chutes en se tordant une cheville. Cela dit, il y a des conséquences beaucoup moins visibles que ces problèmes d'équilibre, sauf pour celles qui les ont vécues. Je me base pour la suite sur une série d'études parues entre 2001 et 2005 dans des revues médicales spécialisées américaines comme le "Journal of Experimental Biology".

Le port de talons place le pied et toutes les parties du corps qui lui sont liées dans une position qui n'est pas naturelle. Cela entraîne inévitablement des maux qu'on n'aurait pas eus sinon. De plus, le frottement ou la sollicitation répétée de certaines parties du pied ou du corps produisent aussi des conséquences locales désagréables. Passons donc en revue tout cela.

Impact sur les pieds
Commençons par l'endroit le plus évident : les pieds. Outre les entorses que j'ai mentionnées plus haut, le port de chaussures à talons implique des complications moins évidentes. Les chaussures à talon portées par les femmes sont généralement plus fines que les chaussures sans talon. Cela a pour conséquence de comprimer les muscles, tendons et petits os qui forment le pied. Les conséquences de la compression du pied dans la chaussure sont diverses : oignons, cors, etc. En particulier, on peut rencontrer des cas d'hallux valgus où le gros orteil dévie, formant ainsi une boule au niveau de l'articulation à l'intérieur du pied. Même si ce problème peut avoir des origines génétiques, le port de chaussures à talon haut (et parfois le port de chaussures tout court...) ne fait qu'agraver la situation. Il y a aussi le syndrome de Haglund est une inflammation du talon s'accompagnant de douleurs dues à la survenue d'une saillie anormale sur la partie postérieure du calcaneus (os du pied où est rattaché le tendon d'Achille) qui frotte contre la partie arrière de la chaussure. Les pieds y sont particulièrement sensibles en hiver. De plus, l'inclinaison de la chaussure à semelle rigide et talon haut fait plus ou moins glisser le pied vers l'avant, ce qui comprime tous les orteils (phalanges) contre l'avant de la chaussure (surtout si l'extrémité est en pointe) dans le cas de chaussures fermées et certains orteils contre les lanières ou le rebord de la chaussure dans le cas de chaussures ouvertes (et les orteils dépassent parfois de la chaussure). Cela peut être matérialisé par de la corne sur les articulations des orteils ou au niveau de la plante du pied. Il est donc ici important de préciser qu'il faut bien faire attention à l'adéquation de la taille des chaussures par rapport à vos pieds et que, dans les cas entre deux pointures, il existe des compléments de semelle intérieure adhésifs (aussi appelés anti-glissoires, cales talon, semelles antidérapantes, etc.) à mettre à l'intérieur de la chaussure (talon et plante). L'effet secondaire est, malgré tout et du fait de l'épaisseur ajoutée, de comprimer un peu plus le pied dans la chaussure pour le maintenir en place et cela peut entraîner des métatarsalgies (douleurs du métatarse).

Impact nerveux, musculaire, articulaire et osseux
La jolie ligne donnée aux jambes par le port de talons hauts est due en partie à la contraction des muscles des mollets. À la longue, le port très fréquent de talons hauts provoque un raccourcissement de ces muscles. Les études menées jusqu'ici montrent que le volume musculaire de personnes portant des talons de manière intensive est identique à celui de celles qui n'en portent pas ; en revanche, les fibres musculaires sont plus courtes dans le premier cas. Dans la continuité de ce raccourcissement, le tendon d'Achille a tendance à rétrécir, à s'élargir et à devenir moins souple. Cela ne pose a priori pas de problème lorsque l'on porte des chaussures à talon, mais cela devient gênant dès que l'on revient aux chaussures basses ou que l'on marche pieds nus puisque le tendon est étiré au-delà de sa position habituelle avec les talons hauts. C'est un effet pervers du fait que le corps s'adapte à l'environnement dans lequel il vit. Si le port des talons est systématique, le corps considérera qu'il s'agit de sa situation normale et il s'adapte en conséquence. Pour éviter cela, il faut donc alterner le port de talons hauts avec la marche à plat et l'étirement du tendon qui y est associée. Le port des talons hauts augmente aussi les tensions articulaires au niveau du genou, ce qui entraîne arthrose du genou due à une usure prématurée du cartilage. Il semble que le fait de porter des talons larges au lieu de talons fins ne change rien de significatif au problème. Seule la hauteur du talon compte. Une étude a montré que le port de talons pouvait augmenter la pression sur le genou de l'ordre de 26 pour cent par rapport à une situation sans talons. Et je passe sur les cas d'arthrose du genou qui est développée à la suite d'années entières à porter des talons hauts. J'aurais pu parler de ce qui suit dans le paragraphe relatif aux pieds, mais ici on parle aussi des nerfs. Le névrome de Morton est une autre affectation associée à une douleur particulièrement vive au niveau du troisième ou du deuxième espace métatarsien (entre les doigts de pieds). C'est un problème relatif au nerf digital comprimé dans des chaussures étroites.

Impact sur le dos
Lorsqu'on porte des talons hauts, la partie supérieure du corps est déséquilibrée vers l'avant. Il faut alors compenser en actionnant en permanence les muscles du dos afin de revenir à l'équilibre. En résumé, on se redresse. En cas de port prolongé de talons hauts, les muscles du dos agissent de telle manière que la lordose lombaire (courbure concave du bas du dos) s'en trouve naturellement accentuée : les fesses semblent ressortir et la cambrure du creux des reins augmente. C'est une posture qui est exagérée par rapport à la posture naturelle de départ. C'est cela qui entraîne certaines douleurs dans le dos. Pour éviter cela, il faut régulièrement s'étirer le bas du dos pour compenser les muscles qui auront tendance à rester en position rétractée.

Après avoir lu la première partie de cet article, on se dit que les talons ont beaucoup d'avantages esthétiques. En revanche, après avoir lu cette seconde partie, on se dit qu'il y a bien des inconvénients aussi. Certaines femmes portant fréquemment des talons disent d'ailleurs avoir du mal à remarcher pieds nus. Mais au final, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas porter de talons : cela veut simplement dire qu'il faut le faire en connaissance de cause et qu'il faut compenser les désagréments par un entraînement ou des exercices adéquats. Une jambe et un pied souples et bien musclés peuvent facilement être associés à des talons de toute hauteur. Un peu d'étirement (stretching) et un renforcement musculaire naturel par la danse sont donc tout à fait conseillés dans ce cas.

Pour conclure cette partie, il faut se dire que si l'on force le corps dans une certaine position répétée, ce dernier va tenter de s'adapter au mieux à la nouvelle situation selon sa constitution (et avec ses limites). C'est le principe de l'entraînement. Le problème est qu'il s'adapte parfois tellement qu'il ne peut plus spontanément revenir dans sa position naturelle d'origine, sauf si on l'entraîne dans l'autre sens. Je rementionnerai d'ailleurs le sujet de l'entraînement dans la prochaine partie de cet article qui sera consacrée au port de talons pour la danse puisqu'il est déconseillé de s'entraîner en changeant de hauteur de talon à tout bout de champ. Rendez-vous donc dans quelques jours pour la fin de ce long article consacré aux talons !

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Les talons de la danse (1/3)

 
Le 20 janvier 2012

Les danseuses et les danseurs utilisent tout leur corps et s'il y a une partie qui requiert tout particulièrement leur attention, ce sont bien leurs pieds. J'ai déjà eu l'occasion de parler ici de différents types de chaussures pour danser en soirée et il est évident que le sujet est vaste, selon le style de danse, selon les goûts individuels, selon que l'on soit une fille ou un garçon. En particulier, certaines danses se font mieux avec des talons (danses latines, tango argentin) alors que d'autres se pratiquent volontiers à plat ou en baskets (rock, lindy hop). Essayons donc de décortiquer la relation entre le talon de chaussure et la pratique de la danse ou, tout simplement, de la marche. Et cela concerne aussi les hommes... Un article en trois parties, tellement ce sujet méritait d'être traité en profondeur. Voici la liste des parties en question :
 
1. Origines historiques et marche sur talons hauts (cet article)
2. Des contraintes et des maux pour tout le corps
3. Danser sur des chaussures à talon

PARTIE 1
Les chaussures à talons : origines historiques et marche sur talons hauts

L'être humain porte des chaussures depuis environ 40 000 ans, mais le fait de porter les chaussures à talons est bien plus récent puisqu'en en trouve dans la culture de l'Égypte ancienne. Si l'on regarde dans l'histoire de France, on s'aperçoit que la mode des talons hauts provient du XVIe siècle, époque à laquelle Catherine de Médicis utilise des talons de provenance italienne pour se grandir et ainsi faire honneur à son mari le Duc d'Orléans (futur Henri II de France) qui était plutôt grand. La mode des talons envahira rapidement la cour de France aussi bien parmi les hommes que les femmes avec une surélévation pouvant atteindre une dizaine de centimètres. On trouve de cette époque des peintures italiennes montrant les chaussures à semelle haute et, ultérieurement, des chaussures où seuls les talons sont hauts dont j'ai regroupé deux exemples dans l'image ci-contre. Jusqu'à la Révolution, les talons ont été associés à la noblesse ou la richesse, ce qui explique le fait qu'ils aient quasiment disparu après 1789, laissant la place à la botte basse ou à la bottine. Ce n'est qu'au XIXe siècle que les talons reviennent à la mode chez les femmes et en particulier chez les prostituées. Il semble que les avantages esthétiques procurés par les talons hauts aient été assez rapidement recherchés par les "honnêtes femmes" afin de ne pas laisser cet avantage compétitif aux "filles de joie". À noter que ce n'est que vers 1850 que l'on a commencé à fabriquer des chaussures droite et gauche de formes différentes correspondant à la forme de chaque pied.

À la base, les femmes mettent des talons hauts parce que cela les grandit, les amincit et que cela embellit leurs jambes. De plus, sur des talons hauts, la démarche peut devenir plus féminine, voire aguicheuse, du fait de la mobilisation des hanches pour le mouvement. Diverses causes à cela : les fesses ressortent un peu plus, la cheville en tension prolonge la jambe, les hanches sont utilisées pour marcher, le mollet est contracté et donne une belle courbure à la jambe, la nécessité de se tenir droite si l'on ne veut pas avoir l'air cruche, sans compter le rehaussement général de plusieurs centimètres. Il paraît même que la position de la jambe et de la cheville seraient un signal subliminal à caractère sexuel adressé aux mâles... Or, nombreuses sont celles qui ne parviennent pas à tenir sur des talons fins et encore moins à marcher correctement. Or, tout cela s'apprend et nécessite un certain entraînement au niveau de l'équilibre et au niveau des muscles.

S'il est conseillé à certaines personnes ayant mal au dos de marcher sur un talon de 1,5 centimètre environ au lieu de chaussures plates, la plupart des amatrices de talons privilégient un petit talon de 3 à 4 centimètres. Cela apporte quelques avantages esthétiques sans trop de désagréments (j'y viens bientôt...). Oui, mais voilà, la mode mène vers des talons plus hauts : au moins 9 ou 10 centimètres voire davantage s'il y a une semelle compensée en plus. Et l'équilibre est d'autant plus difficile que le talon est fin (comme le talon aiguille). Ces chaussures à la mode sont très jolies et ont un effet garanti sur la gent masculine, mais il est généralement déconseillé de les porter en permanence, au point de prévoir une paire de chaussures basses de rechange à passer au bout de quelques heures de talons vertigineux. Certain(e)s pourraient croire que le sujet de cet article ne s'applique qu'aux femmes, mais ce n'est pas exact. Les hommes aussi peuvent porter des talons couramment. Il existe des modèles de chaussures portés par les deux sexes et qui ont des talons plutôt élevés (et je n'utilise pas ici le terme de "hauts" puisqu'on n'y est pas encore). Parmi ces chaussures, il y a des bottes de style cowboy (santiags et boots) dont le talon peut atteindre 6 cm (elles sont souvent utilisées pour monter à cheval) et des chaussures à talon cubain dont le talon peut atteindre 4 à 5 cm (voir un article précédent dans ce blog pour plus d'informations sur ce type de talon en danse latine chez les hommes). Et je ne parle pas ici des chaussures une peu exotiques ou à plateforme qui circulaient dans les années de la fin des années 60 aux années 80.

Pour ce qui est de danser, les chaussures de ville à talon haut sont à réserver à une danse modérée et basique, un peu comme en discothèque, car elles sont faites pour la marche ou pour rester assise. En effet, la semelle de ce type de chaussures est bien souvent rigide (voire compensée), ce qui aide à maintenir un équilibre sur des talons très hauts. Ces dernières années, il y a deux styles de danse qui utilisent les chaussures à talon haut. La première discipline est la pole dance (danse sensuelle sur une barre verticale ) dont j'ai déjà parlé dans ce blog. Ici, les talons ne servent pas réellement à la danse, ils sont là pour le côté sexy et "aguicheur". Il faut dire que les danseuses de pole dance n'ont pas souvent les pieds au sol. Le second style pourrait tout simplement s'appeler "Danse sur talons hauts" (parfois apparentée au style burlesque) et a été tout particulièrement mis à l'honneur par les Pussycat Dolls. Ces dernières ont d'ailleurs sorti un DVD d'entraînement (en anglais ou allemand). Les caractéristiques du port de talons hauts sont mises en avant comme un déhanchement prononcé ou encore une légère position cambrée. On remarque en passant dans le DVD que les filles des Pussycat Dolls ne portent pas leurs talons pour l'entraînement, seulement pour la représentation finale. Un autre exemple de performance sur des talons se trouve dans le clip "Single Ladies" de Beyoncé, rendu célèbre par de nombreuses reprises de la chorégraphie (y compris par des hommes) et en particulier dans la série Glee.

Avant de parler de danse en couple (rock, salsa, tango, etc.) sur des chaussures à talons (voir partie 3), voyons donc comment se passe une simple marche dans ces accessoires de mode... Celles qui ont directement essayé de marcher sur des talons hauts disent : "Pas facile !" Effectivement, la marche sur des talons demande un certain équilibre et une certaine habitude, d'autant plus s'ils sont hauts. On considère généralement la classification suivante : talon bas (moins de 6 cm), talon moyen (entre 6 et 8,5 cm) et talon haut (supérieur à 8,5 cm). Pour démarrer, on peut s'habituer aux talons à la maison en marchant et effectuant des tâches de base en intérieur plutôt qu'aller directement faire un après-midi de shopping en ville ou une soirée dansante. Le mieux est d'alterner le port de talons plats et de talons hauts de manière à préserver les articulations et le dos. Car le port de talons de manière systématique n'est pas sans impact sur la santé. Je reprends ci-après une photo (je n'ai malheureusement pas noté la source) qui illustre très bien les différentes hauteurs de talons hauts (pas ceux pour danser que je montrerai dans la partie 3 de cet article) sans présence de semelle compensée ou de plateforme et qui montre bien la position de la jambe et de ses muscles en fonction de la hauteur. J'aurai l'occasion d'aborder la dernière hauteur de talon dans un prochain article qui portera sur les pointes (je crois que j'aurai alors fait le tour du sujet des pieds !).

Commençons déjà par avoir une bonne posture. Il faut en effet se tenir droit(e) et le cou dégagé : pas question de compenser la position tendue des chevilles par une flexion des genoux qui, elle-même, entraînera inévitablement un avachissement au niveau de la colonne vertébrale. En chaussures à talons, le poids du corps repose essentiellement sur le talon des pieds et tout le reste du corps doit être aligné au-dessus de ceux-ci. Ensuite, il faut relâcher les muscles ne servant pas à maintenir cette posture élégante. Au niveau des pieds, la marche en chaussures à talons hauts ressemble à la marche sans talons : on avance le pied en posant le talon (aussi haut soit-il) en premier au sol, puis l'avant du pied. Il ne faut pas avoir peur de mettre le talon sous pression, car il est normalement conçu pour résister. La différence se situe au niveau de l'engagement des abdominaux et du mouvement prononcé des hanches. Contrairement à une idée en vogue, il ne faut pas essayer de marcher comme les top models qui lèvent beaucoup les pieds en pliant les genoux et posent les pieds au sol sur une même ligne. Au contraire, il n'est pas nécessaire de lever exagérément les pieds du sol et il suffit de marcher un pied après l'autre, chacun d'eux ayant sa propre ligne parallèle à celle de l'autre. Évidemment, les deux lignes sont proches l'une de l'autre afin de ne pas avoir une démarche de cowboy... En talons aiguilles, l'équilibre peut être plus difficile à maintenir, mais cette difficulté est compensée par une musculature qu'il faut développer au niveau des jambes, des chevilles et des pieds. Et pour cela, rien de mieux que la danse...

Voici donc que s'achève la première partie (déjà longue) de cet article que j'ai essayé de faire le plus synthétique possible... et j'y passe le temps nécessaire pour m'assurer de la justesse des informations que je présente. Je vous invite à revenir sur ce blog dans quelques jours pour prendre connaissance de la seconde, puis de la troisième partie. Je suis persuadé qu'elles intéresseront beaucoup d'entre vous, particulièrement celles qui portent des talons pour danser les danses latino-américaines (cha-cha, rumba, salsa, etc.).

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Livres et danse + sondage

 
Le 04 janvier 2012

L'année 2012 vient de commencer et le mois de janvier sera riche en voeux de toutes sortes. Je cède donc à la tradition et je vous souhaite une très bonne année. Que la danse y occupe une place de choix ! Ce premier article de l'année parlera de livres et de danse. Vous le savez, ce sont deux intérêts que je réunis dans mon quotidien au sein mes activités variées et complémentaires.

Si je fais un petit bilan de mon activité d'écriture et édition de livres sur la danse durant l'année passée, je constate un succès croissant et manifeste auprès des lecteurs. Non seulement l'intérêt des danseurs pour les livres sur la danse est là, mais l'offre en matière de livres (et principalement la mienne) continue de s'ajuster aux attentes. Je vous invite d'ailleurs à répondre au sondage mentionné en fin d'article pour aider à orienter les prochaines réalisations de livres sur le thème de la danse.

Cette année, j'ai en premier lieu édité "La danse country & westernAcheter sur Fnac.com de Ralph G. Giordano. Il m'avait semblé nécessaire de proposer aux nombreux amateurs de danse country et de line dance un livre leur donnant le contexte et l'origine historique des danses qu'ils pratiquent. Pas de technique ici, mais beaucoup d'informations d'ordre culturel. Je suis convaincu que chaque danseuse, chaque danseur devrait avoir quelques connaissances culturelles sur le style de danse qu'elle/il pratique. Il ne suffit pas d'être danseuse/danseur par la pratique, il me semble important d'être aussi (un peu) danseuse/danseur dans sa tête. Quand on connaît d'où vient la discipline qu'on met en pratique, il est plus facile de bien la pratiquer sans la déformer de manière inconsidérée. C'est cette même démarche qui m'avait mené à traduire l'autobiographie de Frankie Manning. Pour laquelle, d'ailleurs, j'apporte actuellement mon expérience à l'édition japonaise en cours de traduction.

L'autre livre que j'ai édité l'année passée est "La salsa cubaine et le merengue" Acheter sur Fnac.com que j'ai moi-même écrit. Il continue de compléter la collection "Passeport Danse" regroupant les bases techniques des principales danses pratiquées de nos jours. À la technique, j'y ai ajouté un rapide résumé du contexte historique, l'environnement musical, des suggestions de titres musicaux et les conseils de "savoir-danser" présents dans tous les ouvrages de cette collection destinée aux débutants, mais où les danseuses et danseurs expérimentés trouveront certainement des informations utiles. J'espère bien continuer à compléter cette collection au fil des ans soit en écrivant moi-même les livres si j'en ai les compétences techniques, soit en aidant des auteurs qui les possèdent à mettre en forme leur expérience d'enseignement.

J'ai mis en chantier prioritairement ces deux livres édités en 2011 en conséquence à des remarques de libraires, danseurs ou lecteurs qui m'ont fait part de leur souhait de trouver des livres sur ces sujets. Il y a toujours un peu de délai entre l'expression du besoin et le résultat, mais le succès croissant rencontré par ces livres me confirme que j'ai bien fait de suivre ces remarques. Le sujet de la manière d'aborder la danse dans des livres m'intéresse beaucoup, et pour cause. C'est complexe. Plus complexe qu'un DVD filmé en une heure ou qu'un cours interactif en école de danse. Il faut adapter l'approche au support, surtout s'il s'agit de technique. Après avoir examiné des dizaines et des dizaines de livres en français, en anglais (beaucoup), mais aussi en allemand et en espagnol, j'ai à présent une bonne idée de comment cela peut se faire de nos jours. Ma modeste structure d'édition (la seule maison d'édition française consacrée à la danse !) ne me permet pas forcément d'incorporer tous les éléments utiles dans chaque livre, mais on s'y rapproche au maximum.

Et pour l'année qui vient ? Je réponds qu'il y a trois livres en projet : deux romans (dont un se déroule dans l'univers du ballet classique) et un livre dans la collection "Passeport Danse" sur la danse en ligne country (line dance). Ces livres originaux sont écrits par des auteurs français et je ne suis donc plus l'unique auteur français du catalogue. Je travaille beaucoup avec eux, en ce moment, à affiner leur projet avec mon expérience, mais ce sont eux les auteurs. Les romans représentent toujours un certain risque pour un éditeur, mais si les ouvrages de cette année ont suffisamment succès, je renouvellerai certainement l'expérience. On ne dira pas que je ne tente pas de couvrir tous les types des livres sur la danse. Jusqu'ici, il y aura eu des livres de technique de base, des livres de technique avancée, des livres historiques, des livres ludiques, des romans et des nouvelles. J'espère que mes efforts satisferont un maximum d'amateurs de danse.

Pour finir, je profite de ce billet de début d'année pour vous informer que j'ai lancé un sondage en janvier auquel tout le monde peut répondre afin de connaître plus précisément ce que le monde de la danse attend de livres sur ce domaine. Cela me permettra de cibler plus efficacement les thèmes à aborder et de rechercher les auteurs les mieux placés pour écrire les ouvrages attendus. N'hésitez pas à largement diffuser l'adresse de ce sondage en ligne autour de vous :
https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dHVZYldsZUJYN1ZOaHRBV3dnYm1lb0E6MQ. L'annonce de ce sondage a aussi été faite sur Facebook, donc partagez, partagez !
Je remercie par avance tous ceux qui auront répondu d'ici la fin du mois. À noter le tirage au sort de 5 personnes parmi celles qui auront indiqué leur adresse e-mail : elles se verront offrir un livre parmi ceux que j'ai édités.

Les prochains articles de ce blog seront dans un registre différent, puisque je prépare un dossier en plusieurs volets sur le port des chaussures de danse et leur impact sur le corps humain. Tout un programme... et pas mal de temps à se documenter avant son écriture.

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La danse du Bernie

 
Le 18 décembre 2011

Tout le monde connaît "Thriller", le tube de Michael Jackson dont la chorégraphie du clip a fait le tour du monde et a fait parler d'elle d'une prison des Philippines aux mariages américains en recherche d'originalité. Rappelons que cette chorégraphie met en scène des morts-vivants sortant de leurs tombes qui dansent d'une manière spécifique autour de Michael Jackson en 1982. Je vous propose de découvrir une sorte de danse des morts-vivants qui se diffuse ici et là depuis quelques mois et qu'on appelle le "Bernie". Un petit article qui aurait fait bonne figure pour Halloween, mais il n'est prêt qu'aujourd'hui, alors je vous le livre pour Noël...

Cette petite danse prend ses origines dans le film "Week-end chez Bernie", réalisé par Ted Kotcheff en 1989. L'histoire est celle de deux jeunes employés d'une compagnie d'assurances qui découvrent une tentative de fraude. Pour les remercier, leur patron, Bernie, les invite dans sa luxueuse résidence un week-end. Malheureusement, le séjour ne se révèle pas de tout repos puisque ce dernier meurt et, pour ne pas être accusés du meurtre, les garçons doivent faire croire que l'homme est toujours vivant... On devine l'allure désarticulée des mouvements du dit Bernie (incarné par Terry Kiser) qui, manipulé par les deux héros du film, doit se déplacer et avoir l'air vivant. Ce film connut un succès suffisant pour qu'une suite, "Week-end chez Bernie 2", soit réalisée et qu'il en soit fait référence dans un épisode des Simpsons. D'ailleurs, un remake de ce film serait en projet par Tim Burton depuis 2010.

Jusqu'ici rien qui ne fasse une quelconque relation avec une danse. Mais tout change en 2010 lorsque le chanteur ISA (Infinity SoAwesome/Anthony Lavarry) sort sa chanson "Moving like Berney". Même s'il y a une erreur dans le nom ("Berney" au lieu de "Bernie"), c'est bien une allusion claire au film qui est faite. Environ 3 mois après la sortie du titre, une vidéo est postée sur Youtube. Elle comporte des scènes de personnes bougeant comme Bernie le mort-vivant. Un mois plus tard, le phénomène se répand, à commencer par les enfants, les ados, etc. On danse le Bernie dans toutes les situations : remises de diplômes, soirées déguisées, événements sportifs, etc. Dès que la musique d'ISA est jouée, c'est de venu un réflexe, mais sans la musique c'est devenu un gag entre copains particulièrement aux États-Unis. On n'en a pas encore vu beaucoup en France, mais le pouvoir d'Internet peut produire des effets inattendus et rapides.

J'intègre dans cet article la fameuse vidéo Youtube qui, à l'heure où j'écris, comptabilise plus de 8 000 000 vues alors qu'elle a été mise en ligne depuis le 19 octobre 2010 (soit il y a à peine plus d'un an). Vous trouverez sur Youtube, de nombreuses vidéos de cette danse filmée en toutes sortes d'occasions.

Au niveau des mouvements, rien à voir avec la chorégraphie dynamique et millimétrée des zombies du clip de Michael Jackson, la danse du Bernie est répétitive et plutôt facile à effectuer pour peu que l'on sache se détendre complètement. Le principe est le suivant:

  1. Se pencher en arrière, en faisant pendouiller les bras et la tête sans tonus
  2. Remuer les épaules lentement : les bras et la tête suivent mollement
  3. Avancer, les pieds en premier, en lançant le mouvement par les hanches et osciller des épaules à chaque pas
  4. Il est ensuite possible de se pencher en avant sur le même modèle, puis de se relever pour se pencher en arrière de nouveau
On le voit, il faut imaginer que seules la colonne vertébrale, les épaules et les hanches supportent le reste du corps. En dehors de ces os, tout doit rester mou. C'est le seul secret pour réussir un bon Bernie !

Voilà vous savez tout sur le Bernie. Il existe plusieurs "petites" danses qui, comme le "Bernie", sont pratiquées dans le monde, par exemple le "Dougie", la danse de Bob l'éponge ou encore le "Cat Daddy". Je profite de ce dernier article de l'année pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année. Les amateurs de danse que vous êtes auront sûrement déjà choisi des réveillons dansants ou des spectacles de danse pour passer les fêtes. J'espère que ces instants autour de la danse vous feront terminer l'année avec plaisir. Rendez-vous en janvier 2012 !

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Sexy Dance 1, 2, 3D

 
Le 08 décembre 2011

Comme la période des fêtes de fin d'année approche à grands pas, je continue à parler de produits culturels qui peuvent faire office de cadeau pour vos proches (ou que vous pouvez vous faire offrir). En ce moment et comme chaque année à cette période, je vois dans les rayons des coffrets DVD ou Blu-ray thématiques regroupant plusieurs films en relation avec le thème de la danse. Je vais donc en profiter pour aborder l'un deux regroupant les 3 opus de la série "Sexy Dance"Acheter sur Fnac.com avant de vous lister rapidement d'autres coffrets disponibles actuellement. D'une manière générale, disons que la série des "Sexy Dance" porte sur la danse hip-hop, mais que d'autres danses comme la salsa et la tango y font une courte apparition (et pas toujours dansées comme on pourrait l'espérer). Pour le reste, voici un tour d'horizon de chaque film.

"Sexy Dance 1"Acheter sur Fnac.com (2006, réalisé par Anne Fletcher).
Ce film, comme toute la série, a pour titre original "Step Up" qui a judicieusement été traduit en français par un racoleur "Sexy Dance" pas du tout français... (On se demande combien de temps il a fallu à l'équipe de traduction pour trouver cette traduction d'anglais à anglais. Les mystères du marketing sont parfois impénétrables.) À: noter que nos cousins québécois ont opté pour le titre "Dansez dans les rues". En dehors de ces aspects, les acteurs/danseurs sont (entre autres) Channing Tatum, Jenna Dewan, Damaine Radcliff, de'Shawn Washington et voici l'histoire en résumé (un peu inspiré d'Allociné et remanié par mes soins).
Rebelle dans l'âme, Tyler Gage a passé toute sa jeunesse dans les bas quartiers et les mean streets de Baltimore, et sait aujourd'hui qu'il ne se tirera d'affaire qu'en rompant avec son milieu. Son seul atout, bien mince : un don naturel pour le hip-hop, qu'il pratique d'instinct, pour son seul plaisir. Alors qu'il est condamné à des travaux d'intérêt général à l'école d'art du Maryland, il rencontre la belle Nora qui, ambitieuse et douée, a grandi au sein d'une famille bourgeoise ayant très tôt encouragé sa vocation et financé ses études de danse classique à la prestigieuse Performing Arts High School. Tyler et Nora : deux mondes diamétralement opposés, deux talents, deux passions dont la rencontre explosive sera à l'origine d'un étonnant conte de fées musical...
Il apparaît que le cliché du danseur des rues et de la danseuse académique qui doivent travailler ensemble est ici mis à contribution. La fin donc plutôt prévisible, mais c'est un peu classique dans les films de danse.

"Sexy Dance 2"Acheter sur Fnac.com (2007, réalisé par Jon Chu).
Étonamment, l'épisode 2 n'est pas la suite de l'histoire de l'épisode 1. On aurait pu s'attendre au contraire. Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Robert Hoffman, Briana Evigan et Will Kemp et je reprends ici aussi le résumé du site Allociné.
Andie est une fille d'origine modeste, une rebelle qui s'efforce de trouver sa place au sein de la très respectable Maryland School Of The Arts, sans renier pour autant ses racines et son vieux rêve : intégrer la troupe Underground 410 qui rassemble les meilleurs danseurs de rue de Baltimore. Chase est l'étudiant le plus brillant de la MSA, une star en devenir qui aspire à rompre avec les traditions et contraintes de la danse classique. Son but : monter sa propre équipe pour affronter la 410 dans une grande "bataille" de rue. Irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, Chase et Andie arriveront-ils à concilier leurs ambitions respectives, leurs rêves et leurs désirs ?
Pour ce second volume, on inverse les rôles. Cette fois-ci c'est le garçon qui est académique et la fille qui fréquente les bandes de la rue. L'univers est celui des teams de hip-hop qui s'opposent dans des concours.

"Sexy Dance 3 (3D)"Acheter sur Fnac.com (2010, réalisé par Jon Chu).
Tourné à New York, ce film a particularité d'être projeté en 3D dans les salles (tout comme l'a été avant lui "Street Dancers" dont j'ai déjà fait la critique dans ce blog). Les acteurs/danseurs sont (entre autres) Adam G Sevani, Sharni Vinson et Alyson Stoner. Voici l'histoire en bref.
Fraîchement diplômé de la prestigieuse Université de New York, Moose (de "Sexy Dance 2") rejoint une bande de loyaux street dancers dirigée par Luke qui embarque bientôt Natalie, une mystérieuse danseuse de hip-hop. Ensemble ils vont se mesurer aux meilleures crews de hip-hop du monde au cours d’un affrontement dont l’issue changera leur destin à tout jamais.
Dans cet épisode, il y a une certaine continuité avec le précédent puisque des personnages font leur réapparition. On voit bien que ce film a été scénarisé pour la 3D et je dois avouer que la 3D/relief m'a fait une bien meilleure impression que celle de "Street Danceers". Même ici, le scénario est un peu plus surprenant et original que dans les autres films du genre (même s'il reste un zeste de prévisibilité...). Au niveau du spectacle, "Sexy Dance 3" est plutôt bon car, en dépit de quelques exagérations cinématographiques, on en prend plein les mirettes. À noter dans ce film, la présence de Twitch de l'édition américaine de "So You think You Can Dance" (avec ses belles lunettes qui ne servent à rien). Petit aparté : "So You think You Can Dance" arrive en France sur NT1 en 2012 et pas en simple traduction. Les danseurs seront Français et vous pouvez vous y présenter. L'émission sera présentée par B. Castaldi et le casting est déjà ouvert. Avis aux danseuses et danseurs, l'annonce est en page "actualités" sur UltraDanse.com depuis peu.

À noter que Sexy Dance 4 est prévu pour 2012 chez les studios Summit Entertainment. Un tournage effectué à Miami et donc un décor de plage en perspective... Il est probable qu'il aura pour titre "Step Up 4 Ever" aux USA et donc "Sexy Dance 4 Ever" en France... Enfin, dernier DVD disponible dans cette thématique de "Sexy Dance" : "Sexy Dance, le studio"Acheter sur Fnac.com. On nous avait déjà fait le coup avec "Dirty Dancing", mais cette fois-ci le contenu du DVD est proche de l'esprit du film. Il s'agit en effet d'un DVD d'apprentissage pour danser le hip-hop sous différents styles (locking, break, etc.). À chaque style proposé sont associés une chorégraphie et un décor différent (la boîte de nuit et ses lumières, le studio de danse à l'américaine, la rue). Ce DVD a été associé à l'opus 3 de la série des "Sexy Dance" et on y retrouve la danse dans une grosse flaque d'eau... Les chorégraphies me semblent plutôt bien expliquées, même si l'on n'est pas obligé d'adhérer à tous les styles présentés.

En passant dans les rayons des magasins, je me suis posé une question assez directe : "Je recherche un film sur la danse, où vais-je chercher ?". En réalité, la réponse est simple dans les magasins français. Il suffit de chercher principalement à la lettre S ("Sexy Dancers", "Street Dance", "Saturday Night Fever", "Shall we Dance?", "Salsa", etc.) ou à la lettre D ("Dirty Dancing", "Disco", "Dance Movie", "Dance with Me", "Danse ta vie", etc.) et c'est un peu pareil au rayon BD & manga. Néanmoins, quelques films font exception : "Honey", "Tango", "Love 'n Dancing", "Flashdance", etc. Et il en existe encore de nombreux autres qui parlent de danse et qui sont parfois méconnus. Comme je crois les avoir tous visionnés (en dehors des innombrables comédies musicales ou des ballets filmés), j'en dresserai un jour une liste complète ici.

Pour ce qui est de la liste des coffrets DVD disponibles cette année, la voici. J'ai créé les liens avec le site de la FNAC de manière que vous puissiez directement les trouver sur le magasin en ligne. Si vous en trouvez d'autres, n'hésitez pas à le signaler à tout le monde en postant un commentaire sur cet article.

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