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Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par
Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres
portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse
(du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque
page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire
sur tel ou tel article.
Cette fois-ci, j'ai eu envie de vous parler de ce qui se passe
à l'étranger.
Un article du journal anglais "The Guardian" m'a récemment
interpellé. Il avait pour titre "Daggering is dirty but it's what kids do",
autrement dit "Pratiquer le daggering c'est sale, mais c'est ce que font
les gamins." En lisant l'article, j'ai un peu pensé à la Soca Dance
des années 90, mais les vidéos m'ont convaincu que cela allait un
peu plus loin. Voyons donc de quoi il s'agit...
L'article du Guardian commence comme ceci :
The idea of it is to dance as wildly, as noisily, as furiously as you can; expose yourself as much as possible if you are a woman; and kick as high as you can, no matter which sex you belong to.
L'idée derrière cela est de danser
le plus sauvagement, bruyamment et furieusement que l'on peut, de s'exposer de plus possible si l'on est une femme et de
donner des coups de pied aussi haut que possible peu importe votre sexe.
L'article fait allusion au cancan que Mark Twain évoquait
dans "Le voyage des innocents" en 1869. Cet écrivain décrit dans ce texte
les scènes qui nous viennent à l'esprit lorsque l'on dit "French Cancan" :
des filles qui saisissent leur robe à deux mains et lancent leurs jambes
le plus haut possible. En réalité le texte que j'ai traduit ci-dessus
est exactement le texte de Mark Twain, repris par la journaliste du Guardian.
On le voit, à chaque époque correspond son lot de danses scandaleuses.
En son temps, il y a eu la valse, puis le rock, puis le twist, puis...
Mais le daggering va encore plus loin que toutes ces danses.
Le daggering dont il s'agit ici est une manière
bien particulière de se trémousser en boîte de nuit. Une description
succincte devrait suffire à vous en donner une idée : l'homme se colle
derrière la femme, le premier met ses mains sur les hanches de la seconde
alors que celle-ci se penche en avant avant que les protagonistes ne
se mettent à gesticuler du bassin de manière très suggestive. S'ils
n'étaient pas habillés, on pourrait penser à autre chose, mais il paraît
que c'est une forme de danse. Je vous passe ici un certain nombre
de détails et de variantes plus ou moins acrobatiques
que vous pourrez aisément trouver sur
Internet en tapant le mot sur Google. J'ai essayé de trouver une photo
d'illustration la plus soft possible, mais j'avoue que cela n'a pas
été facile, alors vous n'aurez que des dessins...
Certains appellent aussi cette manière de "danser" le "dry humping"
qui, littéralement, est un nom plus explicite puisqu'il signifie "niquer à sec"
(désolé pour les âmes sensibles, mais c'est la traduction la plus proche
que j'aie pu faire). Cette pratique consiste donc à simuler un rapport
sexuel devant potentiellement des centaines de personnes. Il est donc impossible
que faire le daggering si les deux partenaires ne sont pas consentants.
Aussi explicite qu'elle soit, cette "danse" extrême est issue d'une certaine manière de danser
dans les Caraïbes et des musiques de type "Dancehall" que l'on passe
en boîte de nuit. Et si l'on regarde un peu plus de 20 ans en arrière,
on trouve une certaine analogie avec le soca (aussi appelée la "soca dance").
La soca dance est apparue en France en 1990 sur le titre du même nom
interprété par Charles D. Lewis, un Antillais installé en Allemagne.
Suite au succès de la lambada
l'année précédente, les producteurs de TF1 ont recherché la danse
de l'été pour prendre la suite et ce fut la soca dance.
Tous ceux qui ont regardé la télévision à cette époque se rappellent
le clip tourné sur une place et où les personnes filmées
ondulaient du bassin de manière suggestive les unes derrières
les autres. Sans oublier les filles en maillot jaune suggérant
la fameuse marque de boisson pétillante à l'orange partenaire
de l'opération. Plus de 500 000 disques ont été vendus à l'époque.
Contrairement à la lambada, dans la soca, on roule des hanches
et il n'y a pas réellement de figures identifiables.
Le soca est en réalité un style musical issu du calypso
dont on a accéléré le tempo. Le mot "soca" vient du "so" de
la musique soul et du "ca" du calypso.
La Compagnie Créole a en premier importé en France
ce style issu de l'île de Trinidad via leur
titre "Soca party sur la plage" en 1986.
Pour ce qui est du calypso, les Français en ont souvent entendu
au milieu des années 1950 et ont pu danser langoureusement
sur des titres comme "Banana Boat Song"/"Day-O" d'Harry Bellafonte
(titre utilisé dans le film "Beetlejuice" pour faire danser
malgré eux les convives d'un repas, une scène qui m'amuse toujours).
Le calypso se dansait déjà de manière langoureuse, à petits pas et
avec une mobilité des hanches (mais une distance
de quelques centimètres était de rigueur entre les partenaires), et
le soca en a hérité les bases.
Pour finir cet article, je vais reprendre
une image (ci-contre) qui circule sur Internet et les réseaux sociaux.
Elle donne en quatre images une certaine évolution de la manière
de danser dans les soirées "jeunes". En 1970, on pouvait encore trouver
de nombreuses personnes dansant à deux dans les règles de bienséance.
En 1980, c'est la continuité du disco et chacun pour soi. En 1990,
c'est la soca dance et les rapprochements suggestifs des hommes derrière les
femmes. Enfin en 2011, c'est le daggering et là, tout est très explicite
avec le consentement des femmes qui en rajoutent. Même si ce n'est qu'une
branche extrême de l'évolution (on continue toujours à beaucoup danser
en couple avec les règles de savoir-vivre et les adeptes du daggering sont
une minorité), cela doit aussi sûrement dénoter d'une certaine évolution
de la société, passée d'un modèle d'autorité patriarcale à un modèle
plus libéral pour ce qui concerne les plus jeunes. Il paraît que cette
manière de danser se rencontre de plus en plus fréquemment dans les
mariages aux USA. Si cela se passe entre adultes consentants, cela
peut encore passer, mais il semble que les adolescents
(et même les préadolescents à partir de 11 ans !) s'approprient
de plus en plus cette mode un peu violente sur les bords. Tout cela
se fait via des vidéos sur Internet et non pas le canal des
clips vidéo diffusés à la télévision. Comme le "Guardian", les médias anglophones parlent
beaucoup de cette pratique qui est devenue un sujet de société.
En tout cas, il semble que
l'on ait d'ores et déjà recensé des séquelles au niveau du bas ventre
de certains pratiquants mâles un peu trop exaltés. Comme quoi, mieux vaut
parfois garder quelques distances...
Voilà un moment que je n'avais pas publié d'article dans ce blog.
La faute à un emploi du temps surchargé par de multiples activités liées
à la danse évidemment. En réalité, il y avait aussi beaucoup d'activités
liées aux livres, dont la sortie des nouveautés du moment dans le catalogue
de ma maison d'édition et la préparation du Salon du livre de Paris.
D'ailleurs, merci à ceux qui sont venus nous visiter le samedi après-midi.
C'était une occasion d'échanger avec les danseurs-lecteurs en région parisienne.
Bref, je reviens cette semaine avec un article à propose d'une chanson et une
chorégraphie qui fait fureur en ce moment : "Ai se eu te pego", chantée
par le brésilien Michel Teló. Cet article a mis du temps à sortir, mais
d'un autre côté il est, je crois, suffisamment détaillé pour compenser...
"Ai se eu te pego", que l'on peut traduire par "Oh si je t'attrape",
est à l'origine une chanson brésilienne écrite en portugais en 2008
par Sharon Acioly et Antônio Dyggs. Elle fut interprétée en premier par
Os Meninos de Seu Zeh. Ensuite, elle fut reprise par divers groupes brésiliens
dont Cangaia de Jegue et sa version style reggae
jusqu'à ce qu'en juillet 2011, le Brésilien Michel Teló s'en empare et
la popularise dans le
monde entier au point d'en faire une version en anglais "Oh, If I Catch You!"
(dont la vidéo est sortie en janvier 2012).
Cela commence par le Brésil ou le titre atteint rapidement la première
place des hit-parades, puis ce fut au tour de l'Espagne, puis des autres pays.
Plus récemment, des remixes pour discothèques ont été réalisés à partir
de cette chanson dont la plus connue interprétée par Inna.
Voici le texte original de la chanson avec une traduction (qui n'est pas de moi)
qui permet un peu de comprendre certains mouvements suggestifs
de la chorégraphie associée dont je parlerai plus loin.
Ai Se Eu Te Pego / Oh si je t'attrape
Nossa, nossa
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Delícia, delícia
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Sábado na balada
A galera começou a dançar
E passou a menina mais linda
Tomei coragem e começei a falar
Nossa, nossa
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Delícia, delícia
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Sábado na balada
A galera começou a dançar
E passou a menina mais linda
Tomei coragem e começei a falar
Nossa, nossa
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Delícia, delícia
Assim você me mata
Ai se eu te pego, ai ai se eu te pego
Divine, divine
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Délicieuse, délicieuse
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Samedi en soirée
La foule a commencé à danser
Et la plus belle fille est passée
J'ai pris courage et j'ai commencé à parler
Divine, divine
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Délicieuse, délicieuse
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Samedi en soirée
La foule a commencé à danser
Et la plus belle fille est passée
J'ai pris courage et j'ai commencé à parler
Divine, divine
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Délicieuse, délicieuse
C'est comme cela que tu me tues
Oh si je t'attrape, oh oh si je t'attrape
Traduction réalisée par lolita-shatia
et Kokonuts (site paroles-musique.com)
Pour ce qui est de la chorégraphie, j'avoue que les
choses sont moins claires... Il y a évidemment ces stars
du football, du rugby ou du tennis que l'on voit esquisser quelques mouvements
au son de la chanson fin 2011 : Neymar, Cristiano Ronaldo,
Rafael Nadal, etc. C'est de là que certains mouvements ont été
propagés dans les médias internationaux. La vidéo la plus ancienne
que j'aie pu trouver présentant une chorégraphie sur ce titre est
celle du groupe Cangaia de Jegue déjà évoqué plus haut. Elle date
de 2008, année de la sortie de leur single "Ai se eu te pego!".
Voici la vidéo en question et on y voit bien dès cette époque
des mouvements caractéristiques lors du refrain.
Il semble qu'en réalité seul le refrain de la chanson
soit dansé de la même manière partout. Pour le reste, diverses versions
existent en vidéo sur Internet. Il y a la version "street dance",
la version "zumba" (disons même plusieurs dans ce cas), etc.
En tout cas, Michel Telo ne fait la promotion d'aucune chorégraphie
ni dans ses clips, ni sur son site Internet. Il n'y a donc pas
de chorégraphie officielle. Celle que je vous
propose en premier ci-dessous a pourtant été libellée
comme chorégraphie officielle sur Youtube, mais j'ai l'impression
qu'elle a été créée pour accompagner la reprise de la
chanson par Manuel Malanotte. On pourrait penser que je
l'ai choisie à cause des danseuses présentes dans la vidéo, ce n'est
pas la vraie raison (si, si je vous assure !). C'est plutôt ma sensibilité
salsa qui a parlé (quelques pas on 2 y sont présents). Voici donc
le détail de cette chorégraphie.
REFRAIN
4- Main sur tête en bas orientation droite, puis on lève la tête
(genoux fléchis orientés comme la tête)
Main sur tête en bas, orientation gauche, puis on lève la tête
(genoux fléchis orientés comme la tête)
4- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Se faire du vent au visage des 2 mains
3- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
5- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Claquer des mains devant,
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
4- Caresser de la main droite du buste vers ventre
avec vague du corps à droite
Caresser de la main gauche du buste vers ventre
avec vague du corps à gauche
4- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Se faire du vent au visage des 2 mains
3- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
5- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Claquer des mains devant,
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
INSTRUMENTAL
4- Pas battu simple vers la droite avec main droite dans les cheveux cheveux
Pas battu simple vers la gauche avec main gauche dans les cheveux cheveux
Double pas vers la droite (chassé)
4- Pas battu simple vers la gauche avec main gauche dans les cheveux cheveux
Pas battu simple vers la droite avec main droite dans les cheveux cheveux
Double pas vers la gauche (chassé)
Faire 1/4 de tour à gauche
4- Pas battu simple vers la droite avec main droite dans les cheveux cheveux
Pas battu simple vers la gauche avec main gauche dans les cheveux cheveux
Double pas vers la droite (chassé)
4- Faire 1/2 tour à gauche en tendant bras en haut sur 1/2 temps
Vague avec mains descendant de tout en haut vers le bas
COUPLET
8- Ecarter pied droit à droite
Pas de salsa croisé arrière à droite
Pas de salsa croisé arrière à gauche
Pas de salsa croisé arrière à droite
Pas de salsa croisé arrière à gauche
(attention pas de temps de pause ici)
4- Mambo inversé (pied droit avant, pied gauche arrière)
4- Pivot en 4 pas centré sur le pied gauche
4- Pied droit en avant avec arc de cercle bras droit en avant
puis reposer le poids du corps sur le pied gauche
et écarter le pied droit (pas "numero dos" en salsa)
Pied gauche en avant avec arc de cercle bras gauche en avant
puis reposer le poids du corps sur le pied droit
et écarter le pied gauche (pas "numero dos" en salsa)
4- Pas chassé à droite avec coupe-coupe des bras à droite
Pas chassé à gauche avec coupe-coupe des bras à gauche
4- Pied droit en avant avec arc de cercle bras droit en avant
puis reposer le poids du corps sur le pied gauche
et écarter le pied droit (pas "numero dos" en salsa)
Pied gauche en avant avec arc de cercle bras gauche en avant
puis reposer le poids du corps sur le pied droit
et écarter le pied gauche (pas "numero dos" en salsa)
4- Pas chassé à droite avec coupe-coupe des bras à droite
Pas chassé à gauche avec coupe-coupe des bras à gauche
Et on recommence au début (refrain)
Cette chorégraphie est présentée dans la vidéo ci-dessous.
Cette vidéo n'est pas très bien montée, car il y a parfois des
décalages de l'enchaînement par rapport à la musique, mais
la synchronisation est rétablie au changement de plan. En cas de
doute, référez-vous à la description textuelle que je viens
de vous livrer ! Attention, l'enchaînement est modifié en fin de
morceau pour coller à la musique.
Il y a une autre chorégraphie que je trouve assez sympa et assez proche
de celle que je viens de décrire, bien que moins riche et donc plus simple
à apprendre. Elle est promue
par le groupe Los Locos (un groupe italien, je pense) qui fait une reprise du titre.
Je décompose ici aussi les mouvements.
REFRAIN
4- Poings en haut, bras tendus à gauche,
(genoux fléchis orientés comme la tête)
Ramener les poings à la taille,
Poings en haut, bras tendus à droite,
(genoux fléchis orientés comme la tête)
Ramener les poings à la taille,
4- Se faire du vent au visage des 2 mains
Tout en faisant des pas battus gauche, droite
3- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
5- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Claquer des mains devant,
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
4- Poings en haut, bras tendus à gauche,
(genoux fléchis orientés comme la tête)
Ramener les poings à la taille,
Poings en haut, bras tendus à droite,
(genoux fléchis orientés comme la tête)
Ramener les poings à la taille,
4- Se faire du vent au visage des 2 mains
Tout en faisant des pas battus gauche, droite
3- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
5- Pointer la main droite devant
Pointer la main gauche devant
Claquer des mains devant,
Ramener les deux mains à la taille en avançant le bassin
INSTRUMENTAL
4- Pas battu simple vers la gauche en ramenant les mains devant les pectoraux
Pas battu simple vers la droite en ramenant les mains devant les pectoraux
Double pas vers la gauche (chassé)
4- Pas battu simple vers la droite en ramenant les mains devant les pectoraux
Pas battu simple vers la gauche en ramenant les mains devant les pectoraux
Double pas vers la droite (chassé)
4- Pas battu simple vers la gauche en ramenant les mains devant les pectoraux
Pas battu simple vers la droite en ramenant les mains devant les pectoraux
Faire 1/4 de tour à gauche
Puis double pas vers la gauche (chassé)
4- Faire 1/2 tour à droite en mettant les mains sur les hanches
(tête tournée vers l'avant)
Rouler des hanches en descendant puis remontant
COUPLET
4- (rythmique : 1 et 2 et 3, 4 et)
Avancer le pied droit dans la diagonale avant-droite
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Ecarter le pied droit à droite
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit
4- (rythmique : 5, et 6 et 7, 8 et)
Avancer le pied gauche dans la diagonale avant-gauche
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Ecarter le pied gauche à gauche
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche
4- (rythmique : 1 et 2 et 3, 4 et)
Avancer le pied droit dans la diagonale avant-droite
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Ecarter le pied droit à droite
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit
4- (rythmique : 5, et 6 et 7, 8 et)
Avancer le pied gauche dans la diagonale avant-gauche
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Ecarter le pied gauche à gauche
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche
4- (rythmique : 1 et 2 et 3, 4 et)
Avancer le pied droit dans la diagonale avant-droite
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche,
Ecarter le pied droit à droite
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit
4- (rythmique : 5, et 6 et 7, 8 et)
Avancer le pied gauche dans la diagonale avant-gauche
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Reculer le pied gauche dans la diagonale arrière-droite,
Reposer le poids du corps sur le pied droit,
Ecarter le pied gauche à gauche
Reculer le pied droit dans la diagonale arrière-gauche,
Reposer le poids du corps sur le pied gauche
8- Pivoter en 8 pas centré sur pied gauche avec moulinets des bras
Sur la rythmique : lent, lent, vite, vite, vite, vite
Et on recommence au début (refrain)
Voilà, vous savez tout... ou en tout cas tout ce que je sais !
J'espère que cela vous permettra de vous préparer pour l'été
où, j'en suis persuadé, "Ai se eu te pego" et ses multiples
chorégraphies ne manquera pas de marquer vos soirées et vos
séjours en village vacances en France et à l'étranger !
Voici déjà plusieurs années que j'écris dans ce blog que
j'attendais avec impatience l'arrivée en France de
l'émission américaine "So You Think You Can Dance". Il y avait eu
la diffusion de la saison 3 sous-titrée en français il y a quelques
mois sur DirectStar (canal 17 de la TNT), mais pas de
version complètement française. Cette année, mon souhait se voit
réalisé sur NT1 (canal 11 de la TNT et chaîne du groupe TF1)
et ça passe en ce moment,
chaque jeudi de 20h45 à 23h10 environ. Alors que la troisième
émission de la saison vient d'être diffusée, il est temps que je
me prononce ici sur cette adaptation française.
Commençons par parler de l'émission originale américaine.
"So You Think You Can Dance" (abrégé à l'écrit en "SYTYCD")
est une émission-concours créée en 2005
et produite Simon Fuller et Nigel Lythgoe. Le principe de base
est similaire à des émissions comme "La nouvelle star", mais il
n'y a ici que de la danse. On commence avec des milliers de candidats
qui participent aux sélections libres (à la manière des castings individuels)
dans diverses villes américaines. À l'issue de cette première étape,
les sélectionnés se voient offrir un billet d'avion pour Las Vegas,
ville où a lieu la seconde étape : les éliminatoires qui prennent la
forme d'ateliers avec chorégraphies imposées. À la fin de
cette étape ne restent que 20 danseuses ou danseurs (16 pour la saison 1)
qui vont participer à la suite et être éliminés deux à deux (un garçon
et une fille par semaine, puisqu'ils dansent à deux)
à chaque émission sous le vote des téléspectateurs
jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux finalistes, dont le gagnant.
Le gagnant de l'émission est donc élu
"danseuse/danseur préféré(e) des Américains". Le vote des
téléspectateurs n'est pas l'unique mode de sélection : il y a un
jury composé de 4 personnes, généralement N. Lythgoe (le producteur exécutif
qui connaît aussi bien la danse, il pratique en particulier les claquettes),
un spécialiste des danses en couple (généralement M. Murphy qui fait de
la danse sportive), un spécialiste de la danse contemporaine/moderne
(là, ça varie selon les saisons, mais M. Michaels est souvent là) et
enfin un chorégraphe d'une autre discipline qui varie selon les émissions
(hip-hop, krump, etc.) voire même dans la dernière saison une célébrité de
type guest star (il y a eu Lady Gaga ou Debbie Reynolds, bien connue pour sa prestation
dans "Chantons sous la pluie" et d'autre films hollywoodiens). Sur l'ensemble
d'une saison, de nombreux styles de danse sont chorégraphiés (il y a un
tirage au sort du style en question pour chaque couple/duo de candidats) et
on passe de la danse contemporaine, au hip-hop en passant pas la valse,
le quickstep, la salsa ou encore la danse bollywood ou le disco. Bref, un spectacle
très complet où les chorégraphes rivalisent d'inventivité pour mettre en
valeur les talents des différents candidats danseurs. Une fois la saison
achevée, une tournée est organisée avec les 10 meilleurs danseurs de l'émission
et le vainqueur se voir offrir le fait de participer à de prestigieux spectacles
(comme, une année, de faire partie des danseurs de Céline Dion à Las Vegas)
et une somme d'argent. Ajoutons que les sélections de la saison 9 sont
actuellement en cours dans cinq grandes villes américaines.
Voilà donc pour ce qui se passe aux USA... Et en France ?
En France, l'émission s'appelle "You Can Dance". Pourquoi toujours traduire
un titre anglais par un titre anglais différent. Il est sûr que le
"Tu crois que tu sais danser ?" de DirectStar n'était pas mieux. Je pense que
le titre aurait dû rester identique, d'ailleurs le générique contient
toujours le "So You Think" manquant, mais passons. L'émission est basée sur
le même principe qu'aux USA, mais le casting initial s'est fait à Paris uniquement,
les sélectionnés n'ont pas "un billet pour d'avion pour Las Vegas",
mais gagnent une "entrée à l'atelier", enfin le jury n'est pas composé de 4
personnes, mais de 3. Lors des deux premières émissions, le jury était composé
de Kamel Ouali (on le connaît depuis la StarAc' et ses comédies musicales),
Julier Ferrier (comédienne & ancienne danseuse), Nico Archambault
(vainqueur de SYTYCD Canada en 2008 pour la saison 1). Ce sont eux qui ont sélectionné
les 16 danseuses/danseurs pour la suite de l'émission. Lors de la troisième
émission, Julie Ferrier a été remplacée par Shy'm (qui a dernièrement remporté
la seconde saison de "Danse avec les stars" sur TF1). On n'a pas eu l'explication
de ce changement qui devrait continuer avec une personnalité différente à
chaque fois. Budget limité ? Pas de 4e siège pour un 4e jury invité ?
Mais, pour l'instant, je n'ai vu aucun spécialiste de danse en couple !
Dans la version canadienne, il y a au moins en permanence Jean-Marc Généreux (qui est
décidément partout puisqu'il a participé à SYTYCD USA et à Danse avec les stars
en France) et, ponctuellement, Mary Murphy (de SYTYCD USA). Je trouve cette situation
paradoxale puisque les chorégraphies, qu'elles soient contemporaines, hip-hop ou
de danse sportive, seront toutes effectuées en couple par les candidats-danseurs.
Et il est certain qu'on ne danse pas en solo comme on danse à deux. L'émission
doit trouver ses marques, nous verrons donc si le dispositif évolue au fil des
émissions (et peut-être des saisons). Enfin, sur ces aspects d'organisation,
la présentation est faite par Benjamin Castaldi qui, contrairement à son habitude,
reste sobre et, je crois, professionnel (nonobstant un petit bafouillage malheureux
lors de l'annonce de la "mise en danger" de deux candidats lors de l'émission 3
pour faire durer le suspens).
Que dire d'autre à l'issue des trois premiers numéros de l'émission
française ? Tout d'abord, c'est bien une adaptation de l'émission
américaine, mais nous n'avons pas les charismatiques membres du jury
américain (ni le "Hot Tamale Train" de Mary Murphy, pour ceux qui ont
déjà vu l'émission). Je mets plus bas un extrait de l'émission d'origine
afin de vous donner une idée.
Il manque donc un brin de folie qui fait le succès
aux USA. Ensuite, on ne distingue pas de leader entre Nico Archambault
et Kamel Ouali ; je crois qu'avoir un décideur dans l'équipe, comme
le producteur exécutif de l'émission américaine Nigel Lythgoe, aurait
été profitable. Du côté des danseurs, il n'y a pas de souci : les danseurs
français ont un bon niveau. Ils sont partis 1200 candidats et il n'en
reste que 16 pour l'émission, ce qui montre bien la rude tâche du casting initial.
Le jury a veillé à la représentation de styles très différents parmi les 16,
alors que la danse contemporaine et le hip-hop étaient surreprésentés
lors des sélections. Mais il est vrai qu'il est difficile de faire
des solos spectaculaires lorsqu'on est danseur en couple à la base.
Il ne faut pas oublier que
l'émission ne va pas élire le meilleur danseur, mais le danseur
préféré des téléspectateurs français avec l'exercice imposé
de pouvoir faire du spectaculaire sur une variété de styles.
C'est l'effet un peu pervers
du vote du public qui est néanmoins tempéré par le repêchage opéré
par le jury à chaque fin d'émission. Il s'agit bien d'une émission
de télévision et non de la retransmission d'une compétition académique...
Côté esthétique, j'ai trouvé jusqu'ici la réalisation un peu gênante
au niveau du cadrage des chorégraphies. Le réalisateur et les cameramen
feront sûrement des progrès avec la pratique. Il est dommage de couper
fréquemment les pieds de danseurs qui dansent avec tout leur corps...
Enfin, j'ai un problème avec le choix de certaines musiques, comme
par exemple le fait de faire faire un quickstep sur "La groupie du pianiste"
de Michel Berger. Ca ne colle vraiment pas ! Cela a été
visiblement handicapant pour les concurrents. D'accord pour un peu de
modernité, mais il ne faut pas pousser trop loin. Cela semble être dû à
une volonté de donner une image plus jeune des danses de salon et je pense
que cela les dénature plutôt dans ce cas. J'avais d'ailleurs fait cette même
remarque pour certains numéros de "Danse avec les stars" sur TF1.
Ne croyez pas que je sois négatif en lisant ce que j'ai écrit jusqu'ici
(tout n'est d'ailleurs pas négatif... et en plus j'aime bien les critiques constructives).
Je suis au contraire content de l'arrivée en France de "You Can Dance",
dont le concept est excellent à la base (contrairement à d'autres
émissions dont j'ai déjà parlé dans ce blog).
Il y a des danseurs de bon niveau, la mécanique de l'émission américaine
fonctionne plutôt bien (même si les équipes françaises doivent se l'approprier
encore un peu), des profils variés et atypiques sont mis en lumière et
la France découvre que l'on peut danser à deux de jolie façon sans pour
autant se cantonner aux danses de salon.
Bref, cela fait un joli spectacle à regarder le jeudi
soir en prime time. Pourtant, pour avoir vu toutes les émissions des 8 saisons
de l'édition américaine, je trouve que l'édition française doit
encore progresser pour arriver au niveau de ce qui se fait outre-Atlantique.
Par ailleurs et d'un point de vue très personnel, j'espère que
l'édition française saura introduire des danses en couple que j'aime beaucoup
comme le lindy hop, la salsa ou encore le rock (qui est quand-même
une manière de danser typiquement française !). Avec des danses comme le
rock (ou -- pourquoi pas? -- la java ou la valse musette), il y aurait une vraie
originalité et un plus par rapport à ce qui se fait outre-Atlantique.
Désirant développer l'édition de livres
pour les danseurs et par les danseurs, j'ai créé ma maison d'édition en 2006.
Cela a débuté par mon livre "Le rock'n'roll : technique de danse et pratique",
résultat de plusieurs années de travail et de formalisation des bases de
cette danse largement pratiquée en France. Depuis ces débuts où,
d'étape en étape, j'ai développé divers ouvrages liés à la danse, je
n'avais pas encore édité d'auteur français. Je suis passé de l'étape
de l'auto-édition à l'étape de l'édition en français de livres
américains. L'autobiographie de Frankie Manning a été le premier
projet et il fait encore référence aujourd'hui par rapport à l'édition
d'origine. Une nouvelle étape se concrétise en mars avec la sortie
du premier livre original écrit par une Française et édité
aux éditions Rolland, la maison d'édition que j'ai créée.
Ce livre a pour titre
"Les Sourieurs de l'Opéra". Lorsque son
auteur, Aurore Rivals, m'a proposé son manuscrit il y a plusieurs
mois, je me suis dit qu'il y avait dans ce texte une originalité
de ton mêlée à une action qui se déroule dans le monde du ballet
classique. Après la lecture de ce texte initial, j'ai donc décidé
d'accepter ce projet, ainsi que le travail d'accompagnement que
tout éditeur se doit de faire pour mener un auteur à "accoucher"
de son texte sous une forme commercialisable. Le rôle d'un
éditeur digne de ce nom (aussi spécialisé soit-il dans un domaine, comme
moi dans la danse)
est d'être présent aux côtés de son auteur et de le complémenter
dans un échange de points de vue constructif basé sur le texte
d'origine et les contraintes d'une publication au grand public.
Il est rare qu'un auteur sorte d'une traite un texte parfait
(et encore... peut-on considérer qu'un texte est un jour parfait ?),
à moins d'en être à plus de vingt ouvrages publiés et mûrement
revus en étroite collaboration avec un correcteur. L'expérience
fait qu'un auteur s'améliore au fil de ses ouvrages. Bref,
nous avons travaillé de concert sur ce texte qui a été repris
plusieurs fois afin d'aboutir au livre qui va sortir mi-mars 2012.
Je vous livre ici le texte de la quatrième de couverture de ce livre d'Aurore Rivals. Le sourire est leur métier, la danse est leur passion : Nils, Chrissy et Cillian sont les danseurs étoiles de l'Opéra. Nils se prend pour la réincarnation de Maximilien Robespierre et mène sa révolution très personnelle aussi bien à l'Opéra que dans sa vie intime. Eddy, le maître de ballet, homme sombre et solitaire, porte sur le monde un regard d'une extrême lucidité. Il sait déjouer les comédies humaines, celle des autres comme la sienne, mais son esprit trop clairvoyant finira par avoir raison de lui. Ce roman nous fait découvrir des éclats de vie de ces personnages qui, à leur manière, font leur révolution dans l'univers de l'Opéra et du ballet classique. Les interprètes du Lac des Cygnes vont ainsi peu à peu dévoiler le côté blanc et le côté noir de leur existence.
Et voici un court extrait pour vous en donner une idée. (p. 19) - Alors, princesse, on est prête ?
Chrissy est en train d'écraser le bout de ses pointes
dans le bac à colophane d'un air absent. Elle aime
se perdre dans ce geste quotidien qui l'apaise, qui lui
permet de faire abstraction de toutes les angoisses avec
lesquelles elle a rendez-vous, sans faute, la veille du
spectacle. La chevauchée des mauvaises pensées, elle
apprend à vivre avec, elle ne cherche pas à les fuir, mais
ne les laisse pas non plus la posséder. Tout à l'heure,
il ne faudra pas faillir, il ne faudra pas leur laisser
l'opportunité de faire la comparaison et de penser à
une autre danseuse ; enfin, il faudra faire en sorte que
Chrissy en blanche Odette et en noire Odile, ce soit
une évidence. Chrissy enfile ses chaussons comme une
jeune justicière enfile ses gants de cuir. Ce soir, elle
part au combat. Nils se poste devant elle, lui tend
impérieusement un frêle coquelicot qu'il a pris le temps
de choisir et de cueillir exprès pour elle.
- Tiens, c'est pour donner des couleurs à ta petite
loge... parce qu'elle est un peu tristounette. Tu devrais
la décorer.
Nils accompagne ses paroles d'un geste vague et
désigne les murs de la loge entièrement nus. Seule une
petite photographie en noir et blanc est collée en haut à
droite du grand miroir central.
C'est la mère de Chrissy,
celle qu'elle se plaît à appeler la "Mère Courage", celle
qui se débat avec l'existence, avec son propre âge, avec
la vieillesse de ses parents et avec les angoisses de sa fille.
Combien de fois a-t-elle caressé ses cheveux d'or alors
que le petit corps de Chrissy se crispait en de terribles
convulsions à presque chaque veille de spectacle ?
Les Sourieurs, ce sont ces danseurs que nous voyons sur scène,
au sourire permanent, qui semblent danser avec élégance mais sans effort
des pièces imposant la difficile discipline du ballet classique
comme "Le Lac des Cygnes".
Ils passent une bonne partie de leur temps à l'Opéra, mais ils
ont aussi leur vie en dehors de la scène. Certains comme Nils
ont même une conception très personnelle de la vie. Mais que
savons-nous de ces artistes, au fond ? Que peut-il bien se passer
dans leur vie en dehors des deux heures que dure le spectacle que
nous regardons, médusés sur notre siège ? "Les Sourieurs de l'Opéra"
nous parle de certains de ces personnages qui, finalement, sont
comme nous : ils mangent, ils dorment, ils ont des sentiments,
des joies, des peines. Aurore Rivals, musicienne de formation,
tire en partie son inspiration du fait d'avoir côtoyé des danseuses
et des danseurs durant des années entières. Elle les a observés,
elle les dépeint avec un regard facétieux qui, parfois, nous fait
sourire et, d'autres fois, nous émeut. Le ton qu'elle emploie est
loin du babillage mielleux pour petites filles
que l'on lit habituellement autour des ballerines
et des ballets classiques. C'est un ton et une histoire modernes,
réalistes, avec des personnages attachants. J'espère que vous
aurez envie de découvrir ce livre de 144 pages à prix
abordable (aux alentours de 12 euros) et de le faire découvrir autour
de vous. D'ailleurs, vous pouvez retrouver la page Facebook du
livre "Les Sourieurs de l'Opéra" ici, ainsi que la page Facebook des
éditions Rolland ici. Enfin, sachez que tant que le livre n'est pas sorti en
librairie, il vous est possible de le précommander à tarif préférentiel
en utilisant le formulaire présenté ici, sur la page de description du livre du site Rolland éditions.
Le choix d'accepter ou refuser un livre est difficile.
J'ai beau animer une maison d'édition dédiée à la danse, aux danseuses
et aux danseurs (et par extension à la musique), je ne peux pas
pour autant accepter tous les projets de livre qui me sont proposés.
D'abord pour des raisons de capacité de production (rien à voir
avec les grosses maisons d'édition qui tirent à 100 000 exemplaires
et qui font des bénéfices conséquents), ensuite pour des raisons
financières puisque, comme je me trouve dans une "niche", il y a
assez peu de ventes et donc peu de revenus à investir dans de
nouveaux projets qu'il me faut donc choisir avec justesse.
J'édite actuellement environ 2 ouvrages par an. Difficile de faire
davantage, malgré les encouragements et les sollicitations
de toutes parts de sortir des livres de technique de niveau
intermédiaire ou avancé... Ainsi plus les livres que j'édite auront
du succès, plus je serai en mesure d'éditer de nouveaux projets
à destination des amateurs de danse. N'hésitez pas à faire
connaître ces livres autour de vous, sans les moyens des gros
éditeurs pour faire de la publicité, seul le bouche à oreille
peut faire connaître les livres que j'édite !
Les deux premières parties de cet article ont permis de comprendre
en quoi consiste le port de talons qu'ils soient bas ou hauts, ainsi que
l'impact que celui-ci pouvait avoir non seulement sur nos pieds, mais aussi
sur la santé de notre corps tout entier. Nous voici enfin arrivés à la
troisième partie qui concerne tout particulièrement le port de talons
en danse, et particulièrement en danse latine. Je me base ici tout
particulièrement --- mais pas seulement ---
sur une étude publiée en 2010 (et qui, en fait,
m'a donné l'idée de cet article en trois parties).
1. Origines historiques et marche sur talons hauts
2. Des contraintes et des maux pour tout le corps 3. Danser sur des chaussures à talon (cet article)
PARTIE 3
Les chaussures à talons : danser sur des talons
Selon la danse que l'on pratique, l'impact du port de talons n'est
pas le même. Lors de la pratique de certaines danses, on porte peu
(voir pas du tout) de talons alors que d'autres danses conviennent
particulièrement au port de talons. La différence est particulièrement
visible au niveau des chaussures des danseuses. Dans le domaine des
danses swing, le talon est bas et large ; dans le domaine des danses
standard, le talon est bas à intermédiaire et fin ; dans le domaine
des danses latines, le talon est intermédiaire à haut et fin.
D'autres différences sont notables entre les danses "percussives"
des claquettes ou du flamenco où les semelles sont rigides comme
les chaussures de ville (ou les chaussures décrites dans la première
partie de cet article) et les danses en couple où les semelles
sont souples (peut replier la chaussure sur elle-même). C'est
d'ailleurs la semelle rigide qui permet la pose de fers pour les
claquettes (un fer sur la demi-pointe, un fer sur le talon).
Si, lorsqu'on va "clubber" ("danser en club" si vous préférez),
les filles peuvent porter les talons très hauts le temps d'une soirée,
il n'en va pas de même pour les soirées dansantes où l'on pratique
le rock, la salsa, le tango, etc. Ces danses vont au-delà du pas
de marche ou du simple posé-pointé alterné. Ainsi, si des plateformes
et les talons de 12 cm à la mode permettent de clubber,
il est difficile de danser réellement sur des talons de plus
de 8 cm (ou 3,5 pouces, unité plutôt utilisée à l'étranger).
Les chaussures des danses standard (valse, etc.) ont des talons
assez bas, ce qui s'explique par le fait que la pose du pied lors
d'un mouvement en avant se fasse en commençant par le talon,
puis le pied se déroule vers la demi-pointe. Les chaussures de danse latine
pour femmes ont généralement des talons
de 6,5 à 7,5 cm (2,5 ou 3 pouces) avec une semelle souple.
Ce talon
plus haut s'explique par le fait qu'un mouvement en avant se fasse
en posant la pointe du pied en premier au sol avant de poser le
talon. C'est d'ailleurs cette technique commune aux hommes et aux
femmes qui permet aux danseurs le port de chaussures à talon cubain
jusqu'à 4 cm de haut. À noter qu'en tango argentin et en salsa
portoricaine, les danseuses peuvent utiliser des talons plus hauts
que pour les danses latines. D'ailleurs, en tango argentin, les
talons sont parfois "aiguilles", car la technique de danse n'est pas
caractérisée par un fort appui sur le talon, au contraire les "ochos"
se font particulièrement sur les demi-pointes (cette partie de la semelle
est généralement plus rigide que pour les autres chaussures de danse).
Dernier détail important, les chaussures de danse ont une bride/lanière
autour de la cheville pour maintenir le talon à l'arrière de la chaussure.
Cet élément est important pour éviter les désagréments et pertes de chaussures...
Ce n'est pas parce que ce sont des chaussures de danse qu'il est facile
de se mouvoir sur des talons plus ou moins hauts. Je me rappelle la première
fois où j'ai chaussé mes chaussures latines à talon cubain et j'avoue que
je n'étais pas à l'aise pour marcher. En revanche, pour danser le cha-cha,
elles étaient très confortables. Lorsqu'on se tient debout immobile en
chaussures à talon, c'est comme ce que j'ai évoqué dans la première partie
de cet article : il faut se tenir droit, les abdominaux engagés. Si l'on
essaye à présent de marcher, il faut se conformer au style de la danse
que l'on souhaite pratiquer. Dans le cas précis des danses latines
(cha-cha, rumba, mambo, etc.), l'avant du pied avance en premier et reste
en contact avec le sol, mais il ne faut pas oublier de mobiliser les
hanches afin de compléter la démarche où tout le corps avance en un seul
ensemble. Pour acquérir cette technique, rien de tel que des cours de danse,
évidemment ! Cela évitera sûrement quelques entorses, car il faut rester
attentif à la position des pieds et ne pas se relâcher pour éviter tout
problème. Avec la pratique, le renforcement musculaire (mollets) et tendineux
adéquat se fait et la cheville gagne en stabilité. Il est aussi conseillé
de s'exercer en se tenant en équilibre pendant plusieurs secondes sur
la demi-pointe des pieds sans chaussures. Si on fait cet exercice en
chaussures, il faut que le talon soit décollé du sol. Certains se rappellent
sûrement cette scène de "Dirty Dancing" où Patrick Swayze et Jennifer Gray
s'entraînent : vous vous demandiez pourquoi celle-ci dansait sur
les demi-pointes ? Eh bien, vous avez la réponse aujourd'hui !
Lorsqu'on s'entraîne
à un certain style de danse, c'est donc la répétition qui va faire entrer
les bons mouvements dans notre corps. Cette répétition va également
intégrer dans nos mouvements la position du pied et donc la hauteur du
talon. Il est donc fortement déconseillé de changer de hauteur de talon
pour travailler un même style de danse : non seulement le danseur ou
la danseuse perdrait une partie de son entraînement, mais en plus
il y aurait un risque d'accident ou de trébucher. Il n'y a donc pas
de secret, il faut pratiquer le plus possible dans un certain contexte
pour être à l'aise dans celui-ci.
Jusqu'il y a peu, les études scientifiques s'étaient intéressées à l'impact
de la position du pied sur celui-ci lors de la marche dans divers types de chaussures,
mais l'aspect intensif de la danse avait été négligé.
Il y a quelques mois, la revue "International Journal of Experimental and Computational Biomechanics"
a publié une étude (sept 2010, Vol. 1, No.3, pp. 296-305, étude conjointe de la
Liverpool John Moores University en Angleterre et du Human Movement Research Center en Chine)
concernant l'utilisation des
talons lors de la danse et en particulier la pratique des danses latines
comme le cha-cha.
Les résultats de cette étude montrent que danser en portant des talons
hauts -- peu importe la hauteur -- implique une pression disproportionnée
sur les orteils. Danser en talons de 10 cm de haut (ce qui est déjà très haut pour
des chaussures de latines) triplerait la pression sur les orteils alors
que danser les pieds nus équilibre la pression entre le talon et les orteils.
Le fait de danser sur des talons hauts implique un déplacement de l'appui
du talon vers l'avant du pied. Cette altération dans la répartition de la pression
peut mener à des problèmes plantaires, des irritations ou un gonflement de la
partie inférieure du pied qui entraîne des maux au niveau du talon.
L'équipe scientifique conseille le port de chaussures qui fournissent
un bon amortissement et un enveloppement du pied de manière à éviter ces
désagréments. Ce type d'étude pourra déboucher sur l'amélioration de la
conception des chaussures de danse à talons afin de réduire les effets
néfastes de leur port.
D'une manière générale, les études scientifiques n'ont relevé aucun lien
entre les problèmes de pieds dont souffrent les hommes et les chaussures
qu'ils portent. Ce n'est pas le cas des femmes qui, elles, portent en moyenne
beaucoup plus souvent des talons et des chaussures à lanières (sandales).
Ainsi, à l'âge de 65 à 74 ans, les maux de pieds font partie des 20 principales
raisons pour lesquelles les femmes consultent un spécialiste. Alors que ceux et
celles qui ne portent pas de chaussures ont un pied plus large et un espace plus
important entre le gros orteil et le suivant, les femmes portant souvent des
talons hauts ont les orteils collés les uns aux autres et éventuellement un
pied incurvé.
Lorsqu'on porte des chaussures à talon, il faut en prendre soin si l'on
veut les faire durer un peu. De plus, un talon fin peut tout aussi bien
abîmer ou rayer un sol. Pour ce genre de situation, les magasins spécialisés
vendent des protections en plastique pour talon. Il y a différentes formes,
adaptées à différents talons. Ces embouts sont obligatoires dans certaines
salles de danse et de nombreuses compétitions. Ajoutons que lorsque
l'extrémité du talon ("bonbout") elle-même est usée, celle-ci peut être généralement
remplacée sur des chaussures de danse à talon qu'elles soient pour femmes
ou pour hommes. Ce remplacement à neuf restabilisera la chaussure
(surtout si le talon est fin) et évitera des entorses inopportunes.
Pour conclure, je reprendrais ce qu'a dit
quelqu'un dont je ne me rappelle malheureusement plus
le nom : "Ginger Rogers a fait les mêmes pas de danse que Fred Astaire,
mais elle les a faits sur des talons !". Et, pour ceux qui l'ont
remarqué dans l'actualité récente, même Madonna arrive à danser
le Melbourne shuffle (voir l'article décrivant cette danse dans ce blog)
en talons sur le titre 'Party Rock Anthem" de LMFAO au SuperBowl !
Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet article en trois parties !
Il m'a fallu compiler de nombreuses sources d'information pour son
écriture en m'assurant de la fiabilité des informations. Lorsqu'on
danse, il est nécessaire de ne pas s'arrêter à la simple pratique
des mouvements et à l'utilisation d'accessoires a priori banals
comme des chaussures. Il faut creuser un peu et s'intéresser aux
à-côtés. C'est ce que j'essaye de faire et dont je partage le résultat
dans une forme synthétique dans ce blog (ou dans une forme plus
détaillée dans mes livres) dans des domaines variés
comme l'histoire, la science et la santé, la culture, la technique,
la musique, l'art, etc.
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