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Le blog UltraDanse.com

 
Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse (du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire sur tel ou tel article.
 

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Nouveautés de la rentrée

 
Le 30 août 2010

Nous y sommes... La rentrée des classes est en train d'avoir lieu et la rentrée des écoles de danse ne va pas tarder à suivre. Que l'on parle de portes ouvertes pour les écoles ou de forums d'associations pour les assos, les organismes proposant des cours se mettent en quatre pour accueillir les curieux ou les déjà passionnés. Sur UltraDanse.com, la rentrée aussi se prépare. En premier lieu, je vais reprendre mes articles alternant chroniques et "dossiers découverte" qui vous permettent de découvrir toutes les formes de danse et vous donnent à réfléchir sur votre loisir préféré. Pour cela, rendez-vous dans quelques jours. Mais UltraDanse.com, c'est aussi un site de services gratuits qui va fêter ses 10 ans à la fin de l'année.

Cet été, on n'a pas chômé autour d'UltraDanse.com ! Je me fais donc ici l'écho de toutes ces nouveautés impossibles à détailler dans l'édito de quelques lignes généralement proposé en page d'accueil. Qu'avons-nous donc comme nouveautés ? Alors, voyons, voyons...

  1. Tout d'abord, petit lifting général. Les pages ont été revues afin de corriger les liens erronés dus à la mise en place de la nouvelle version du site. Quelques fautes d'orthographe y ont été aussi corrigées au passage. Certaines pages portent désormais la date de dernière mise à jour afin de fournir au visiteur une indication de fraîcheur des articles. Certains articles pourront donc être actualisés et cela sera indiqué par le biais de la date.
  2. Les articles de présentation des danses se voient agrémenter d'une vidéo d'exemple. Ce complément avait souvent été demandé par les visiteurs et nous nous sommes basés sur les vidéos disponibles sur Youtube pour y répondre. Bien sûr, nous avons sélectionné les vidéos avec soin de manière qu'elles soient les plus représentatives possible sans pour autant mettre en avant telle ou telle école ou tel ou tel danseur (UltraDanse.com essaye toujours de rester neutre).
  3. Le champ d'intérêt du site a été étendu à toutes les danses sans exception (le bandeau du logo a d'ailleurs été modifié en conséquence). Jusqu'ici, UltraDanse.com était spécialisé dans les danses en couple et les danses en ligne, bref une certaine catégorie de danses pratiquées dans des soirées dansantes. À présent, grâce à mes articles "découverte" publiés dans ce blog, le site présentera petit à petit toutes les autres formes de danse. Le principe est que l'article paraît d'abord dans le blog, puis il est remanié afin de devenir une page de référence du site. L'opération a été faite pour la danse classique, le hip-hop, les claquettes et elle le sera bientôt pour les danses traditionnelles (oups, je crois que je viens de dévoiler le sujet de mon prochain article !). De plus, l'article original reste en ligne, mais une mention en bas de celui-ci indique qu'il a été utilisé et, inversement, une mention en bas de l'article remanié pointe vers l'article original du blog qui, lui, contient naturellement plus d'informations.
  4. Et quoi d'autre ? Eh bien, le site se voit agrémenté de forums de discussion. Pour y poser une question ou donner une information, il faut que les visiteurs se créent un compte (login + mot de passe). Pas besoin de compte pour uniquement consulter les messages. En revanche, l'équipe de modération sera stricte sur les contenus (pas de pub ou de propos déplacés). Le compte créé dans le cadre des forums sera valide ultérieurement pour de nouvelles fonctionnalités du site.
  5. Une nouvelle rubrique "infos médias et actualités" a aussi été créée. On en voit un résumé sur la page d'accueil du site. Cette rubrique présente d'une manière détaillée des informations sélectionnées dans le domaine des événements hors compétitions, stages et cours de danse. Les sujets de prédilections sont donc : les salons, les sorties culturelles (livre, DVD, cinéma, etc.), l'annonce d'émissions de télévision sur la danse (n'hésitez pas à nous faire passer les infos si vous en repérez !), des articles intéressants dans des magazines, etc. En plus de cela, un lien avec la sélection d'actualités sur Google News a été fait. Vous pouvez donc avoir dans cette rubrique un flux continu d'informations prédigéré par Google News et que nous actualisons plusieurs fois par jour.
  6. Une rubrique "boutiques de chaussures" a aussi été ajoutée. Un petit annuaire de magasins de vente de chaussures de danse qui sera rempli au fil des demandes. Si vous tenez un tel magasin, n'hésitez pas à nous faire une demande de référencement en utilisant la page contact du site. Chaque magasin est positionné sur la carte de France.
  7. Enfin, un travail est en cours en partenariat avec le site DanseSociale.org afin de présenter une rubrique "recherche d'école de danse à proximité" directement sur UltraDanse.com. Le développement est fini et la base de données est en cours de conversion. Le résultat est particulièrement bluffant : vous saisissez votre adresse postale, un rayon de recherche ainsi que vous sélectionnez les danses que vous souhaitez pratiquer et UltraDanse.com vous fournira la liste des écoles correspondantes et les positionnera sur une carte précise et facile d'accès. Chaque école est présentée avec les différents lieux de cours, un profil concis et visuel des danses enseignées ainsi qu'un "indicateur de fraîcheur" portant sur l'actualisation de la fiche de l'école en question (une fonction unique et innovante !). Ce sera donc là la meilleure fonction de recherche d'école de danse sur Internet, conçue par des danseurs pour des danseurs. Il est probable que cette fonction remplace petit à petit la recherche existant sur DanseSociale.org (peut-être une intégration de ce dernier dans UltraDanse.com est-elle à prévoir ? L'avenir nous le dira.). La disponibilité de ce service est prévue courant septembre sur UltraDanse.com.

Je crois que je vais arrêter ici ma liste qui commençait à devenir interminable ! Toutes ces nouveautés montrent bien qu'UltraDanse.com est bel et bien le premier site pour les danseurs sur Internet. Et, je le rappelle, tout est gratuit depuis les origines du site (et ça en représente des centaines d'heures de travail !). Les fiches de références sont particulièrement travaillées pour éviter les erreurs, car elles sont écrites par des spécialistes. En plus de toutes les fonctionnalités utiles que je vous ai présentées (et des autres déjà présentes depuis longtemps), c'est la qualité du contenu des articles d'UltraDanse.com qui fait qu'il se distingue de tous les autres sites. D'ailleurs, de nombreux sites reprennent d'un simple copier-coller les articles originaux parus sur UltraDanse.com sans même en citer la source (même plusieurs articles de Wikipédia sont totalement ou partiellement copiés d'UltraDanse.com, jetez-y un oeil un jour). Le nom même d'UltraDanse (mot inventé à la création de ce site il y a 10 ans) a été utilisé par ailleurs sans demander de permission. Comme notre objectif est de rendre service aux passionnés de danse, nous n'allons pas entrer dans des procès d'intention, mais nous savons bien que nous aurons toujours une longueur d'avance sur les autres (gratuité + originalité + ancienneté + indépendance de toute école). Le fait que je chapeaute tout cela en partenariat avec ma petite structure d'édition de livres permet d'assurer une pérennité à ce site que des centaines de milliers de visiteurs sont venus consulter jusqu'ici.

C'était le petit mot de la rentrée et j'aurais l'occasion de développer quelques-uns de ces points dans un autre article, en décembre, à l'occasion de l'anniversaire d'UltraDanse.com pour ses 10 ans. Bonne reprise à tous ! Nous nous retrouvons donc de nouveau pour cette saison régulièrement dans ce blog. Bienvenue à tous les nouveaux qui nous rejoignent chaque semaine.

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La danse tahitienne

 
Le 05 août 2010

Pour marquer la saison chaude, je vous propose de partir dans les îles. Non, pas l'île de Ré ou la Corse, mais beaucoup plus loin, dans l'océan Pacifique. Je vous emmène aujourd'hui à Tahiti, collectivité d'outre-mer faisant partie de la Polynésie française. Aussi loin que je me souvienne, c'est là — j'y ai vécu 2 ans — que j'ai fait, étant enfant, mes premiers pas de danse en apprenant à l'école ce que la majorité des Français métropolitains connaissent sous le nom de tamure (prononcer "tamouré"). Il est temps pour moi de vous faire découvrir cela avec un soupçon de culture tahitienne.

L'imaginaire collectif est très vivant par rapport à Tahiti : des grandes plages désertes, des cocotiers, la mer bleue turquoise, sans oublier les vahines (prononcer "vahiné") qui, au son des ukuleles, dansent le "tamouré" vêtues d'un soutien-gorge en noix de coco, un pagne en feuilles de bananier et la fleur de tiaré fixée au-dessus d'une oreille. C'est très caricatural, évidemment. En réalité, la danse tahitienne doit être appelée 'ori tahiti (le mot ori signifie "danse" en tahitien). Mais d'où provient donc alors cette histoire de tamure ? Le tamure est à l'origine un poisson de la famille des becs de cane et présent dans les archipels de la Société et des Tuamotu. Une chanson fut composée après la Seconde Guerre mondiale avec le mot tamure dans son refrain. Comme sa mélodie était basée sur les rythmes traditionnels tahitiens, on eut tôt fait d'associer le nom du poisson à ceux-ci ainsi que, par ricochet, à la danse qu'on pouvait effectuer dessus. Il existe toutefois une autre hypothèse quant à l'utilisation de ce mot : il semble que Cook ait décrit des danses indécentes qu'il appelle "timorodee" vers 1780 et qu'il utilisait donc le mot tamure en l'ayant déformé.

Lorsque les explorateurs Wallis, Bougainville (qui qualifia l'île de "Paradis terrestre" à son premier voyage) et Cook se rendirent (successivement) à Tahiti à partir de 1767, ils y virent des habitants vivant dans une société hiérarchisée, où les conflits étaient fréquents, où des actes de cannibalisme existaient, où le corps et les relations sexuelles n'étaient pas contraints. Ils remarquèrent particulièrement que les femmes dansaient nues ou presque. On pense bien que les premiers missionnaires protestants qui arrivèrent sur l'île en 1797 ont eu tôt fait de combattre ces gestes indécents et ces danses lascives, en particulier l'upa upa qui se dansait en couple. La seule exception dans le domaine de l'indécence était le hura, une danse ancienne, qui pratiquée dans un habit richement élaboré. Tahiti est massivement convertie au christianisme en 1815 et en 1842 arrivent les Français qui autorisent les danses du pays (mais avec modération et décence). La Fête nationale est établie le 14 juillet 1881 tout comme en France et cela correspond aux fêtes de Tiurai (les fêtes de juillet). C'est dans ce cadre que la danse regagne peu à peu du terrain aux côtés des himene, les chants traditionnels. Sortant de sa clandestinité, la danse refait surface à partir de 1956 avec le réveil de la conscience culturelle polynésienne et sous l'impulsion de Madeleine Mou'a. Suite à un séjour en France métropolitaine où elle a vu des groupes folkloriques auvergnats, cette institutrice décide de créer l'équivalent à son retour à Tahiti en créant le groupe Heiva. La danse est particulièrement à l'honneur lors du Tiurai où des concours de danse sont organisés. En 1984, le Tiurai est renommé Heiva (toujours au mois de juillet) et cela marque aussi le début d'une certaine codification des mouvements de la danse.

La danse traditionnelle tahitienne traduit une relation entre l’homme et la nature. Elle regroupe toute une famille de mouvements suivant des règles relatives à l’espace, la durée et le rythme marqué par les percussions traditionnelles. La danse est individuelle ou collective. Le 'ori tahiti est composé de quatre types de chorégraphies (que l'on peut qualifier de danse à proprement parler) : le 'ote'a, le hivinau, le pa'o'a et le 'aparima.

Le 'ote'a : danse de groupe d'origine guerrière, où les danseuses et danseurs sont disposés en colonnes ou en alignements étudiés, et accompagnée exclusivement d’instruments à percussion. Le ote'a correspond bien souvent à l'image de carte postale que l'on se fait de la danse tahitienne.
Le hivinau, danse configurée en deux cercles concentriques et accompagnée de tambours et d’un soliste vocal masculin (meneur) auquel les danseurs répondent en choeur. Les thèmes abordés ont trait aux tâches de la vie quotidienne.
Le pa'o'a, danse sensuelle en demi-cercle (parfois en cercle fermé) durant laquelle des couples composés d'un danseur et d'une danseuse se lèvent successivement pour improviser une danse au centre, les autres danseurs, accroupis, tapent des mains en cadence.
Le 'aparima, danse gracieuse où les danseurs miment des scènes de la vie quotidienne correspondant aux paroles d'un chant au son de la guitare et du ukulele. Les mouvements de mains ont naturellement une grande importance ici ('aparima peut être traduit en français par "mimer avec les mains").
Au niveau des mouvements proprement dits, le roulement circulaire des hanches des danseuses et les ciseaux effectués par les danseurs sont connus. Cependant, les bases ne se limitent pas qu'à cela. Les danseuses doivent maîtriser cinq mouvements fondamentaux du bassin ou du ventre dont il y a ensuite de nombreuses variantes. Le mouvement des mains est aussi très important en particulier lors du 'aparima, comme je l'ai dit plus haut. Les danseurs, quant à eux, font des mouvements plus masculins et amples, il y a des sauts, des coups de pieds, des flexions de genoux, etc. Le fameux pas des ciseaux (pa'oti, voir illustration ci-contre) est d'ailleurs présent dans une autre danse qui n'a rien à voir : le lindy hop. On les y appelle les crazy legs (les "jambes folles" en français).

De nos jours, la danse tahitienne continue d'évoluer. De grands groupes comme les Grands Ballets de Tahiti (photo ci-contre) y incorporent de la nouveauté sous la forme de mouvements issus de la danse contemporaine ou de la danse classique. L'opposition entre tradition et modernité est donc présente dans certaines chorégraphies modernes de 'ori tahiti. Par ailleurs, la danse est naturellement influencée par d'autres formes de danse traditionnelle comme le hula venu de Hawaii. Depuis la fin du XXe siècle, les danses traditionnelles tahitiennes connaissent de nouveau une grande popularité et un grand nombre d'écoles de danse voient le jour. La musique est aujourd'hui jouée par des tambours polynésiens (je passe ici sous silence les noms des instruments en tahitien, peu familiers en dehors de la Polynésie), des flûtes nasales, des guitares, de ukuleles et parfois du didgeridoo et d'autres instruments traditionnels comme le pu, la conque marine, qui marque souvent le début d'une prestation. Les costumes contemporains sont divisés en trois types : le grand costume (souvent porté en début de spectacle et marqué par sa grande jupe en fils d'écorce d'hibiscus et sa coiffe), le costume végétal (marqué par la couleur verte des feuilles de végétaux qui le composent) et le costume en tissu (marqué par le paréo de tissu imprimé de motifs polynésiens et parfois de la couronne de fleurs).

Pour vous donner un aperçu de danse tahitienne, j'intègre ci-dessous une vidéo débutant par un 'aparima.

La langue tahitienne appartient à une famille de plus de 400 langues parlées dans une zone géographique s'étendant de Madagascar à l'île de Pâques. Ce sont les langues malayo-polynésiennes. Comme la Polynésie française est en relation étroite avec la France, certains mots tahitiens sont passés dans le langage courant des métropolitains ou, en tout cas, sont devenus familiers même pour ceux qui n'ont jamais fait le voyage jusqu'à l'île. En voici quelques exemples ci-après. Notez que le "e" se prononce "é" et que le "u" se prononce "ou".

  • Fiu = las, fatigué (on dit : "je suis fiu" – prononcer "fiou")
  • Maeva = bienvenue (un prénom bien connu)
  • Monoi = huile de coco parfumée (utilisé dans des produits cosmétiques)
  • Pareu = pièce de tissu imprimé (qui est devenu "paréo").
  • Tapu = interdit, défendu (qui est devenu "tabou")
  • Tiare = gardenia tahitensis (fleur poussant à Tahiti)
  • Tiki = représentation sculptée d'un dieu (souvent connu comme pendentif)
  • Ukulele = instrument de musique à cordes (on l'écrit aussi parfois yukulélé)
  • Vahine = femme (les vahines des îles...)
J'espère que cet article vous aura fait un peu rêver, surtout si vous n'avez pas pu partir en vacances cet été. Peut-être cela vous aura-t-il donné envie de vous essayer au tamure, appellation que l'on retrouve de nos jours davantage dans les dancings et un contexte touristique ? Sachez en tout cas qu'il existe des cours et stages de danse tahitienne en France métropolitaine. Renseignez-vous autour de chez vous ! (Une première étape peut être de consulter le site Tahiti en France.) En me relisant, je m'aperçois que j'ai quelque peu débordé du contexte de la danse, mais un peu d'évasion ne fait pas de mal de temps en temps, non ?

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Dansons le hip-hop

 
Le 05 juillet 2010

Dans le langage courant, lorsqu'on parle de hip-hop, on fait souvent référence à la danse, mais cette considération n'est que partiellement vraie. Au-delà d'une danse, le hip-hop est un courant culturel qui prend ses origines à la fin des années 1970 aux États-Unis et en particulier dans les rues de New York. Ce courant est issu d'un mouvement non violent du Bronx lancé par Aka Kahyan Aasim (alias Afrika Bambaataa) et qui, malgré ses airs de Mister T, prônait le respect et la fraternité. Les acteurs de la culture hip-hop tiennent des rôles bien précis dans leurs vêtements amples et sous leurs caquettes ou bonnets. Pour simplifier, on identifiera le DJ (Disc Jockey qui mixe les disques et fait du scratch avec ses disques vinyles), le MC (Master of Ceremony qui, au micro, anime la foule, chante et fait du rap), le B-boy (break-boy qui danse le break, mais peut aussi pratiquer d'autres techniques de danse) et enfin le graffer (qui fait des graffitis à la bombe de peinture ou au crayon marqueur). Comme le thème de ce blog est la danse, je vais donc approfondir ce qui concerne la danse hip-hop dans ce qui suit.

La danse de la culture hip-hop est associée à la musique hip-hop. Cette musique est formée de mixes, de scratch, de samples (qui sont apparus grâce à la technologie), en plus des performances vocales comme le rap ou la beatbox (imitation de percussions par la voix). Du fait de sa constitution, la musique du hip-hop a induit différentes manières de bouger que l'on nomme le break, le locking et le popping qui peuvent comporter des saccades. Issu des communautés afro-américaines et portoricaines de New York, le hip-hop s'est développé dans les rues et on a pu assister rapidement à la formation de groupes de danseurs (crews) qui rivalisaient d'agilité dans des confrontations (battles). Ces compétitions informelles consistaient, au centre d'un cercle formé par les spectateurs et les danseurs, en une alternance d'improvisations (freestyle) entre les différentes équipes afin de déterminer qui était le meilleur et le plus spectaculaire.

En hip-hop, on rencontre différents types de mouvements de danse. Il y a des mouvements que l'on fait debout et d'autres que l'on fait au sol (tours sur la tête, windmill où seul le torse reste en contact avec le sol alors que le reste du corps tourne, etc.). De nombreux mouvements sont inspirés d'autres disciplines comme le mime (l'idée du moonwalk de Michael Jackson est issu de jeunes danseurs de hip-hop), la capoeira, ou encore de l'observation d'animaux (le scorpion par exemple) ou de cultures (l'Égypte par exemple) Un mouvement en particulier est souvent considéré comme le pas de base du break : le six pas.

0. Commencer accroupi, les pieds assemblés (sur les demi-pointes et directement sous le buste), les 2 mains posées au sol devant soi à largeur d'épaules

  1. Lever la main droite et croiser le pied gauche devant la jambe droite (mvt circulaire passant là où la main se trouvait). On se trouve genou dans genou
  2. Reculer le pied droit, jambe tendue en arrière
  3. Reposer la main droite et poser le pied gauche parallèle au pied droit (largeur d'épaules)
  4. Lever la main gauche puis poser le pied droit à côté de la main gauche (mouvement circulaire passant là où la main se trouvait)
  5. Croiser le pied gauche derrière la jambe droite (genou dans genou)
  6. Décroiser le pied droit et retrouver ainsi la position de départ
Les mains posées au sol ne sont pas à plat : seule la face interne du bout des doigts est posée

Après la conquête des USA, la danse hip-hop évolua ensuite dans différentes régions incluant la côte californienne et d'autres manières de danser émergèrent au contact de la culture funk dans les années 1980. On peut notamment citer le fait de bouger comme un robot et les mouvements de type electric boogaloo (une sorte de popping). C'est à cette époque que le hip-hop débarque en France. Certains d'entre vous se souviennent peut-être de "H.I.P. H.O.P." l'émission hebdomadaire de Sidney Duteil qui, en 1984 et sur TF1, débutait par un dynamique "Bonjour, les frères et les soeurs !". On y trouvait des cours de danse, des battles (appelées défis dans l'émission), des concerts en direct, etc. Cette émission a permis la popularisation du hip-hop (aujourd'hui appelé "old school") et amené beaucoup de jeunes à s'entraîner chez eux, dans les rues ou à l'école au son de gros radio-cassettes (les ghetto blasters). C'est dans cette émission qu'on a lancé en France le terme de smurf, synonyme du hip-hop dansé debout. La légende veut que le terme "smurf" (nom des schtroumpfs en anglais) a été donné à la danse du fait des gants blancs portés par certains danseurs). Or, les schtroumpfs n'ont jamais porté de gants blancs ! Une autre légende (que je reprends de Wikipedia, mais je n'ai pas trouvé d'autre source : mettons les réserves qui s'imposent) dit que le mot smurf aurait été associé au popping à cause d'un clip associant la bande-son originale des schtroumpfs aux USA et l'image de danseurs en train de faire du popping en portant de grosses chaussettes par-dessus leur pantalon de jogging.

Dans les années 90, le krump et ses mouvements énergiques (et paraissant empreints de colère) fait son apparition dans la région de Los Angeles. Cette manière de danser est associée à Cesare "Tight Eyez" Willis et Jo'Artis "Big Mijo" Ratti (leaders de la troupe des Krump Kings) ainsi qu'au chorégraphe Christopher "Lil'C" Toler (l'un des membres du jury de So You Think You Can Dance). Depuis, plus récemment, un courant de hip-hop nommé new style se développe, mettant en avant les isolations (un peu comme en danse jazz). Il s'agit d'un style plus "commercial" et qui s'éloigne du monde de la rue puisqu'il est à présent enseigné dans les écoles de danse sous un angle technique. C'est ce style qu'on peut voir régulièrement dans les clips vidéo. La danse hip-hop a donc de nos jours acquis ses lettres de noblesse en entrant dans les écoles de danse. En France, il existe actuellement de nombreuses écoles et associations de quartier pour apprendre le hip-hop dans les différents styles. De plus trois pôles ont pour objectif de promouvoir la danse hip-hop à Paris/Suresnes (Cités danse connexions), Bordeaux (associé à la Cie Rêvolution) et Lyon/Bron (associé à la Cie Käfig). J'intègre à cet article une prestation de hip-hop de la troupe anglaise Diversity en 2007, pour vous donner une idée de que qui se fait actuellement en hip-hop.

Voilà qui conclut un petit tour d'horizon sur le hip-hop, une danse riche dont certains courants nécessiteraient un article entier à eux seuls. Ce billet marque le début du rythme estival de ce blog où assez peu d'articles seront ajoutés. Je souhaite donc à tous de bonnes vacances et vous engage à relire les articles déjà postés dans ce blog qui n'ont pas toujours vocation à correspondre une actualité.

Cet article a servi de base pour une page de référence UltraDanse.com.

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Musique vs danse (et vice-versa)

 
Le 21 juin 2010

C'est aujourd'hui la fête de la musique en France et dans 110 pays dans le monde entier. À cette occasion, je vous fais part de quelques réflexions du moment sur la relation entre la danse et la musique (ou inversement). En effet, en danse libre en couple, le principe communément appliqué lors des soirées dansantes est que l'orchestre ou le DJ propose les morceaux de musique sur lesquels la danseurs improvisent leur danse. Cela n'est cependant pas le cas dans toutes les situations.

Je regardais récemment l'émission "Got to dance" qui passe sur Gulli et j'ai été frappé par le fait que toutes les chorégraphies de hip-hop étaient dansées sur un morceau de musique fait sur mesure. À la limite, je dirais qu'il était difficile de qualifier cela de musique tellement il y avait de bruitages et de petits bouts de 10 secondes enchaînés les uns derrière les autres. Il est certain que le spectacle était là, la bande-son mettait en valeur les mouvements des danseurs et les positions en arrêt qui étaient prises. Mais au niveau de mes oreilles un peu mélomanes, c'était peu agréable. Et pourtant, j'apprécie tous les morceaux de r'n'b, dancehall ou electrodance qu'on entend sur les ondes aujourd'hui. Je me suis dit que la bande-son n'était pas un assemblage de titres aux ambiances différentes avec quelques transitions, mais plutôt un assemblage de transitions avec quelques notes d'ambiance.

Je considère que la musique et la danse sont indissociables. Si l'on a une belle musique associée à une belle danse, c'est déjà bien. Mais si, en plus, les deux concordent parfaitement, c'est l'idéal. Certains enseignants en danse qui auront préparé des chorégraphies pour finir la saison par un gala se seront probablement posé la question de cette concordance. D'autres non, et c'est dommage. Je crois qu'au minimum la danse doit pouvoir s'adapter à une musique donnée. C'est comme cela que sont créées les chorégraphies : le chorégraphe écoute la musique et exprime ce qu'il ressent dans sa création chorégraphique. Cela semble évident en danse classique par exemple. Rappelons aussi qu'un morceau de musique est bien souvent enregistré ou mis en partition et qu'il est donc difficile aux musiciens de la modifier et de s'adapter à la danse sans en changer la nature.

D'un autre côté, il y a un genre musical que j'apprécie tout particulièrement et qui fait exception : le swing. Comme toute forme de jazz, le swing est basé sur l'improvisation. À l'époque des big bands dans les années 1930 et 1940, les morceaux de swing étaient composés pour faire danser les foules et, lors de leur interprétation en public, il arrivait fréquemment que les musiciens réagissent à la manière de danser du public et modifient ainsi leur improvisation. Ce jeu entre les danseurs et les musiciens (qui n'hésitaient pas à se faire mutuellement des blagues et clins d'oeil) est très bien décrit par Frankie Manning dans son autobiographie. Comme je l'ai laissé entendre plus haut, de nos jours, la technologie numérique permet de constituer un morceau à partir samples et de bruits ou de restructurer un morceau de manière qu'il colle à un enchaînement chorégraphique donné. C'est donc la musique qui s'adapte à la danse. L'idéal est, bien évidemment, quand la musique va vers la danse et vice-versa. Les deux genres se complètent et se rencontrent au juste milieu pour le meilleur effet général possible. L'impression que cela doit donner est que la musique est faite pour la danse et que la chorégraphie dansée est faite pour la musique jouée. Pour y parvenir, les qualités de danseur ne suffisent pas, il faut aussi des qualités dans le domaine de la musique. Tout se passe très bien quand le danseur est musicien et quand le musicien est danseur, mais ce n'est pas toujours le cas.

Je terminerai ce billet par une pensée pour Myriam Passavant dont le partenaire à la vie comme à la scène, Gilles, vient de décéder. Myriam et Gilles (leaders de la troupe des Fous du Swing à Nanterre) sont ceux à qui je dois d'avoir commencé le lindy hop il y a plus de dix ans et j'ai fait mes premiers pas dans cette danse dans l'un de leurs cours. J'ai évidemment franchi de nombreuses étapes depuis, mais nous nous croisions régulièrement (la dernière fois était au festival swing de Paris en novembre dernier). Ils sont donc aussi pour quelque chose dans l'existence du livre de technique de lindy hop que je viens de terminer. Une page se tourne, Gilles nous manquera, mais la danse continue. Je rend donc hommage ici à la contribution de celui-ci au développement du lindy hop en France et à ce qu'il m'a apporté personnellement grâce à sa disponibilité et ses compétences de danseur et enseignant.

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Je ne sais pas danser en boîte

 
Le 13 juin 2010

Combien de fois a-t-on pu entendre cette phrase : "Je ne sais pas danser" dans la bouche d'une personne qui refuse de se lever de sa chaise pour bouger sur la piste de danse ? J'avoue que cela a longtemps été mon cas, particulièrement durant toute mon adolescence. Je fais en effet partie de ces gens qui pensent que lorsqu'on ne sait pas on ne fait (ou dit) pas. En d'autres mots, je ne savais pas danser et je n'allais donc pas me ridiculiser à gesticuler maladroitement sur la piste. En revanche, je fais aussi partie de ces gens qui pensent que ne pas savoir ne dispense pas d'apprendre. C'est en partie ce qui m'a un jour poussé à m'inscrire à des cours de danse. Depuis lors, je n'ai cessé d'apprendre de nouvelles danses, de nouvelles techniques, de nouvelles informations sur la danse et je n'en vois toujours pas la fin. Le sujet est si vaste !

Je ne vais pas vous raconter ma vie, mais l'idée aujourd'hui est de donner un espoir à ceux qui pensent qu'ils ne pourront jamais danser en soirée (en solo comme en couple). Pour tout dire, avant de commencer les cours, j'avais vraiment "les deux pieds dans le même sabot". Un vrai boulet. Mal à l'aise, maladroit, en dehors de marquer correctement la mesure, je ne pouvais pas bouger mon corps de manière naturelle quand il s'agissait de suivre la musique. Heureusement, cela a changé. Mes premiers cours de danse (madison, rock et valse) m'ont permis de mieux intégrer sur quels aspects de la musique je pouvais me baser pour faire des mouvements. Dans les musiques de danse de salon, il y a souvent des temps forts et des temps faibles, mais aussi des temps plus accentués que d'autres que mes premiers pas de danse m'ont permis d'identifier plus ou moins consciemment. La batterie d'un morceau de rock est utile pour cela par exemple. Progressivement, le fait d'apprendre des pas et figures appliqués sur diverses musiques -- mais sans encore improviser -- a forgé la connexion entre mon corps (et en particulier mes jambes) et la musique. Les bras sont venus après. Petit à petit, au fil des semaines, mon horizon s'est éclairé. J'ajoute que l'apprentissage de la danse fonctionne par paliers : on a parfois l'impression de stagner durant quelques semaines, puis un déclic se fait et on passe au niveau suivant et ainsi de suite. Cela n'est pas régulier et dépend de chacun, mais ça arrive !

Comme de nombreux débutants en danse en couple, ce n'est qu'au troisième trimestre de ma première année que j'ai osé sortir en soirée dansante. Ma première soirée en dehors des entraînements proposés aux autres élèves du cours et une soirée où j'ai compris que j'étais capable de danser de manière autonome sans que les gens se moquent de moi. Finalement, nous étions tous dans le même bateau, car la musique était la même et tout le monde était là pour danser et se divertir. La soirée se passait dans une boîte classique qui avait juste un programme de danses de salon jusqu'à 1 heure du matin et qui enchaînait sur des musiques plus habituelles de ce genre d'endroit et plus propices aux danses en solo (dance, disco, années 80, etc.). Emporté par l'esprit de groupe formé par les autres élèves du cours de danse avec qui j'étais venu, je me suis essayé à faire deux pas en solo malgré mes craintes. En réalité, j'ai commencé par me dire que mes pas de rock allaient peut-être coller à la musique. La réponse fut oui, mais je passais alors pour une sorte d'hurluberlu qui bougeait bizarrement sur du disco. En rythme et d'une manière assurée, certes, mais bizarrement tout de même. J'ai alors observé les autres qui faisaient des mouvements plus simples et qui demandaient moins d'énergie. Ils se laissaient aller à onduler au rythme de la musique et les pieds faisaient des mouvements plus simples que les pas de rock que je maîtrisais à présent.

Alors, voilà comment on peut danser simplement en solo lors des soirées et sans sortir de la moyenne. Il est entendu qu'il faut en fait se fondre dans le mouvement général des personnes sur la piste afin de ne pas attirer l'oeil et se sentir à l'aise. Pour cela, les pas battus d'un air détendu sont très bien.

1. Écarter le pied droit à droite avec le poids du corps.2. Assembler le pied gauche au pied droit.
3. Écarter le pied gauche à gauche avec le poids du corps.4. Assembler le pied droit au pied gauche.

Sur Internet, on trouve un certain nombre de vidéos qui expliquent comment danser en boîte. Comme d'habitude, il y a à boire et à manger. Toutes ces vidéos ne sont pas forcément utiles ou judicieuses. Pour l'anecdote, j'intègre ci-dessous une vidéo sur laquelle je suis tombé où de jolies filles (c'est le titre et visiblement le principe de la séquence) répondent à la question. Pour comprendre le texte, il vous faudra parler anglais. En résumé, elles expliquent aux garçons comment mettre les chances de son côté pour ne pas prendre un râteau et ne pas se ridiculiser en boîte. On commence par inviter la jeune fille de face (pas en arrivant par derrière), puis on danse en faisant le pas que je vous ai décrit plus haut, enfin on la raccompagne à son siège. Tout cela paraît si simple...

Il y a aussi un autre mouvement qui est utilisable sur certaines musiques. Pour ma part, je l'ai découvert après quelques cours de samba (de salon, pas la brésilienne). Il va sans dire qu'à un certain moment, dès que j'apprenais un nouveau pas ou une rythmique de base, je l'essayai dans le contexte "solo" en soirée. Une rythmique semblable à celle du pas de samba peut donc être utilisée. C'est particulièrement vrai sur des morceaux comme les classiques de Claude François comme "Alexandrie, Alexandra" ou "Ces années-là"... On peut compter "et 1, et 2, et 3, et 4" où le "et" correspond au demi-temps. Voici une description rapide.

  • et  Faire une petite élévation sur les demi-pointes.
  • 1   Écarter le pied droit à droite.
  • et  Pointer le pied gauche derrière le pied droit avec le poids du corps.
  • 2   Reposer le poids du corps sur le pied droit.
  • et  Faire une petite élévation sur les demi-pointes.
  • 3   Écarter le pied gauche à gauche.
  • et  Pointer le pied droit derrière le pied gauche avec le poids du corps.
  • 4  Reposer le poids du corps sur le pied gauche.
Ensuite, on reprend au début, et ainsi de suite. Et si vous vous sentez vraiment à l'aise, il suffira ensuite de s'essayer aux petits mouvements des chorégraphies de Cloclo pour compléter votre danse...

Par la suite, il suffit de bien observer les autres et d'essayer de copier leur manière de bouger pour enrichir sa propre bibliothèque de mouvements. Bon, je parle ici de mon modeste parcours lors de mes premiers mois d'apprentissage de la danse, il y a assez longtemps. J'avoue que je ne suis plus sorti en dehors de soirées de danse en couple depuis quelques années. Mais, à présent, j'ai pris des cours de modern jazz, de hip-hop, de ragga, etc. (toujours ce principe de ne pas parler de quelque chose qu'on ne connait pas... et de s'ouvrir aux autres formes de danse tout simplement en les pratiquant) et je pense que ma "danse de boîte" s'est enrichie naturellement de tous ces apports qui mettent en oeuvre tout le corps. Ca me donne l'envie de me mettre en situation, tiens... Pour conclure, je conseille donc à ceux qui prétextent ne pas savoir danser pour ne pas se joindre aux autres sur la piste de danse de s'inscrire dans un cours à la rentrée. Peu importe le style de danse (rock, salsa, danses de bal, country, jazz, hip-hop, etc.), ils acquerront une base de mouvement et feront le lien entre la musique et leur corps. Cela leur permettra à coup sûr (une fois passé le premier plongeon en public) de trouver leur style et de s'amuser avec leurs amis sur la piste de danse. Il arrive même que l'on trouve un mouvement par hasard, que les autres autour de soi trouvent sympa et qu'ils reprennent à leur compte par la suite !

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