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Le blog UltraDanse.com

 
Le blog UltraDanse.com regroupe les billets écrits par Christian Rolland, danseur, enseignant, auteur et éditeur de livres portant sur la danse. Les articles sont affichés par ordre chronologique inverse (du plus récent au plus ancien) et sont groupés cinq par cinq afin que chaque page ne soit pas trop longue à faire défiler. N'hésitez pas à ajouter un commentaire sur tel ou tel article.
 

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Le carnet de bal

 
Le 10 mars 2010

Il y a quelques jours, j'ai vu un film de 1937, "Un carnet de bal", réalisé par Julien Duvivier avec, entre autres, Marie Bell, Fernandel, Raimu et Louis Jouvet. Il raconte l'histoire d'une veuve qui, à la mort de son mari, décide de retrouver tous les jeunes hommes listés dans son carnet de bal ayant servi à ses 16 ans, lors de son premier bal. En dehors de cela et d'une petite scène dudit bal, pas plus de rapport avec la danse dans ce film. Cela dit, il pose le problème philosophique du "que serais-je devenu si j'avais fait un autre choix ?" et des conséquences de nos décisions sur la vie des autres. Question que l'on se pose sûrement lorsqu'on vient de s'étaler par terre après s'être emmêlé les pinceaux sur la piste de danse en entraînant avec soi son (ou sa) partenaire...

Mais revenons à ce fameux carnet de bal qui donne son titre au film (et dont je vous présente une image ci-dessus). Le carnet de bal commence sa carrière au début du XIXe siècle en tant qu'un discret éventail de minces feuilles d'ivoire où les jeunes filles écrivaient le nom des hommes (jeunes ou non) à qui elles accordaient une danse. Il s'agissait donc d'un aide-mémoire afin de ne pas froisser untel ou untel en oubliant pour quelle danse celui-ci devait être son cavalier. À cet éventail se trouvait généralement relié, par une cordelette, un porte-mine permettant d'ajouter de nouveaux noms. Comme ce support était réutilisable, les noms étaient ainsi effacés au lendemain du bal afin que l'objet puisse de nouveau être prêt à l'emploi pour l'événement suivant. Dans certains cas, le carnet pouvait être associé à un autre accessoire de bal comme un petit flacon à sels (au cas où sa propriétaire se sente défaillir...).

Ainsi, la danseuse danse-t-elle en permanence avec son carnet de bal sur elle. Certains modèles comportaient une chaînette munie d'un anneau que les dames passaient au doigt afin de ne pas perdre leur précieux aide-mémoire. Il existait aussi des carnets de bal à usage unique sous la forme d'une ou deux feuille(s) de carton gaufré où était inscrite à l'avance la liste des danses composant le programme de la soirée. En face de chaque danse, se trouvait réservé l'espace nécessaire pour inscrire le nom des cavaliers ayant réservé telle ou telle danse (valse, polka, galop, etc.). Vous pouvez en avoir un aperçu ci-dessus avec le porte-mine associé.

En évoluant, le carnet de bal s'adapte à divers usages et se perfectionne. De la simple feuille, on passe au petit carnet (le fameux "carnet de bal") ayant donné son nom au film de Duvivier que j'ai mentionné au début de ce billet. Le programme n'est pas forcément imprimé sur les pages, mais on y trouve un ensemble de lignes précédées soit d'un numéro correspondant au numéro d'ordre de la danse dans le programme de la soirée, soit de la mention "1re danse", "2e danse", etc. Ainsi, le carnet de bal pouvait-il s'appliquer à n'importe quel programme de danses puisque rien n'était imposé en la matière. Ces carnets étaient protégés par une couverture cartonnée qui comportait en option un anneau permettant de recevoir un crayon à papier.

Voici qui vous donne un tour d'horizon de ce qu'était ce carnet de bal qu'on ne voit plus de nos jours dans les soirées dansantes. Pourtant, un tel accessoire pourrait se révéler bien utile, mais pas tout à fait comme on l'entendait au début du XXe siècle. En effet, de nos jours, il pourrait être utilisé par les hommes à la place des femmes. Je m'explique. Les hommes étant souvent moins représentés en soirée dansante par rapport aux femmes, les rôles sont de plus en plus souvent inversés. Ce sont les danseuses qui sollicitent les danseurs afin d'obtenir une danse (parfois deux si elles ont de la chance). Ainsi, si les hommes participant à une soirée disposaient d'un petit carnet de bal pour être sûrs d'accorder des danses aux plus de danseuses possible, cela simplifierait leur tâche. J'avoue avoir parfois promis une danse à une personne en début de soirée et ne pas avoir l'occasion de danser avec elle avant la fin. Lorsque nous nous croisions, soit je dansais déjà avec quelqu'un, soit elle se faisait inviter par un autre, soit c'était à la sortie de la salle et il me fallait alors faire la promesse d'une danse lors de la soirée suivante. Avec un petit carnet de bal, cette personne nous aurions convenu dès le début à quel moment de la soirée nous aurions pu nous retrouver pour la danse promise ! Certaines pratiques dites désuètes pourraient donc se révéler bien pratiques de nos jours...

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La journée de la danse

 
Le 03 mars 2010

Cette année, comme tous les ans depuis 1982, la journée de la danse est fixée au 29 avril par l'Unesco (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization), organisme de l'Onu qui traite des problématiques d'éducation, scientifiques, culturelles et de communication entre les nations. Cela est un résumé forcément incomplet, mais ceux qui sont intéressés par cet organisme dont le siège est à Paris pourront se rendre sur son site web. Dans son rôle culturel l'Unesco prend en charge le domaine de la danse dans le monde via le CID (Conseil International de la Danse), organisation non gouvernementale représentant de l'art de la danse au plus haut niveau et reconnue par les gouvernements nationaux et individus de plus de 150 pays. Là aussi, il y a un site web (que vous pourrez consulter en français en cliquant sur le mot "Français" sur la gauche).

La journée de la danse a été instaurée par le CID il y donc 28 ans pour "attirer l'attention du grand public sur l'art de la danse et, tout particulièrement, de toucher un nouveau public qui ne se sent pas concerné dans l'année par les événements de danse." Et, selon cet organisme, "les manifestations de la Journée de la Danse peuvent être des événements spécialement conçus pour cette occasion, des cours portes-ouvertes, des répétitions publiques, des conférences, des expositions, des articles dans les journaux et magazines, des soirées dansantes, des programmes à la radio et à la télévision, des visites, des démonstrations de rue, etc." Et le président du CID, Alkis Raftis, de continuer : "La Journée de la Danse peut être l'occasion d’utiliser des espaces "nouveaux" : rues, parcs, places, magasins, usines, villages, discothèques, écoles, stades, musées, etc. En fonctionnant dans un contexte inhabituel, vous mettez l’accent sur le fait que votre événement est dédié à la famille planétaire des danseurs." En reprenant ici ses propos presque deux mois à l'avance, j'espère que certains d'entre vous auront le temps de préparer et l'envie de marquer à leur manière cette journée qui est celle de notre communauté de danseurs (du hip-hop à la valse en passant par la salsa et la danse classique). Chaque initiative permettra de faire découvrir à nos voisins tous les bienfaits de la danse au niveau social, du bien-être, physique (et sportif), etc. Je m'aperçois que beaucoup de gens ignorent que danser est tout à fait accessible à tous et qu'il n'est pas besoin de faire le grand écart pour s'amuser en dansant. Ainsi, la journée de la danse doit-elle être tournée vers ceux qui pourraient découvrir les différentes formes de danse au détour d'une rue, dans un centre commercial ou encore près de leur lieu de travail. Et si le jour du jeudi 29 avril ne vous convient pas, pourquoi ne pas organiser votre événement durant le week-end suivant ? Pour les danseurs, c'est tous les jours la journée de la danse, non ?

L'Unesco maintient aussi une liste de patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente et, régulièrement, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine immatériel se réunit afin de décider d'y intégrer des éléments nouveaux. La quatrième session (la plus récente à ce jour) s’est tenue à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) à la fin du mois de septembre 2009 et on y a discuté l'ajout de nouveaux éléments dans le domaine de la danse. Il y a le tango (Argentine et Uruguay) ainsi que la danse traditionnelle Ainu (Japon) et la danse des fermiers du groupe ethnique coréen en Chine. J'avoue que je n'imaginais pas que le tango argentin nécessitait une sauvegarde urgente. Dans les textes dirigeant ces actions au sein des États membres, il est précisé que ces derniers "doivent prendre les mesures nécessaires pour garantir la sauvegarde de leur patrimoine" et que "sauvegarder ne signifie pas pour autant fixer ou figer le patrimoine culturel immatériel sous quelque forme « pure » ou « originelle ». La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel consiste à transférer les connaissances, les savoir-faire et les significations." Il me semble que cela cadre tout à fait avec ce que font les amateurs de danse d'une manière générale. En effet, les écoles de danse sont censées enseigner et transmettre les bases fondamentales des danses tout en favorisant l'autonomie des élèves dans leur pratique lors de soirées dansantes par exemple. Cela correspond au juste milieu entre le fait de rester figé dans ce qui se faisait au temps de nos aïeuls et tomber dans le piège de la modernité à tout prix en déformant l'esprit de la danse. Pour moi, une danse peut évoluer et bénéficier des apports et influences de chaque époque tant que l'on reste dans le même état d'esprit que ceux qui ont contribué à la créer, ou alors on crée une nouvelle danse avec un esprit tout à fait différent. En réalité, il faut avoir quelques années de recul et d'observations pour se faire une idée à peu près claire sur l'évolution d'une danse.

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J'ai la tête qui tourne

 
Le 25 février 2010

Beaucoup de personnes qui commencent l'apprentissage de la valse (viennoise ou musette, peu importe) font face au problème de la tête qui tourne après deux tours sur soi. Je me propose donc de vous parler de ces rotations qui parsèment la danse et qui sont omniprésentes dans les figures de patinage artistique que l'on voit aux Jeux olympiques d'hiver en ce moment.

Lorsqu'on tourne sur soi même, les yeux doivent en permanence se réadapter et faire la mise au point sur ce qu'ils ont en face d'eux. Le cerveau n'arrivant plus à se fier aux informations transmises par les yeux, il essaye de se baser sur celles provenant de notre oreille interne qui contrôle l'équilibre. Or, comme on est en permanence en mouvement, là non plus point de salut et on a cette sensation de vertige. Ce phénomène de la tête qui tourne, est appelé "vertige positionnel paroxystique bénin" par les médecins et est en réalité une sensation de déplacement erronée des objets par rapport à soi.

La solution à ce problème physiologique peut être de deux ordres. Premièrement, il faut savoir que l'entraînement améliore beaucoup les choses. Plus on tourne, plus on en acquiert l'habitude et notre cerveau s'adapte de plus en plus. Cela explique pourquoi les valseurs de longue date n'ont plus ce problème de la tête qui tourne même sur une valse musette à 70 MPM. Ainsi, les débutants doivent-il tourner et tourner encore afin de gagner en aisance. Mais ce n'est pas tout. Deuxièmement, il est possible de faire tourner la tête d'une certaine manière afin de donner aux yeux le temps de faire la mise au point et d'envoyer une information fiable au cerveau. Je vais détailler cette méthode ci-après. Enfin, je pourrais citer une autre méthode : fermer les yeux. Mais cela n'aide pas beaucoup pour danser en soirée...

La fameuse méthode pour tourner sans avoir le vertige est bien connue des danseuses de classique ou de modern'jazz. Elle consiste à fixer un point devant soi (1) le plus longtemps possible. Ainsi, la tête reste fixe (2) alors que le corps commence à tourner. Lorsqu'il n'est plus possible à la tête de rester dans cette position, cette dernière effectue très rapidement quasiment un tour complet (3) afin de fixer de nouveau le point de référence. À ce moment, la tête est en avance par rapport au corps qui continue de tourner à vitesse constante et la rejoint dans la position finale (4). Ceci permet au cerveau de recevoir les bonnes informations et en plus c'est joli à regarder. Voici les schémas correspondants pour mieux fixer ce que je raconte.

En valse, c'est généralement le danseur qui se plie à cet exercice. Pour ce qui est de la danseuse de valse, dans les bras de son danseur, il lui est possible de simplement fixer un point situé sur l'épaule de son partenaire. Dans ce cas, elle n'aura pas le tournis, mais elle manquera probablement tout un tas de choses intéressantes qui se déroulent dans la salle de danse... Afin de ménager sa danseuse moins expérimentée, le danseur expérimenté prendra soin d'alterner les tours à gauche et les tours à droite afin que cette dernière n'ai pas le vertige. Un dernier truc : si, malgré tous ces conseils, vous avec encore la tête qui tourne après une série de tours à droite, il vous suffit de tourner rapidement sur vous-même dans le sens inverse afin de faire disparaître cette sensation illico presto !

Je profite de l'occasion du thème de cet article pour vous proposer une petite expérience... Ci-contre, vous voyez une danseuse qui tourne sur elle-même. Elle semble flotter dans l'espace et on ne voit que son ombre en 2D. Il va sans dire qu'elle n'applique pas l'astuce dont j'ai parlé plus haut, mais cela n'a rien à voir avec ce qui va suivre. La question est : dans quel sens la voyez-vous tourner ? Certains la voient tourner à droite, d'autres la voient tourner à gauche. Ce type d'illusion d'optique est toujours amusant, car il est censé dévoiler comment notre cerveau travaille.

Dans cette animation, la danseuse ne tourne par plus particulièrement dans un sens que dans l'autre. Comme c'est une image en 2D, c'est notre cerveau qui recompose le mouvement en 3D. Certains disent que ceux qui voient la danseuse tourner à droite ont une prédominance de l'hémisphère droit (intuitif, aléatoire, irrationnel, synthétique, subjectif, s'intéresse à la totalité) alors que ceux qui la voient tourner à gauche ont une prédominance de l'hémisphère gauche (logique, séquentiel, rationnel, analytique, objectif, s'intéresse aux détails, siège su langage). En tout cas, cette illusion est issue d'une expérience de l'université de Yale lors de recherches sur l'épilepsie et dont les conclusions sont tout de même contestées dans le milieu scientifique. En regardant un peu autour de l'image, puis en ramenant votre regard sur celle-ci, il se peut que vous obligiez votre cerveau à reconstruire sa perception du mouvement. Et il se peut que la danseuse vous semble tourner dans le sens opposé. Personnellement, j'arrive à lui faire changer de sens comme je veux.

Pour vous amuser encore plus avec cette illusion d'optique, voici une vidéo dont l'auteur a marqué les contrastes par des lignes blanches afin que le cerveau identifie à coup sûr le sens de la rotation. On voit donc, sur l'image de droite, la danseuse qui tourne à droite et, sur l'image de gauche, la danseuse qui tourne à gauche. Si vous continuez de regarder cette animation (relancez la vidéo si nécessaire) en plissant les yeux, cela enlève un certain niveau de détail à ce que vous regardez et vous vous apercevrez probablement que les danseuses tournent à présent toutes les deux dans le même sens... Il vous sera alors impossible de les faire tourner séparément dans un sens différent.

Voilà, voilà... Si après tous ces essais de contrôle de votre perception du mouvement, vous avez la tête qui vous tourne, c'est peut être normal. Reposez-vous ou faites quelques pas de danse pour que ça aille mieux !
 

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Le pas magique universel

 
Le 16 février 2010

Il arrive souvent qu'une personne souhaitant apprendre à danser se présente dans une école de danse pour des cours particuliers et découvre que l'apprentissage doit être plus long qu'elle ne l'avait envisagé. Évidemment, tout le monde aimerait savoir danser en un clin d'oeil et sans effort. Malheureusement, cela n'est pas possible. Pourtant, il y a des gens qui prétendent qu'on peut tout danser en ne maîtrisant qu'un seul ensemble de pas. Je suis tombé, il y a quelques mois, dans une librairie (je ne me suis pas fait mal , je vous rassure ), sur un livre qui le prétendait en tout cas. Je n'ai plus exactement le titre en tête, mais il me semble que cela ressemblait à "Manuel de l'homme parfait". Peu importe. En tout cas, ce livre regroupait tout un tas d'astuces et de raccourcis (ouvrir une bouteille de champagne, défaire un soutien-gorge avec une seule main, réussir la manoeuvre de Heimlich, etc.) pour permettre à monsieur Tout-le-Monde de devenir cet homme parfait qui fait tomber les femmes (décidément, tout le monde tombe aujourd'hui... ). Comme la Saint-Valentin vient de passer, je vais vous donner le secret pour ce qui concerne la danse en couple. Ca pourra servir à certains d'entre vous l'année prochaine !

Ce fameux livre décrivait un pas soi-disant universel à la rythmique comme suit : "lent, vent, vite, vite", puis on recommence. Cela m'a fortement rappelé le "Magic Step" (traduction française : le pas magique) d'Arthur Murray. Et je crois que l'auteur du livre y a trouvé son inspiration. Pour mémoire, Arthur Murray (ci-contre avec son épouse) est un célèbre professeur de danse né en 1895 et décédé en 1991. Il a particulièrement été connu par ses cours de danse télévisés et les écoles de danse sous licence disséminées dans tous les États-Unis. Pour la petite histoire, Jane, la fille d'Arthur Murray a épousé le docteur Heimlich qui a donné son nom à la fameuse manoeuvre que l'on enseigne en stages de premiers secours. Il y a tellement à dire sur ce monsieur que je lui consacrerai un article entier ultérieurement.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre fameux "Magic Step", le pas magique. En plus de l'enseigner, Arthur Murray en parle dans son livre "How to become a good dancer" ("Comment devenir un bon danseur"), écrit en 1938 et réédité jusqu'en 1959 (c'est tout du moins l'édition dont je dispose). Il situe ce pas dans le contexte du foxtrot, mais certains d'entre vous auront malgré tout reconnu une rythmique familière à d'autres danses.

Voici comment le présente Arthur Murray (je vous le traduis en français).

Après trente années d'expérience, j'en suis arrivé à une découverte qui a changé notre système d'enseignement du foxtrot dans son ensemble. J'ai trouvé qu'un seul pas facile était la base de 75 pour cent de tous les pas populaires du foxtrot. Une fois qu'une personne maîtrise le rythme de cet unique pas, ce dernier peut être utilisé de 27 différentes façons. Je l'ai donc appelé le Magic Step, le pas magique -- ceci parce que son rythme fonctionne comme par magie !
Avant que je ne découvre le rythme du pas magique, toutes les variations du foxtrot devaient être apprises séparément. Toutes les combinaisons avaient des comptes différents qu'un élève devait mémoriser.
Mais à présent, avec le pas magique, on apprend uniquement un motif rythmique de deux comptes "lents" et de deux comptes "vite", ce qui devient très rapidement quasiment automatique. La musique semble vous guider sans que vous ayez à penser "Que dois-je faire ensuite ?".
Le motif du pas magique en lui-même peut être fait en avant ou en arrière et, comme c'est un précieux raccourci vers le fait de bien danser le foxtrot, je vous conseille de passer un bon moment à l'apprendre et à le pratiquer. Le pas magique à lui seul peut mettre le pied à l'étrier à un débutant de bonne manière et l'amener à une danse de qualité.  

Le schéma de base de déplacement du danseur est représenté dans la figure ci-dessus : en avant, en avant, de côté, assemblé. Il suffit de danser ce pas le long de la ligne de danse et l'on obtient un foxtrot "à la Murray". Ensuite, il n'y a plus qu'à transformer ce pas pour changer les directions, tourner, etc. À partir de là, Arthur Murray ajoute le "Senior Walk" pour tourner d'un quart de tour à droite, puis un quart de tour à gauche et l'on obtient quasiment le pas de base pratiqué aujourd'hui en quickstep (en forme de "W"). Dans la progression, on trouve aussi le "Junior Walk" (en déboîté), le "Conversation Step" (position promenade) et il introduit même un "Magic Right Turn", le tour à droite magique... En tout cas, si vous voulez en savoir plus, ne cherchez pas ce livre dans le commerce : il n'existe plus depuis longtemps.

Comme je l'ai laissé entendre, on retrouve la rythmique de ce pas (mais avec une autre technique de pas) dans d'autres danses comme le tango, le pas marché du rock ou le collegiate shag, sans compter les variantes du foxtrot. Certains s'en servent aussi pour danser le slow (mais en réalité cela s'apparente plutôt au slow fox). Dès qu'une musique (en 4/4 ou 2/4) n'est pas trop rapide, le "lent, lent, vite, vite" peut être utilisé (ou peut-être "lent, vite, vite, lent" résonne-t-il mieux à vos oreilles ?). Il est sûr que certains messieurs ne s'en sont pas privés pour séduire lors de soirées ou repas dansants au son d'un grand orchestre de jazz. Classe et décontraction. Bien entendu, ce "Magic Step" ne fonctionne pas dans le cadre de danses à 3 temps ou des danses stationnaires. On peut donc dire que le pas universel n'existe pas et qu'il faut malgré tout travailler beaucoup différentes techniques pour devenir le danseur parfait !

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Appelez la police !

 
Le 10 février 2010

Sortons un peu du domaine strict de la danse (mais pas tout à fait...) à l'occasion de cet article. Je vais vous parler un peu de typographie. Pour simplifier, la typographie est l'art de mettre des caractères ensemble pour former des mots. C'est ce qu'ont fait pendant longtemps les imprimeurs avec leurs caractères en plomb (à l'envers) qu'ils assemblaient en lignes en vue de l'encrage qui amène à l'impression sur papier. Ça, c'est ce que faisait Gutenberg, l'inventeur de la discipline au XIXe siècle. De nos jours, les imprimeurs travaillent de plus en plus grâce aux technologies numériques et l'encrage du papier est piloté par des ordinateurs. Or, il y a des ordinateurs dans la plupart de nos maisons et chacun peut devenir lui-même son propre imprimeur pour des petits besoins.

Je ne vais pas détailler ici une par une les règles de typographie, mais je souhaite mettre en évidence la partie un peu plus "créative" de la typographie. Elle se situe non seulement au niveau de la disposition des caractères sur une page, mais aussi dans le choix des polices de caractères. Lorsqu'une personne débute dans la réalisation d'un document sur ordinateur, elle tombe assez facilement dans des pièges qui aboutissent à un document (affiche, formulaire, etc.) réellement moche. Eh oui, un logiciel comme MS Word donne accès à tellement de possibilités en quelques clics de souris qu'on a vite fait d'en abuser. Regardez donc le petit exemple ci-contre.

On voit que l'auteur de cette affiche a cédé à toutes les tentations : polices de caractères trop nombreuses, effets visuels à gogo, mise en page contre-productive, couleurs mal utilisées, petits smileys inutiles, etc. Peut-être vous donnerai-je ultérieurement les règles et bonnes pratiques pour concevoir une affiche qui soit lisible et qui fasse passer le bon message. Ce qui suit est déjà un premier pas... Je voudrais en effet vous faire remarquer les caractères utilisés pour écrire les mots "valse", "rock" et "tango" qui sont tout à fait inadaptés.

Lorsqu'on écrit un titre ou quelques éléments de texte pour une affiche, on essaye de faire passer un message. Ce message est inclus dans le fond du texte, mais aussi dans la forme de celui-ci. Le choix d'une police de caractères est important pour cela. Regardez donc les mots suivants.

La police de caractères utilisée pour chaque mot correspond bien à l'ambiance qu'ils décrivent respectivement. Le mot "douceur" est composé de caractères aux lignes arrondies et on imagine qu'ils peuvent contenir de l'air. Le mot "cirque" est composé des habituels ornements d'un cirque dans la mémoire collective et l'on associe facilement cela aux animaux dressés et la pointe interne aux lettres fait penser à un chapiteau. Enfin, le mot "karaté" fait penser au Japon grâce à sa référence à la typographie asiatique à l'encre de Chine. Lorsqu'on réalise un dépliant, une affiche ou tout autre document où se trouve du texte à "impact", il faut donc réfléchir à la police de caractères à utiliser pour un meilleur message.

Regardez l'exemple ci-dessous avec les mots "salsa", "valse" et "rock'n'roll" "charleston" écrits de différentes manières. Si l'on souhaite que l'ambiance de la danse transparaisse dans l'écriture de son nom, le choix est vite fait.

Alors, quelle ligne choisiriez-vous ? On pourrait dire que c'est très subjectif, et c'est en partie vrai. Cela dit écrire "salsa" avec des caractères symbolisant de la neige (ligne 3) symbolise mal la chaleur de la danse. De même, la valse (ligne 1) ne semble pas faire partie des disciplines habituelles du cirque et le charleston n'est pas synonyme de technologie et d'affichage LCD (ligne 3) et pas plus de culture hip-hop et de tags (ligne 2)... Il nous reste donc la ligne 4 où l'on voit la classe de la valse viennoise, l'aspect rebelle du rock, la créativité de la salsa et l'ambiance Cotton Club du charleston. C'est, je l'avoue, un ressenti personnel et d'autres polices de caractères auraient pu convenir. Mais j'espère que vous aurez compris l'idée générale présidant à la suggestion d'une ambiance rien qu'en écrivant un mot.

Pour finir, il est clair qu'il ne faut pas abuser de ce type de procédé. L'exemple de l'affichette "moche" présentée plus haut en est l'illustration. Même si les mots étaient écrits dans une police correspondant à l'ambiance associée à leur signification, si l'on change de police à chaque mot, il n'y a plus rien qui passe dans ce fouillis de caractères... C'est comme en danse : il est dangereux de trop mélanger des styles différents dans une même danse, car il en résulte que l'on ne sait plus ce que l'on danse. En revanche, il faut qu'il y ait un minimum de style et de technique pour donner corps à une danse et engager la communication entre les partenaires entre eux ou entre les danseurs et le public.

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