Le Blog UltraDanse.com est un complément aux articles sur la danse du site. Vous pouvez y naviguer par catégorie, par article, par date. Pour retourner au site principal UltraDanse, cliquez sur Accueil.
Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par
Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres
portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse
(du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque
page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire
sur tel ou tel article.
Nous y sommes... La rentrée des classes est en train d'avoir lieu
et la rentrée des écoles de danse ne va pas tarder à suivre.
Que l'on parle de portes ouvertes pour les écoles ou de forums
d'associations pour les assos, les organismes proposant des cours
se mettent en quatre pour accueillir les curieux ou les déjà
passionnés. Sur UltraDanse.com, la rentrée aussi se prépare.
En premier lieu, je vais reprendre mes articles alternant chroniques
et "dossiers découverte" qui vous permettent de découvrir
toutes les formes de danse et vous donnent à réfléchir sur
votre loisir préféré. Pour cela, rendez-vous dans quelques jours.
Mais UltraDanse.com, c'est aussi un site de services gratuits qui va
fêter ses 10 ans à la fin de l'année.
Cet été, on n'a pas chômé autour d'UltraDanse.com ! Je me fais
donc ici l'écho de toutes ces nouveautés impossibles à détailler
dans l'édito de quelques lignes généralement proposé en page d'accueil.
Qu'avons-nous donc comme nouveautés ? Alors, voyons, voyons...
Tout d'abord, petit lifting général. Les pages ont
été revues afin de corriger les liens erronés dus à
la mise en place de la nouvelle version du site. Quelques
fautes d'orthographe y ont été aussi corrigées au passage.
Certaines pages portent désormais la date de dernière
mise à jour afin de fournir au visiteur une indication
de fraîcheur des articles. Certains articles pourront donc
être actualisés et cela sera indiqué par le biais de la date.
Les articles de présentation des danses se voient
agrémenter d'une vidéo d'exemple. Ce complément avait souvent
été demandé par les visiteurs et nous nous sommes basés sur
les vidéos disponibles sur Youtube pour y répondre. Bien
sûr, nous avons sélectionné les vidéos avec soin de manière
qu'elles soient les plus représentatives possible sans
pour autant mettre en avant telle ou telle école ou tel ou tel danseur
(UltraDanse.com essaye toujours de rester neutre).
Le champ d'intérêt du site a été étendu à toutes les danses
sans exception (le bandeau du logo a d'ailleurs été modifié en
conséquence). Jusqu'ici, UltraDanse.com était spécialisé
dans les danses en couple et les danses en ligne, bref
une certaine catégorie de danses pratiquées dans des soirées dansantes.
À présent, grâce à mes articles "découverte" publiés
dans ce blog, le site présentera petit à petit toutes les autres
formes de danse. Le principe est que l'article paraît d'abord
dans le blog, puis il est remanié afin de devenir une page
de référence du site. L'opération a été faite pour la danse
classique, le hip-hop, les claquettes et elle le sera bientôt
pour les danses traditionnelles (oups, je crois que je viens
de dévoiler le sujet de mon prochain article !). De plus,
l'article original reste en ligne, mais une mention en bas de
celui-ci indique qu'il a été utilisé et, inversement, une mention
en bas de l'article remanié pointe vers l'article original
du blog qui, lui, contient naturellement plus d'informations.
Et quoi d'autre ? Eh bien, le site se voit agrémenté de
forums de discussion. Pour y poser une question ou donner
une information, il faut que les visiteurs se créent un
compte (login + mot de passe). Pas besoin de compte pour
uniquement consulter les messages. En revanche, l'équipe
de modération sera stricte sur les contenus (pas de pub
ou de propos déplacés). Le compte créé dans le cadre des
forums sera valide ultérieurement pour de nouvelles
fonctionnalités du site.
Une nouvelle rubrique "infos médias et actualités" a aussi
été créée. On en voit un résumé sur la page d'accueil du site.
Cette rubrique présente d'une manière détaillée des informations
sélectionnées dans le domaine des événements hors compétitions,
stages et cours de danse. Les sujets de prédilections sont donc :
les salons, les sorties culturelles (livre, DVD, cinéma, etc.),
l'annonce d'émissions de télévision sur la danse (n'hésitez pas
à nous faire passer les infos si vous en repérez !), des articles
intéressants dans des magazines, etc. En plus de cela, un
lien avec la sélection d'actualités sur Google News a été fait.
Vous pouvez donc avoir dans cette rubrique un flux continu
d'informations prédigéré par Google News et que nous actualisons
plusieurs fois par jour.
Une rubrique "boutiques de chaussures" a aussi été ajoutée. Un petit annuaire
de magasins de vente de chaussures de danse qui sera rempli au fil
des demandes. Si vous tenez un tel magasin, n'hésitez pas à nous
faire une demande de référencement en utilisant la page contact du site.
Chaque magasin est positionné sur la carte de France.
Enfin, un travail est en cours en partenariat avec le site
DanseSociale.org afin de présenter une rubrique "recherche
d'école de danse à proximité" directement sur UltraDanse.com. Le développement
est fini et la base de données est en cours de conversion.
Le résultat est particulièrement bluffant : vous saisissez votre
adresse postale, un rayon de recherche ainsi que vous sélectionnez
les danses que vous souhaitez pratiquer et UltraDanse.com vous
fournira la liste des écoles correspondantes et les positionnera
sur une carte précise et facile d'accès. Chaque école est
présentée avec les différents lieux de cours, un profil concis et
visuel des danses enseignées ainsi qu'un "indicateur de fraîcheur"
portant sur l'actualisation de la fiche de l'école en question
(une fonction unique et innovante !). Ce sera donc là la meilleure
fonction de recherche d'école de danse sur Internet, conçue par
des danseurs pour des danseurs. Il est probable que cette fonction
remplace petit à petit la recherche existant sur DanseSociale.org
(peut-être une intégration de ce dernier dans UltraDanse.com
est-elle à prévoir ? L'avenir nous le dira.). La disponibilité de
ce service est prévue courant septembre sur UltraDanse.com.
Je crois que je vais arrêter ici ma liste qui commençait à devenir interminable !
Toutes ces nouveautés montrent bien qu'UltraDanse.com est bel et bien le premier
site pour les danseurs sur Internet. Et, je le rappelle, tout est gratuit
depuis les origines du site (et ça en représente des centaines d'heures de travail !).
Les fiches de références sont particulièrement
travaillées pour éviter les erreurs, car elles sont écrites par des spécialistes.
En plus de toutes les fonctionnalités utiles que je vous ai présentées
(et des autres déjà présentes depuis longtemps), c'est la qualité du contenu
des articles d'UltraDanse.com qui fait qu'il se distingue de tous les autres sites.
D'ailleurs, de nombreux sites reprennent d'un simple copier-coller les articles
originaux parus sur UltraDanse.com sans même en citer la source (même
plusieurs articles de Wikipédia sont totalement ou partiellement copiés d'UltraDanse.com,
jetez-y un oeil un jour). Le nom même d'UltraDanse (mot inventé à la création
de ce site il y a 10 ans) a été utilisé par ailleurs sans demander de permission.
Comme notre objectif est de rendre service aux passionnés de danse, nous
n'allons pas entrer dans des procès d'intention, mais nous savons bien que
nous aurons toujours une longueur d'avance sur les autres (gratuité + originalité +
ancienneté + indépendance de toute école). Le fait que je chapeaute tout cela
en partenariat avec ma petite structure d'édition de livres permet d'assurer une
pérennité à ce site que des centaines de milliers de visiteurs sont venus consulter
jusqu'ici.
C'était le petit mot de la rentrée et j'aurais l'occasion de développer
quelques-uns de ces points dans un autre article, en décembre, à l'occasion
de l'anniversaire d'UltraDanse.com pour ses 10 ans. Bonne reprise à tous !
Nous nous retrouvons donc de nouveau pour cette saison régulièrement dans ce blog.
Bienvenue à tous les nouveaux qui nous rejoignent chaque semaine.
Pour marquer la saison chaude, je vous propose de partir dans
les îles. Non, pas l'île de Ré ou la Corse, mais beaucoup plus
loin, dans l'océan Pacifique. Je vous emmène aujourd'hui à Tahiti,
collectivité d'outre-mer faisant partie de la Polynésie française.
Aussi loin que je me souvienne, c'est là — j'y ai vécu 2 ans —
que j'ai fait, étant enfant, mes premiers
pas de danse en apprenant à l'école ce que
la majorité des Français métropolitains connaissent sous le nom
de tamure (prononcer "tamouré"). Il est temps pour moi de vous
faire découvrir cela avec un soupçon de culture tahitienne.
L'imaginaire collectif est très vivant par rapport à Tahiti :
des grandes plages désertes, des cocotiers, la mer bleue turquoise,
sans oublier les vahines (prononcer "vahiné") qui, au son des ukuleles,
dansent le "tamouré" vêtues d'un soutien-gorge en noix de coco,
un pagne en feuilles de bananier et
la fleur de tiaré fixée au-dessus d'une oreille. C'est très caricatural,
évidemment. En réalité, la danse tahitienne doit être appelée
'ori tahiti (le mot ori signifie "danse" en tahitien).
Mais d'où provient donc alors cette histoire de tamure ?
Le tamure est à l'origine un poisson de la famille des becs de cane
et présent dans les archipels de la Société et des Tuamotu. Une chanson
fut composée après la Seconde Guerre mondiale avec le mot tamure
dans son refrain. Comme sa mélodie était basée sur les rythmes traditionnels
tahitiens, on eut tôt fait d'associer le nom du poisson à ceux-ci
ainsi que, par ricochet, à la danse qu'on pouvait effectuer dessus.
Il existe toutefois une autre
hypothèse quant à l'utilisation de ce mot : il semble que Cook ait
décrit des danses indécentes qu'il appelle "timorodee" vers 1780 et qu'il
utilisait donc le mot tamure en l'ayant déformé.
Lorsque les explorateurs Wallis, Bougainville (qui qualifia l'île de
"Paradis terrestre" à son premier voyage) et Cook se rendirent
(successivement) à Tahiti à partir de 1767, ils y virent des habitants
vivant dans une société hiérarchisée, où les conflits étaient fréquents,
où des actes de cannibalisme existaient, où le corps et les relations
sexuelles n'étaient pas contraints. Ils remarquèrent particulièrement
que les femmes dansaient nues ou presque. On pense bien que les
premiers missionnaires protestants qui arrivèrent sur l'île en 1797
ont eu tôt fait de combattre ces gestes indécents et ces danses
lascives, en particulier l'upa upa qui se dansait en couple.
La seule exception dans le domaine de l'indécence était
le hura, une danse ancienne, qui pratiquée dans un habit
richement élaboré. Tahiti est massivement convertie au christianisme
en 1815 et en 1842 arrivent les Français qui autorisent les danses
du pays (mais avec modération et décence). La Fête nationale
est établie le 14 juillet 1881 tout comme en France et cela correspond
aux fêtes de Tiurai (les fêtes de juillet). C'est dans ce cadre que
la danse regagne peu à peu du terrain aux côtés des himene,
les chants traditionnels. Sortant de sa clandestinité, la danse
refait surface à partir de 1956 avec le réveil de la conscience
culturelle polynésienne et sous l'impulsion de Madeleine Mou'a.
Suite à un séjour en France métropolitaine où elle a vu des groupes
folkloriques auvergnats, cette institutrice décide de créer l'équivalent
à son retour à Tahiti en créant le groupe Heiva. La danse est particulièrement
à l'honneur lors du Tiurai où des concours de danse sont organisés.
En 1984, le Tiurai est renommé Heiva (toujours au mois de juillet) et cela marque
aussi le début d'une certaine codification des mouvements de la danse.
La danse traditionnelle tahitienne traduit une relation entre l’homme et la nature.
Elle regroupe toute une famille de mouvements suivant des règles relatives à l’espace,
la durée et le rythme marqué par les percussions traditionnelles.
La danse est individuelle ou collective.
Le 'ori tahiti est composé de quatre types de chorégraphies (que l'on peut
qualifier de danse à proprement parler) :
le 'ote'a, le hivinau, le pa'o'a et le 'aparima.
Le 'ote'a :
danse de groupe d'origine guerrière, où les danseuses et
danseurs sont disposés en colonnes
ou en alignements étudiés, et
accompagnée exclusivement d’instruments à percussion. Le ote'a correspond
bien souvent à l'image de carte postale que l'on se fait de la danse tahitienne.
Le hivinau,
danse configurée en deux cercles concentriques et accompagnée de tambours et d’un soliste vocal masculin (meneur) auquel les danseurs répondent en choeur. Les thèmes abordés ont trait aux tâches de la vie quotidienne.
Le pa'o'a,
danse sensuelle en demi-cercle (parfois en cercle fermé) durant laquelle des couples composés d'un danseur
et d'une danseuse se lèvent successivement pour improviser une danse au centre, les autres danseurs, accroupis, tapent des mains en cadence.
Le 'aparima,
danse gracieuse où les danseurs miment des scènes de la vie quotidienne correspondant
aux paroles d'un chant au son de la guitare et du ukulele. Les mouvements
de mains ont naturellement une grande importance ici ('aparima peut être traduit en français par "mimer avec les mains").
Au niveau des mouvements proprement dits, le roulement circulaire des hanches des danseuses
et les ciseaux effectués par les danseurs sont connus. Cependant, les bases ne
se limitent pas qu'à cela. Les danseuses doivent maîtriser cinq mouvements fondamentaux
du bassin ou du ventre dont il y a ensuite de nombreuses variantes. Le mouvement des
mains est aussi très important en particulier lors du 'aparima, comme je l'ai dit plus haut. Les danseurs,
quant à eux, font des mouvements plus masculins et amples, il y a des sauts, des coups
de pieds, des flexions de genoux, etc. Le fameux pas des ciseaux (pa'oti, voir illustration
ci-contre) est
d'ailleurs présent dans une autre danse qui n'a rien à voir : le lindy hop.
On les y appelle les crazy legs (les "jambes folles" en français).
De nos jours, la danse tahitienne continue d'évoluer. De grands groupes comme
les Grands Ballets de Tahiti (photo ci-contre) y incorporent de la nouveauté sous la forme de mouvements
issus de la danse contemporaine ou de la danse classique. L'opposition entre tradition
et modernité est donc présente dans certaines chorégraphies modernes de 'ori tahiti.
Par ailleurs, la danse est naturellement influencée par d'autres formes de danse
traditionnelle comme le hula venu de Hawaii.
Depuis la fin du XXe siècle, les danses traditionnelles tahitiennes connaissent de
nouveau une grande popularité et un grand nombre d'écoles de danse voient le jour.
La musique est aujourd'hui jouée par des tambours polynésiens (je passe ici sous silence
les noms des instruments en tahitien, peu familiers en dehors de la Polynésie),
des flûtes nasales, des guitares, de ukuleles et parfois du didgeridoo
et d'autres instruments traditionnels
comme le pu, la conque marine, qui marque souvent le début d'une prestation.
Les costumes contemporains sont divisés en trois types : le grand costume (souvent porté
en début de spectacle et marqué par sa grande jupe en fils d'écorce d'hibiscus et
sa coiffe), le costume végétal (marqué par la couleur verte des feuilles de végétaux
qui le composent) et le costume en tissu (marqué par le paréo de tissu imprimé de
motifs polynésiens et parfois de la couronne de fleurs).
Pour vous donner un aperçu de danse tahitienne, j'intègre ci-dessous une vidéo débutant
par un 'aparima.
La langue tahitienne appartient à une famille de plus de 400 langues
parlées dans une zone géographique s'étendant de Madagascar
à l'île de Pâques. Ce sont les langues malayo-polynésiennes.
Comme la Polynésie française est en relation étroite avec la
France, certains mots tahitiens sont passés dans le langage
courant des métropolitains ou, en tout cas, sont devenus
familiers même pour ceux qui n'ont jamais fait le voyage jusqu'à l'île.
En voici quelques exemples ci-après. Notez que le "e" se prononce "é" et
que le "u" se prononce "ou".
Fiu = las, fatigué (on dit : "je suis fiu" – prononcer "fiou")
Maeva = bienvenue (un prénom bien connu)
Monoi = huile de coco parfumée (utilisé dans des produits cosmétiques)
Pareu = pièce de tissu imprimé (qui est devenu "paréo").
Tapu = interdit, défendu (qui est devenu "tabou")
Tiare = gardenia tahitensis (fleur poussant à Tahiti)
Tiki = représentation sculptée d'un dieu (souvent connu comme pendentif)
Ukulele = instrument de musique à cordes (on l'écrit aussi parfois yukulélé)
Vahine = femme (les vahines des îles...)
J'espère que cet article vous aura fait un peu rêver, surtout si vous n'avez
pas pu partir en vacances cet été. Peut-être cela vous aura-t-il donné envie de vous essayer au tamure,
appellation que l'on retrouve de nos jours davantage dans les dancings et un contexte touristique ?
Sachez en tout cas qu'il existe des cours et stages de danse tahitienne en France métropolitaine. Renseignez-vous
autour de chez vous ! (Une première étape peut être de consulter le site
Tahiti en France.)
En me relisant, je m'aperçois que j'ai quelque peu débordé du contexte de la danse,
mais un peu d'évasion ne fait pas de mal de temps en temps, non ?
Dans le langage courant, lorsqu'on parle de hip-hop, on fait
souvent référence à la danse, mais cette considération
n'est que partiellement vraie.
Au-delà d'une danse, le hip-hop est un courant culturel qui prend
ses origines à la fin des années 1970 aux États-Unis et
en particulier dans les rues de New York. Ce courant est issu
d'un mouvement non violent du Bronx lancé par Aka Kahyan Aasim (alias
Afrika Bambaataa) et qui, malgré ses airs de Mister T,
prônait le respect et la
fraternité. Les acteurs de la culture hip-hop
tiennent des rôles bien précis dans leurs vêtements amples
et sous leurs caquettes ou bonnets. Pour simplifier, on
identifiera le DJ (Disc Jockey qui mixe
les disques et fait du scratch avec ses disques vinyles),
le MC (Master of Ceremony
qui, au micro, anime la foule, chante et fait du rap), le
B-boy (break-boy qui danse le break, mais peut aussi
pratiquer d'autres techniques de danse) et enfin le graffer (qui
fait des graffitis à la bombe de peinture ou au crayon marqueur).
Comme le thème de ce blog est la danse, je vais donc approfondir
ce qui concerne la danse hip-hop dans ce qui suit.
La danse de la culture hip-hop est associée à la musique hip-hop.
Cette musique est formée de mixes, de scratch, de samples
(qui sont apparus grâce à la technologie), en plus des performances
vocales comme le rap ou la beatbox (imitation de percussions
par la voix). Du fait de sa constitution, la musique du hip-hop
a induit différentes manières de bouger que l'on nomme le break,
le locking et le popping qui peuvent comporter des saccades.
Issu des communautés afro-américaines et portoricaines de New York,
le hip-hop s'est développé dans les rues et on a pu assister rapidement
à la formation de groupes de danseurs (crews) qui
rivalisaient d'agilité dans des confrontations (battles).
Ces compétitions informelles consistaient, au centre d'un cercle
formé par les spectateurs et les danseurs, en une alternance
d'improvisations (freestyle)
entre les différentes équipes afin de déterminer
qui était le meilleur et le plus spectaculaire.
En hip-hop, on rencontre différents types de mouvements de danse.
Il y a des mouvements que l'on fait debout et d'autres que l'on
fait au sol (tours sur la tête,
windmill où seul le torse reste en contact avec le sol alors que
le reste du corps tourne, etc.). De nombreux mouvements sont
inspirés d'autres disciplines comme le mime (l'idée du moonwalk
de Michael Jackson est issu de jeunes danseurs de hip-hop), la capoeira, ou
encore de l'observation d'animaux (le scorpion par exemple) ou de
cultures (l'Égypte par exemple)
Un mouvement en particulier est souvent considéré comme
le pas de base du break : le six pas.
0. Commencer accroupi, les pieds assemblés (sur les demi-pointes et directement sous le buste), les 2 mains posées au sol devant soi à largeur d'épaules
Lever la main droite et croiser le pied gauche devant la jambe droite (mvt circulaire passant là où la main se trouvait). On se trouve genou dans genou
Reculer le pied droit, jambe tendue en arrière
Reposer la main droite et poser le pied gauche parallèle au pied droit (largeur d'épaules)
Lever la main gauche puis poser le pied droit à côté de la main gauche (mouvement circulaire passant là où la main se trouvait)
Croiser le pied gauche derrière la jambe droite (genou dans genou)
Décroiser le pied droit et retrouver ainsi la position de départ
Les mains posées au sol ne sont pas à plat : seule la face interne du bout des doigts est posée
Après la conquête des USA, la danse hip-hop évolua ensuite dans
différentes régions incluant la côte californienne et d'autres
manières de danser émergèrent au contact de la culture funk dans les
années 1980. On peut notamment citer le fait de bouger
comme un robot et les mouvements de type electric boogaloo
(une sorte de popping). C'est à cette époque que le hip-hop
débarque en France. Certains d'entre vous se souviennent peut-être de
"H.I.P. H.O.P." l'émission hebdomadaire de Sidney Duteil qui, en 1984
et sur TF1, débutait par un dynamique
"Bonjour, les frères et les soeurs !". On y trouvait des cours
de danse, des battles (appelées défis dans l'émission), des concerts
en direct, etc.
Cette émission a permis la popularisation du hip-hop (aujourd'hui
appelé "old school") et amené beaucoup de jeunes à s'entraîner
chez eux, dans les rues ou à l'école au son de gros radio-cassettes
(les ghetto blasters). C'est dans cette émission qu'on a
lancé en France le terme de smurf, synonyme du hip-hop dansé
debout. La légende veut que le terme "smurf" (nom des schtroumpfs
en anglais) a été donné à la danse du fait des gants blancs portés
par certains danseurs). Or, les schtroumpfs n'ont jamais porté de
gants blancs ! Une autre légende (que je reprends de
Wikipedia, mais
je n'ai pas trouvé d'autre source : mettons les réserves qui s'imposent)
dit que le mot smurf aurait été associé
au popping à cause d'un clip associant la bande-son originale des
schtroumpfs aux USA et l'image de danseurs en train de faire du popping
en portant de grosses chaussettes par-dessus leur pantalon de jogging.
Dans les années 90, le krump et ses mouvements
énergiques (et paraissant empreints de colère) fait son
apparition dans la région de Los Angeles. Cette manière de
danser est associée à
Cesare "Tight Eyez" Willis et Jo'Artis "Big Mijo" Ratti
(leaders de la troupe des Krump Kings) ainsi qu'au chorégraphe
Christopher "Lil'C" Toler
(l'un des membres du jury de So You Think You Can Dance).
Depuis, plus récemment, un courant de hip-hop nommé new style
se développe, mettant en avant les isolations (un peu comme
en danse jazz). Il s'agit d'un style plus "commercial" et
qui s'éloigne du monde de la rue puisqu'il est à présent enseigné dans
les écoles de danse sous un angle technique.
C'est ce style qu'on peut voir régulièrement dans les
clips vidéo. La danse hip-hop a donc de nos jours
acquis ses lettres de noblesse
en entrant dans les écoles de danse. En France, il existe actuellement
de nombreuses écoles et associations de quartier pour apprendre
le hip-hop dans les différents styles. De plus trois pôles
ont pour objectif de promouvoir la danse hip-hop à Paris/Suresnes
(Cités danse connexions), Bordeaux (associé à la Cie Rêvolution)
et Lyon/Bron (associé à la Cie Käfig).
J'intègre à cet article une prestation de hip-hop de la troupe anglaise Diversity en 2007, pour vous donner une idée de que qui se fait actuellement en hip-hop.
Voilà qui conclut un petit tour d'horizon sur le hip-hop, une
danse riche dont certains courants nécessiteraient un article entier
à eux seuls. Ce billet marque le début du rythme estival de ce blog
où assez peu d'articles seront ajoutés. Je souhaite donc à tous
de bonnes vacances et vous engage à relire les articles déjà postés
dans ce blog qui n'ont pas toujours vocation à correspondre
une actualité.
C'est aujourd'hui la fête de la musique en France et dans 110 pays
dans le monde entier. À cette occasion, je vous fais part de
quelques réflexions du moment sur la relation entre la danse et la
musique (ou inversement). En effet, en danse libre en couple, le principe
communément appliqué lors des soirées dansantes est que l'orchestre
ou le DJ propose les morceaux de musique sur lesquels la danseurs
improvisent leur danse. Cela n'est cependant pas le cas dans toutes
les situations.
Je regardais récemment l'émission "Got to dance" qui passe sur Gulli
et j'ai été frappé par le fait que toutes les chorégraphies de hip-hop
étaient dansées sur un morceau de musique fait sur mesure. À la
limite, je dirais qu'il était difficile de qualifier cela de musique
tellement il y avait de bruitages et de petits bouts de 10 secondes
enchaînés les uns derrière les autres. Il est certain que le spectacle
était là, la bande-son mettait en valeur les mouvements des danseurs
et les positions en arrêt qui étaient prises. Mais au niveau de mes
oreilles un peu mélomanes, c'était peu agréable. Et pourtant, j'apprécie
tous les morceaux de r'n'b, dancehall ou electrodance qu'on entend
sur les ondes aujourd'hui. Je me suis dit que la bande-son n'était pas
un assemblage de titres aux ambiances différentes avec quelques transitions,
mais plutôt un assemblage de transitions avec quelques notes d'ambiance.
Je considère que la musique et la danse sont indissociables. Si l'on
a une belle musique associée à une belle danse, c'est déjà bien. Mais
si, en plus, les deux concordent parfaitement, c'est l'idéal. Certains
enseignants en danse qui auront préparé des chorégraphies pour finir
la saison par un gala se seront probablement posé la question de
cette concordance. D'autres non, et c'est dommage. Je crois qu'au
minimum la danse doit pouvoir s'adapter à une musique donnée. C'est
comme cela que sont créées les chorégraphies : le chorégraphe écoute
la musique et exprime ce qu'il ressent dans sa création chorégraphique.
Cela semble évident en danse classique par exemple. Rappelons aussi
qu'un morceau de musique est bien souvent enregistré ou mis en partition
et qu'il est donc difficile aux musiciens de la modifier et de
s'adapter à la danse sans en changer la nature.
D'un autre côté, il y a un genre musical que j'apprécie tout particulièrement
et qui fait exception : le swing. Comme toute forme de jazz, le swing est
basé sur l'improvisation. À l'époque des big bands dans les années 1930
et 1940, les morceaux de swing étaient composés pour faire danser les
foules et, lors de leur interprétation en public, il arrivait fréquemment
que les musiciens réagissent à la manière de danser du public et modifient
ainsi leur improvisation. Ce jeu entre les danseurs et les musiciens
(qui n'hésitaient pas à se faire mutuellement des blagues et clins d'oeil)
est très bien décrit par Frankie Manning dans son autobiographie.
Comme je l'ai laissé entendre plus haut, de nos jours, la technologie
numérique permet de constituer un morceau à partir samples et de bruits
ou de restructurer un morceau de manière qu'il colle à un enchaînement
chorégraphique donné. C'est donc la musique qui s'adapte à la danse.
L'idéal est, bien évidemment, quand la musique va vers la danse
et vice-versa. Les deux genres se complètent et se rencontrent au juste
milieu pour le meilleur effet général possible. L'impression que cela
doit donner est que la musique est faite pour la danse
et que la chorégraphie dansée est faite pour la musique jouée.
Pour y parvenir, les qualités de danseur ne suffisent pas, il faut aussi
des qualités dans le domaine de la musique. Tout se passe très bien
quand le danseur est musicien et quand le musicien est danseur, mais
ce n'est pas toujours le cas.
Je terminerai ce billet par une pensée pour Myriam Passavant dont
le partenaire à la vie comme à la scène, Gilles, vient de décéder.
Myriam et Gilles (leaders de la troupe des Fous du Swing à Nanterre) sont ceux à qui je dois d'avoir commencé le lindy hop
il y a plus de dix ans et j'ai fait mes premiers pas dans cette danse
dans l'un de leurs cours. J'ai évidemment franchi de nombreuses étapes
depuis, mais nous nous croisions régulièrement (la dernière fois était
au festival swing de Paris en novembre dernier). Ils sont donc aussi
pour quelque chose dans l'existence du livre de technique de
lindy hop que je viens de terminer. Une page se tourne, Gilles nous manquera,
mais la danse continue. Je rend donc hommage ici à la contribution de celui-ci
au développement du lindy hop en France et à ce qu'il m'a apporté personnellement
grâce à sa disponibilité et ses compétences de danseur et enseignant.
Combien de fois a-t-on pu
entendre cette phrase :
"Je ne sais pas danser" dans la bouche d'une personne
qui refuse de se lever de sa chaise pour bouger sur la piste
de danse ? J'avoue que cela a longtemps été mon cas,
particulièrement
durant toute mon adolescence. Je fais en effet partie de ces
gens qui pensent que lorsqu'on ne sait pas on ne fait (ou dit) pas.
En d'autres mots, je ne savais pas danser et je n'allais donc pas
me ridiculiser à gesticuler maladroitement sur la piste.
En revanche, je fais aussi partie de ces gens qui pensent que
ne pas savoir ne dispense pas d'apprendre. C'est en partie ce qui
m'a un jour poussé à m'inscrire à des cours de danse. Depuis lors,
je n'ai cessé d'apprendre de nouvelles danses, de nouvelles
techniques,
de nouvelles informations sur la danse et je n'en vois toujours pas
la
fin. Le sujet est si vaste !
Je ne vais pas vous
raconter ma vie,
mais l'idée aujourd'hui est de
donner un espoir à ceux qui pensent qu'ils ne pourront jamais
danser
en soirée (en solo comme en couple). Pour tout dire, avant de
commencer les cours, j'avais
vraiment "les deux pieds dans le même sabot". Un vrai boulet.
Mal à l'aise,
maladroit, en dehors de marquer correctement la mesure, je ne
pouvais pas bouger mon corps de manière naturelle quand il
s'agissait de suivre la musique. Heureusement, cela a changé.
Mes premiers cours de danse (madison, rock et valse)
m'ont permis de mieux intégrer
sur quels aspects de la musique je pouvais me baser pour
faire des mouvements. Dans les musiques de danse de salon, il y a
souvent
des temps forts et des temps faibles, mais aussi des temps
plus accentués que d'autres que mes premiers pas
de danse m'ont permis d'identifier plus ou moins consciemment.
La batterie d'un morceau
de rock est utile pour cela par exemple. Progressivement, le
fait d'apprendre des pas et figures appliqués sur diverses
musiques -- mais sans encore improviser -- a forgé la connexion
entre mon corps (et en particulier mes jambes) et la musique.
Les bras sont venus après. Petit à petit, au fil des semaines,
mon horizon s'est éclairé. J'ajoute que l'apprentissage de la
danse fonctionne par paliers : on a parfois l'impression de
stagner durant quelques semaines, puis un déclic se fait et
on passe au niveau suivant et ainsi de suite. Cela n'est pas
régulier et dépend
de chacun, mais ça arrive !
Comme de nombreux
débutants en danse en couple, ce n'est
qu'au troisième trimestre de ma première année que j'ai osé
sortir en soirée dansante. Ma première soirée en dehors des
entraînements proposés aux autres élèves du cours et
une soirée où j'ai compris que j'étais capable de danser
de manière autonome sans que les gens se moquent de moi.
Finalement, nous étions tous dans le même bateau, car
la musique était la même et tout le monde était là pour
danser et se divertir. La soirée se passait dans une
boîte classique qui avait juste un programme de danses
de salon jusqu'à 1 heure du matin et qui enchaînait sur des
musiques plus habituelles de ce genre d'endroit et plus
propices aux danses en solo (dance, disco, années 80, etc.).
Emporté par l'esprit de groupe formé par les autres élèves
du cours de danse avec qui j'étais venu, je me suis essayé
à faire deux pas en solo malgré mes craintes. En réalité, j'ai
commencé par
me dire que mes pas de rock allaient peut-être coller à la
musique. La réponse fut oui, mais je passais alors pour une
sorte d'hurluberlu qui bougeait bizarrement sur du disco.
En rythme et d'une manière assurée, certes, mais bizarrement
tout de même. J'ai alors observé les autres qui faisaient
des mouvements plus simples et qui demandaient moins
d'énergie. Ils se laissaient aller à onduler au rythme
de la musique et les pieds faisaient des mouvements plus
simples que les pas de rock que je maîtrisais à présent.
Alors, voilà comment on peut danser simplement en
solo lors des soirées et sans sortir de la moyenne.
Il est entendu qu'il faut en fait se fondre dans le mouvement
général des personnes sur la piste afin de ne pas attirer
l'oeil et se sentir à l'aise. Pour cela, les pas battus
d'un air détendu sont très bien.
1. Écarter le pied droit à droite
avec le poids du corps.
2. Assembler
le pied gauche au pied droit.
3. Écarter le pied gauche à gauche
avec le poids du corps.
4. Assembler
le pied droit au pied gauche.
Sur Internet, on trouve un certain nombre de vidéos qui
expliquent comment
danser en boîte. Comme d'habitude, il y a à boire et à manger.
Toutes ces vidéos
ne sont pas forcément utiles ou judicieuses. Pour l'anecdote,
j'intègre ci-dessous
une vidéo sur laquelle je suis tombé où de jolies filles (c'est le
titre et
visiblement le principe de la séquence) répondent à la question.
Pour
comprendre le texte, il vous faudra parler anglais. En résumé,
elles expliquent
aux garçons comment mettre les chances de son côté pour ne pas
prendre un râteau
et ne pas se ridiculiser en boîte. On commence par inviter la jeune
fille de face
(pas en arrivant par derrière), puis on danse en faisant le pas que
je vous ai
décrit plus haut, enfin on la raccompagne à son siège. Tout cela
paraît si simple...
Il y a aussi un autre
mouvement qui est utilisable
sur certaines musiques. Pour ma part, je l'ai découvert
après quelques cours de samba (de salon, pas la brésilienne).
Il va sans dire qu'à un certain moment, dès que j'apprenais un
nouveau pas ou une rythmique de base, je l'essayai dans
le contexte "solo" en soirée. Une rythmique semblable à celle
du pas de samba peut donc être utilisée. C'est particulièrement
vrai sur des morceaux comme les classiques de Claude François
comme "Alexandrie, Alexandra" ou "Ces années-là"...
On peut compter "et 1, et 2, et 3, et 4" où le
"et" correspond au demi-temps. Voici une description rapide.
et Faire une petite élévation sur les
demi-pointes.
1 Écarter le pied droit
à droite.
et Pointer le pied gauche derrière le
pied droit avec le poids du corps.
2 Reposer le poids du corps sur
le pied droit.
et Faire une petite élévation sur les
demi-pointes.
3 Écarter le pied
gauche à gauche.
et Pointer le pied droit derrière le
pied gauche avec le poids du corps.
4 Reposer le poids du corps sur le
pied gauche.
Ensuite, on reprend au début, et ainsi de suite. Et si vous vous
sentez vraiment à
l'aise, il suffira ensuite de s'essayer aux petits mouvements des
chorégraphies
de Cloclo pour compléter votre danse...
Par la suite, il suffit de
bien observer les autres et
d'essayer de copier leur manière de bouger pour enrichir sa propre
bibliothèque de mouvements.
Bon, je parle ici de mon modeste parcours lors de mes premiers
mois d'apprentissage de la danse, il y a assez longtemps.
J'avoue que je ne suis plus sorti
en dehors de soirées de danse en couple depuis quelques années.
Mais, à présent, j'ai pris des cours de modern jazz, de hip-hop,
de ragga, etc. (toujours ce principe de ne pas parler de quelque
chose qu'on ne connait pas... et de s'ouvrir aux autres formes
de danse tout simplement en les pratiquant) et je pense que ma
"danse de boîte" s'est enrichie
naturellement de tous ces apports qui mettent en oeuvre tout
le corps. Ca me donne l'envie de me mettre en situation, tiens...
Pour conclure, je conseille donc à ceux qui prétextent ne pas
savoir danser pour ne pas se joindre aux autres sur la piste de
danse de s'inscrire dans un cours à la rentrée. Peu importe le
style de danse (rock, salsa, danses de bal, country, jazz, hip-hop,
etc.),
ils acquerront une base de mouvement et feront le lien entre
la musique et leur corps. Cela leur permettra à coup sûr
(une fois passé le premier plongeon en public) de trouver
leur style et de s'amuser avec leurs amis sur la piste de danse.
Il arrive même que l'on trouve un mouvement par hasard, que les
autres autour de soi trouvent sympa et qu'ils reprennent
à leur compte par la suite !